Bestiarius Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 03 November 2015

Critique 1


En l’an 86 apr. J.-C., l’Empire romain étend sa domination sur la surface du globe, mais pour l’heure, le village d’Hebden de la région d’Albion est épargné, et ses habitants n’ont des Romains qu’une lointaine image glorieuse. C’est là qu’habitent Arthur, Elaine et leurs amis qui sont confrontés au pire lorsque l’Empire romain incendie le village, assassinent leurs parents et kidnappent les habitants… Elaine y compris. Le couard Arthur voit alors l’opportunité de se débarrasser de sa faiblesse et de s’entraîner dur pour aller secourir sa belle. Pour cela, lui et ses deux compères comptent demander de l’aide au robuste guerrier et la wyverne qui peuplent la grotte aux alentours du village…

Pour son deuxième tome, Bestiarius inaugure un troisième arc qui ne trouve pas encore de conclusion, une troisième histoire qu’on attend donc plus développée, ce qui est le cas puisque le combat d’Arthur, le troisième héros de l’œuvre, n’a que commencé sur les dernières pages du tome qui laissent d’ailleurs le protagoniste en bien mauvaise posture…
Gageons aussi que ce troisième récit présente rapidement une continuité par rapport au premier : Finn et Durandal apparaissent très vite, et l’intrigue nous laisse comprendre qu’on se situe quelque temps après le premier tome. De plus, Finn n’est pas à voir comme un héros dans cet opus puisque son rôle se limite à celui d’un mentor pour les nouveaux personnages, un choix astucieux pour fixer les acquis du scénario même si on ne constate toujours pas de grande épopée globale, juste une succession de héros et leurs combats face à Rome.

L’histoire d’Arthur présente les mêmes caractéristiques que les deux premiers arcs de la série et repose sur le combat d’un humain contre l’Empire romain, ce dernier étant accompagné de créatures de légende elles aussi bien décidées à se battre. On retrouve aussi quelques facilités scénaristiques dans les ambitions du héros qui est de sauver sa bien-aimée, de même que quelques rebondissements ne surprendront guère les lecteurs qui ont lu des histoires de ce type. Pourtant, le fait de développer une seule grande intrigue sur ce volume permet de mieux l’apprécier, de mieux plonger dans le scénario, mais aussi de nous faire aux personnages qui apparaissent très sympathiques. Si on retrouve la figure du héros faible devenant fort pour accomplir son objectif, ses compagnons de route apportent un sel non négligeable pour rendre l’épopée attrayante et si le héros est évidemment la figure la plus mise en avant lorsque les vraies hostilités commencent, ses deux compères gardent en permanence un rôle à jouer au cours de ce tome.

Aussi, cet opus prend le parti de raconter deux chemins qui finissent par se croiser, celui d’Arthur ainsi que les déboires d’Elaine, capturée par l’Empire romain. Là aussi, si les événements la concernant ne surprennent pas, la voir régulièrement lui donne une importance bien que quelques interrogations subsistent par rapport à certains éléments la concernant sur les derniers pages du volume. Ses retrouvailles avec Arthur s’annoncent ainsi mémorables, ce qui engendre une tension palpable sur la fin de cet opus… en attendant le troisième qui clôturera cet arc.

On pourrait enfin apporter une limite au scénario de ce volume, un détail finalement mineur qui ne joue pas sur la qualité de l’intrigue, mais qui a de quoi surprendre. En seulement un an, les développements d’Arthur et Elaine sur le plan physique sont assez… surprenant tant on a l’impression de passer d’enfants de 8 ans à des adultes qui ont la vingtaine sur le plan physique. Rien de grave en soi, le tout étant de faire du jeune homme un fier héros et de la demoiselle une guerrière aussi impressionnante que sexy, mais cela peut surprendre.

Évidemment, difficile de ne pas rester béat une fois encore devant le trait de Masasumi Kakizaki. Chaque planche est d’une richesse indéniable et si les créatures mythologiques sont moins présentes dans le tome présent, la patte graphique ne montre aucune faiblesse et reste toujours aussi impressionnante.

Ce second volume entretient les mêmes qualités que sur le tome précédent ainsi que les mêmes défauts. Mais dans le cas présent, le fait de s’attarder sur une seule intrigue nous permet de mieux nous immerger dans l’aventure d’Arthur qui n’est d’ailleurs pas terminée. Le titre de Masasumi Kakizaki se révèle toujours aussi efficace et, surtout, éblouissant visuellement.


Critique 2


En 86 après Jésus-Christ, en Albion, dans un petit village de la région d'Hebden où humains et non-humains vivent en harmonie, le jeune Arthur mène un quotidien aux côtés de ses amis : Pan, Galahad, et la mignonne, mais caractérielle Elaine. En cette année, ils ne savent pas encore dans quelle horreur va basculer leur vie, à partir du moment où la Rome conquérante menée par Lépide, gouverneur de Britannia, vient massacrer leur village et faire des prisonniers. Elaine fait malheureusement partie de ces derniers, tandis que nos jeunes héros voient leurs parents tués. C'est avec un sentiment de désespoir mêle à une haine profonde envers Rome qu'Arthur décide de tenir une promesse faite à Elaine : lui, qui est si faible et peureux, deviendra un combattant brave et fort, à même de venir jusqu'à Rome pour la sauver. Mais encore faut-il trouver une personne apte à lui enseigner le combat... Lui, Pan et Galahad pourraient bien trouver leurs maîtres auprès de deux êtres récemment croisés : un imposant guerrier humain, accompagné d'une imposante wyverne...

Après avoir présenté un lien entre humain et wyverne puis repris à sa sauce le mythe du Minotaure dans le premier volume de Bestiarius, Masasumi Kakizaki s'attaque cette fois-ci à une tout autre légende, et une de taille : celle d'Arthur, qu'il reprend d'une façon bien à lui ! Une nouvelle fois, le mangaka reste sommairement fidèle aux très grandes lignes de l'apogée romain (avec la tentative de conquête de l'Angleterre, appelée aussi Albion ou Britannia, qu'il avait déjà brièvement abordé dans le tome 1), mais il se fait plus que jamais un plaisir de reprendre tout le reste à sa sauce. Ici, le célèbre Lépide n'est plus au bon siècle, Arthur se voit accompagné d'un Pan clairement inspiré de la divinité mythologique grecque, et le preux chevalier arthurien Galahad devient une sorte de gobelin. Kakizaki mélange les différentes influences avec bonheur, ce qui ne l'empêche pas de conserver un récit efficace et cohérent par rapport au tome 1 (cette nouvelle histoire ayant à son tour une connexion claire avec les deux premières) et de bien mettre en place les personnages. Avec sa gueule de brute mauvaise, Lépide campe sans problème un méchant détestable. Pan et Galahad sont sans doute un peu trop discrets, tandis qu'Arthur s'impose comme un personnage très classique, mais intéressant, devant passer de gamin faible à guerrier fort pour aller sauver Elaine. En cela, Arthur rappelle d'ailleurs Luke de Green Blood, qui suivait la même évolution, devant s'endurcir radicalement pour survivre aux duretés d'un monde sans foi ni loi et pour protéger ceux en qui il tient. Toutefois, c'est bien Elaine qui risque le plus de faire son effet, grâce à son tempérament de feu !

Le fond reste classique, mais le fait que cette nouvelle histoire soit plus longue permet un développement moins rushé, même s'il reste clairement des facilités (ne serait-ce que les changements physiques totaux d'Arthur et de la petite Elaine en seulement un an... Les effets dévastateurs de la puberté ?). Dans tous les cas, la narration s'avère mieux maîtrisée, encore plus immersive, car l'auteur peut mieux prendre son temps. On continue de découvrir petit à petit cet univers où les êtres les plus horribles ne sont pas les non-humains (qui, souvent, vivent en harmonie avec les humains), mais bel et bien les tyranniques et conquérants romains qui réduisent tout le monde en esclavage et n'éprouvent que dégoût pour les non-humains qu'ils considèrent comme inférieurs. Et l'on obtient un divertissement rudement efficace dès que l'on ajoute à cela les prouesses visuelles du mangaka, qui est en pleine forme. Les petites scènes de combat sont mieux posées, et les designs des créatures sont toujours aussi précis, qu'il s'agisse des personnages les plus modestes comme Pan, Galahad et les gobelins, ou des créatures plus imposantes comme le Béhémoth.

Le troisième récit de Bestiarius n'est pas encore terminé à la fin de ce deuxième tome, et il s'offre même un très bon petit cliffhanger. Au vu du tome 1, on était en droit d'attendre un divertissement addictif, et cette fois-ci on l'a bel et bien !


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News