Blitz Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 14 Febuary 2020

L'atypique éditeur monégasque Shibuya Productions évolue en ce début d'année 2020, et lance son label Iwa. Le premier titre a être proposé en particulièrement ambitieux : En plus d'être l'un des premiers mangas sur les échecs (car n'oublions pas Zeitnot, titre français lancé aux Humanoïdes Associés mais avorté après un tome), Blitz est un projet qui se bâtit autout d'artistes et personnalités bien distinctes. Scénarisé par Cédric Biscay, le créateur de Shibuya Productions, le manga est dessiné par Daitarô Ishihara, auteur d'un certain Majineko no Ghee qui demeure inédit chez nous. A leurs côtés sont intervenus la scénariste Harumo Sanazaki, que l'on connait pour Bishin et Le Fantôme de l'Opéra, et qui a fait un passage express sur la première version d'Egregor, ainsi que le grand Garry Kasparov, champion du monde d'échecs considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire. Ce dernier, en plus d'apparaître dans le manga, parraine et supervise le manga, un sacré honneur pour un titre voué à être un représentant dans la vision shônen de la discipline.

Dans un collège international de Shibuya, le jeune Tom n'a pas très bonne réputation. Casse-cou qui sèche régulièrement les cours, il a pourtant un sacré faible pour Harmony, une camarade et membre du club d'échecs, la demoiselle étant passionnée et avec un très bon niveau. Pour l'approcher, Tom va chercher à rejoindre le club, mais devra pour cela vaincre son président, Laurent, bien opposé à l'intégration de Tom. Pour le jeune garçon qui ne connaissait même pas les règles des échecs jusqu'à présent, une victoire est-elle possible ? C'est en tout cas une passion nouvelle qui va naître en Tom...

Avec ce premier tome de Blitz, l'ambition de Cédric Biscay semble assez claire : proposer un nekketsu prenant pour thème les échecs, tout comme Captain Tsubasa a pu le faire avec le football, ou Yu-Gi-Oh ! avec les jeux de cartes, si on veut limiter la comparaison à des jeux de réflexion. Alors, il n'est pas étonnant de découvrir un pitch plutôt commun : des héros jeunes, une intrigue localisée au Japon (mais avec des personnages d'origines variées), un héros qui aura tout à prouver, et quelques petits éléments fantastiques qui viennent sortir l'intrigue de sa totale rationalité. Les premiers chapitres ne trompent pas, ils s'avèrent très classiques dans leur formule mais globalement très efficace, avec de petites surprises dans le choix fait vers la moitié du tome, pour propulser la passion et le talent du jeune Tom.

Il faut donc considérer ce premier opus comme une amorce, une manière rythmée et plaisante de voir des bases posées. En tant que pure amorce, l'ensemble fonctionne totalement, et ce premier volume s'apparente à une bonne entrée en matière. Les personnages sont plantés, leurs caractères bien dépeints, les règles des échecs sont brièvement expliquées, et une pirouette du scénario permet une justification du talent du héros autre qu'un banal talent caché. C'est un poil perché mais original, alors pourquoi pas ?

Finalement, l'un des principaux bémols vient du manque d'explication dans les règles des échecs, rendant le titre finalement surtout accessible à ceux qui ont déjà une connaissance du jeu. Les néophytes apprendront surtout la nature du jeu et les mouvements des pièces, ce premier tome ne cherchant pas à décortiquer minutieusement un match pour en développer les règles et les caractéristiques. Dommage, mais peut-être que cela viendra dans les opus suivants puisque ce volume premier cherche surtout à planter le décor et lancer son intrigue.

Du côté du dessin, le style de Daitarô Nishihara présente un joli cachet. Son trait est parfois hésitant, mais il est fin et très expressif, offrant aussi quelques planches bien inspirées concernant la mise en scène. On appréciera de voir les progrès de l'artiste sur le long terme, sachant qu'il a un style bien à lui.

L'édition est aussi un point intéressant de ce premier tome, puisqu'il s'agit du premier ouvrage du label Iwa. On apprécie alors une couverture d'un bien bel effet, grâce à un vernis sélectif agréable, et un papier d'une excellente qualité grâce à son épaisseur. En guise de bonus, on aurait aimé quelques mots des auteurs. Néanmoins, les postfaces de Garry Kasparov et d'Alexis Champion sont très appréciable à lire. La traduction, signée Noëlla Bonnier Fujii et Sahé Cibot, est de très bonne facture. Celle-ci est vivante et respectueuse de l'univers des échecs, un très bon point, donc.

Ainsi, si Blitz ne pourra être réellement jugé qu'avec les prochains volumes, c'est une très bonne introduction qui nous est ici offerte. Classique dans son approche, elle a le mérite de présenter des situations variées, et une bonne progression des personnages pour lancer véritablement l'intrigue et les compétition d'échecs. Une valeur sûre pour les amateurs de shônen sportifs du genre, et un titre qui donnera l'envie de dépoussiérer l'échiquier pour ceux qui, comme l'auteur de cette chronique, n'ont pas disputé une partie depuis un moment !
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
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