Angolmois Vol.1 - Actualité manga

Angolmois Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 27 November 2019

Les éditions Meian développent doucement mais sûrement leur catalogue. Avec Kingdom, puis des titres comme Arès, l'éditeur semble avoir confirmé son identité, celle de récits médiévaux et/ou militaires, s'appuyant parfois sur des éléments historiques ou s'en inspirant énormément. La nouvelle œuvre du genre proposée par Meian est Angolmois, un manga en dix tomes dessiné entre 2013 et 2018 par Nanahiko Takagi, qui connait d'ailleurs une suite depuis cette année. Fort de son petit succès au Japon, le titre a eu droit à une adaptation animée en 12 épisodes en 2018, produite par le studio NAZ.

Jinzaburô Kuchii fait partie d'un convoi d'exilés, destiné à purger sa peine sur l'île de Tsushima. Après un voyage houleux, Jinzaburô et les autres condamnés apprennent la vérité : Tsushima constitue un point stratégique optimal et sera bientôt la cible du peuple mongol qui a lancé une invasion massive. Les exilés auront pour rôle de tenir tête à cet envahisseur. Mais Jinzaburô n'est pas un condamné comme les autres : ancien samouraï de Kamakura, il est un combattant aguerri détenteur du style Gikei, maîtrisé autrefois par le général Minamoto Yoshitsune.

L'invasion mongole n'est pas l'un des chapitres de l'Histoire dont on parle le plus. Celle-ci a eu lieu au XIIIe siècle et a essentiellement consisté en une invasion de l'empire mongole sur l'Europe de l'Est et l'Europe Centrale. Avec Angolmois, le mangaka Nanahiko Takahiko développe une perspective dont on parle peu : le point de vue japonais de l'invasion.

Et pour narrer ce récit, il met en scène l'ancien samouraï Jinzaburô Kuchii, exilé sur l'île de Tsushima où se déroulera le plan d'invasion de l'ennemi, concernant le Japon. Avec ce premier tome, l'auteur met tout son récit en place, de l'arrive du protagoniste sur l'île, la manière dont il prendra part au conflit, et les premiers événements lourds qui marqueront cette guerre insulaire.

Avec ce tome d'amorce, Nanahiko Takagi nous livre une entrée en matière particulièrement convaincante, notamment parce qu'il sait développer différents points d'histoire tout en scénarisant l'ensemble suffisamment efficacement pour qu'on entre comme il se doit dans le récit. Outre l'invasion mongole, l'auteur aborde plusieurs pistes d'intrigue, comme le rôle du clan Sô sur l'île de Tsushima, la manière dont Teruhi, l'héritière de la lignée, cherchera à se démarquer au sein du conflit, ainsi que l'implication croissante du héros qui cache une grande part de mystère. Ce cernier n'a rien d'un protagoniste classique, il est ambigu, pas un mauvais bougre, mais ne semble pas agir par total altruisme pour autant. En clair, c'est aussi par une palette de personnages aussi intriguants que remarquables que ce premier tome se montre prenant.

Evidemment, qui dit guerre dit tactique. Ceux qui apprécient les stratégies militaires apprécieront le fait qu'Angolmois, sur ce premier opus, n'est pas un titre bête et bourrin. Il est aussi question de tactiques guerrières bien développées, amenant avec elles des rebondissements parfois surprenants. Une des prouesses de l'auteur sur ce premier tome est donc bien le caractère complet de son introduction : on se familiarise avec les personnages et le contexte historique comme on assiste au premier front contre l'envahisseur mongole, et parfois de manière plus étonnante que prévue. Angolmois ne semble donc pas être un titre cliché et prévisible, permettant une immersion efficace sans jamais sortir le lecteur du récit.

Enfin, ce premier volume impose une certaine exigence au lectorat. Parce que que le mangaka cherche à rendre son contexte historique crédible, bon nombre de données sont évoquées dans cet opus premier, ainsi que quelques références culturelles. Heureusement, rien de suffisamment stricte pour empêcher notre compréhension globale du scénario. Néanmoins, quelques points pousseront peut-être le lecteur à faire quelques recherches de son côté, par exemple en ce qui concerne la figure de Minamoto no Yoshitsune évoquée à maintes reprises, une figure historique importante du Japon médiéval qui mérite qu'on s'y intéresse pour comprendre un peu mieux les références du récit.

Visuellement, ce premier opus s'en sort aussi haut la main, grâce au trait particulièrement fin et précis de Nanahiko Takagi. Son style est détaillé et expressif, avec une belle mise en relief des structures et équipements militaires, et une mise en scène violente et immersive des affrontements. Mais sur ce dernier point, et parce que ce premier tome n'est pas exclusivement consacré aux combats, ce sera à la suite de nous confirmer tout le potentiel de l'auteur quant à son coup de crayon.

Alors, ce premier tome d'Angolmois se révèle particulièrement efficace en son genre, par sa volonté de narrer un récit historique avec quelques points de scénario particulièrement intéressant, et ce en ne tombant jamais dans la facilité. C'est aussi prenant qu'immersif, aussi on ne demande qu'à découvrir la suite de la guerre entre l'île de Tsushima et le redoutable empire mongole.

Cerise sur le gâteau : l'édition de Meian et de belle facture, ce grâce au papier épais et qualitatif qu'on connait chez l'éditeur, et une superbe couverture dont le titre bénéficie d'un effet de dorure à chaud, comme c'est le cas sur les volumes de Kingdom et Egregor. La traduction de Marina Sanchez semble sans fausse note, un point qu'il sera cependant difficile à évaluer convenablement, à moins de connaître toutes les références culturelles et historiques avant lecture de l'opus.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News