Angolmois Vol.3 - Actualité manga

Angolmois Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 10 April 2020

Chronique 2

Entre la présence de traîtres et d'inévitables morts, la contre-attaque nocturne emmenée par Jinzaburô Kuchii contre l'envahisseur mongol aurait pu tourner à la catastrophe, mais les armées de l'île de Tsushima finissent par sortir victorieuses de cet assaut, d'autant plus que les "Purificateurs" sous les ordres de l'Empereur ont également été d'une aide précieuse. A présent, tandis que les Purificateurs s'éclipsent de leur côté, l'heure est au repli pour les combattants de Tsushima. Mais la tâche s'annonce complexe, car sur les terres insulaires débarque le vice-maréchal de l'armée de conquête de l'est mongole, un homme particulièrement redoutable...

En réalité, la véritable entrée en scène de ce puissant et belliqueux antagoniste qu'est Fuheng Liu, un Jürchen, est ici assez vite abordée, car Nanahiko Takagi vise surtout à l'installer comme une sérieuse menace future. De ce fait, le bonhomme ne montre pas encore tout de lui, et les plus rudes combats le concernant restent sans doute à venir, mais dans l'immédiat il est bien installé en tant qu'adversaire de choix, si puissant que sa simple arrivée cloue le bec à ses hommes, si belliqueux qu'il part lui-même au front alors que son statut de vice-maréchal pourrait l'éloigner des affrontements direct... Qui plus est, cela permet aussi à la mangaka d'évoquer rapidement l'importance que, bien plus tard, les Jürchen auront sur l'Histoire de la Chine.

Ici, l'heure est donc avant tout à la retraite des troupes de Tsushima jusqu'à la capitale, une tâche s'annonçant quelque peu ardue pour plusieurs raisons: il y a eu des traîtrises, la confiance des troupes pourrait être atteinte, la princesse Teruhi a été blessée... et, surtout, en approchant de la capitale nos héros ne sont pas au bout de leurs douloureuses surprise, dans une dernière partie de volume qui vient redonner au bon moment un sacré coup de boost et de tension, en plus d'offrir quelques éléments intéressants autour de la stratégie exploitant le relief de l'île (vraiment bien rendu par le dessin, avec ses sentiers escarpés, sa végétation, ses monts...) ainsi que quelques informations historiques sur les avancées de l'armement de l'époque aussi bien côté japonais que côté mongol.

A part ça, eh bien, pendant une bonne partie du volume on a droit à quelque chose d'un peu plus calme que ce qui a précédé, mais loin d'être inintéressant pour autant. Nanahiko Takagi s'offre même le luxe de quelques petits détails sur la culture de Tsushima (des mets traditionnels, entre autres), mais ce que l'on retient avant tout de la phase de repli provient bien des principaux personnages et de ce qu'ils continuent de montrer d'eux. Il y a bien sûr Jinzaburô, qui continue d'agir à sa manière en décontenançant parfois les autres, que ce soit en revigorant l'enfant d'un traître, ou en soignant à sa façon la blessure de Teruhi. Mais il ne faudrait pas oublier la princesse elle-même, qui, derrière les moments où elle est quelque peu décontenancée par notre héros, affiche un sacré tempérament derrière sa douleur de voir les siens bafoués et tués. Bien que blessée, elle prend les armes, s'emporte pour le bien de son peuple pour lequel elle ne souhaite qu'une vie paisible et heureuse, et ça lui offre à nouveau une belle noblesse de coeur ainsi qu'un réel charisme.

Fluide et intéressante, la lecture d'Angolmois reste donc prenante, quand bien même ce volume semble parfois un peu plus calme. Mais nul doute qu'il ne s'agit que du calme avant la tempête, au vu des dernières dizaines de pages...


Chronique 1

Afin de contre-attaquer et de sauver les prisonniers faits par les mongols, les armées de l'île de Tsushima, guidée par Jinzaburô Kuchii, lancent un assaut nocturne sur l'ennemi. Malgré des trahisons dans leurs rangs, les forces japonaises sortent victorieux de l'attaque et doivent désormais rebrousser chemin. Une tache bien ardue, car le vice-maréchal de l'armée mongol, Fuheng Liu, se lance à leur poursuite.

Après l'attaque intense menée par Jinzaburô, l'heure est au repli, ce qui ne signifie par que les assauts vont cesser... bien au contraire. Car globalement, ce troisième volume d'Angolmois ne cesse de présenter la dualité entre les forces de Tsushima, épaulées par les exilés dont fait partie le héros de l'histoire, et les forces mongoles, beaucoup plus rusées qu'il n'y paraît.

Alors, c'est tout l'ambiance de cet opus qui s'avère être réussie. A chaque page, le climat de danger et de désespoire est très présent. Les forces de Tsushima, soldats comme simples habitants, ne sont jamais vouées au répit, si bien qu'il en résulte une sorte de cavale à travers toute l'île, et une dimension survie particulièrement intéressante, et ponctuée de quelques maigres parts d'espoir seulement.

L'enjeu de survivre jusqu'à l'arrivée des forces alliées est donc très présent, et à ceci s'ajoute un traitement assez pertinent de quelques personnages, de Jinzaburô et son caractère ambigu évidemment, mais aussi de toute la noblesse d'esprit de Teruhi qui ne souhaite qu'un avenir heureux pour son peuple. Puis, parfois, le récit prend même le temps de s'intéresser aux simples citoyens et aux survivants, renforçant alors toute notre empathie envers le peuple de Tsushima dont le quotidien a viré au cauchemar depuis l'invasion mongole.

Bien évidemment, les batailles fournissent aussi un divertissement efficace, notamment grâce à la petite dimension tactique très présente, s'appuyant notamment sur les reliefs. Malgré une mise en scène qu'on pourra reprocher d'être un poil statique, Nanahiko Takagi s'en sort aussi plutôt bien de ce côté-là. Chaque front instaure une tension palpable, avec des enjeux bien présents, le tome s'achevant même sur une situation à haut risque qui appelle forcément la curiosité du lecteur, qui a de quoi se demander comment Jinzaburô et les forces de Tsushima se sortiront de ce mauvais pas. Un final d'autant plus surprenant qu'il traite des avancées techniques d'époque, un point qui, on l'espère, sera remis en avant par la suite.

Alors, Angolmois continue de se confirmer comme une lecture intense, mais aussi un récit historique et guerrier très pertinent, s'appuyant aussi bien sur l'atmosphère tendue du récit que ses scènes de bataille solides, et ses personnages qui montrent à chaque fois un peu plus de leur personnalité.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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