Beastars Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 28 January 2020

En affirmant sa volonté d'enquêter sur la mort de l'alpaga Tem, Legoshi s'est sans doute fait un ennemi. Il est ainsi attaqué par plus fort que lui, ce au sein même de Cherryton. L'agresseur parvient à prendre la fuite, et la détermination du loup gris n'en n'est que renforcée : Il se rend auprès de Gohin, le panda médecin du marché noir, pour lui demander de l'entraîner...

L'entraînement est une phase classique du nekketsu, une étape qu'on ne s'attendait pas à voir dans Beastars ! Legoshi doit ainsi devenir fort, et recquiert l'entraînement du sévère Gohin. Evidemment, Paru Itagaki est là pour ne pas rendre cette étape pénible, et c'est toute une symbolique qui se dégage de l'entraînement de Legoshi : la volonté du loup d'évoluer et de s'ancrer dans une société pleine d'harmonie, au sein de laquelle carnivores et herbivores pourraient coexister sans crainte. Une idée excellente, et raccord avec les thèmes de la série, qui amène aussi une véritable évolution du protagoniste.

Alors, l'enquête autour de la mort de Tem, remise en avant depuis le volume précédent, ne progresse qu'en filigrane, le récit montrant parfois que cette piste du scénario n'est jamais oubliée. Néanmoins, c'est plutôt sur différents éléments que ce huitième opus cherche à s'intéresser, qu'il s'agisse de la perception de l'entourage de Legoshi de l'évolution de ce dernier, la relation un poil tendue avec Haru, mais aussi l’avenir de Louis au sein du monde de l'ombre.

Et concernant le personnage, l'autrice continue de développer un miroir entre le cerf et le loup tout à fait passionnant. Si Legoshi fait des efforts acharnée au nom d'une société harmonieuse, Louis trouve toujours plus sa place sur le marché noir. Les parcours respectifs des deux personnages est riche de sens, et amène une scène de rencontre très succincte mais véritablement évocatrice. C'est d'ailleurs autour de Louis que se jouent les plus grands moments forts du volume, la richesse du personnage progressant à la même au même rythme de son passé dévoilé par le récit. De nouveaux éléments viennent donc étoffer Louis, un personnage dont on ne peut deviner la destinée, tant son ambiguïté est mise en avant, à chaque fois un peu plus.

Le scénario global de Beastars ne progresse donc que peu, au final, dans ce volume. Paru Itagaki a une démarche très cohérente en privilégiant le développement de ses personnages centraux, mais aussi de son univers, quitte à ce que le fil rouge avance à un rythme plus posé. Une manière de faire totalement honorable, car c'est pour la profondeur des personnages qu'on ne cesse d'être captivé par le récit, et qu'on en redemande à chaque fois.

Aussi, on pourrait penser qu'un tel programme amènerait la mangaka a imposer une ambiance trop lourde. Le sérieux est de mise, bien plus que dans les premiers opus, mais les petites notes d'humour ne sont jamais oubliées. Une séquence autour de Legoshi et Haru est un parfait exemple, tandis que le chapitre final de ce tome propose une coupure nette en abordant purement la société de cet univers d'animaux, en traitant habilement l'idée des réseaux sociaux sans tomber sur le discours grotesque à leur sujet. La série de Paru Itagaki reste astucieuse et bien pensée, même sur des segments où on s'y attend le moins.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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