Akira - Edition Originale Vol.5 - Actualité manga

Akira - Edition Originale Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 13 November 2020

Le rayon SOL tiré par le Colonel a un effet inattendu : Tetsuo s'élève dans le ciel et, d'un détonnant éclat, ce qui avait été englouti par le précédent phénomène Akira réapparaît comme par enchantement. Parmi ces vestiges disparus, Kaneda se porte comme un charme, et retrouve le monde dont il avait été coupé. Ses retrouvailles avec Kei ne sont pourtant que de courte durée puisque la jeune femme se lance dans une expédition en compagnie du Colonel, afin d'apporter à Choko les soins dont elle a besoin, pour ensuite la ramener du côté du culte de Dame Miyako. De son côté, Tetsuo s'est sevré de son besoin de traitement, et le pouvoir qu'il renferme devient aussi puissant qu'incontrôlable. Une telle menace n'a pas échappé au reste du monde qui, au large du Japon, réunit sa flotte d'élite et ses meilleurs scientifiques pour échafauder un plan qui leur permettra d'anéantir le danger Akira.

Si dans la première partie d'Akira les cliffhanger de fins de volumes s'avéraient plutôt pessimistes, la conclusion offerte par le quatrième opus s'est offerte un élan d'espoir via la réapparition de Kaneda. Une sorte d'ironie quand le contexte de la série a largement gagné en noirceur, et un contraste qui sera d'ailleurs réitéré dans ce cinquième volet.

Le retour du héros de la série permet aux troupes d'être réunies. Rassemblées pour l'assaut final ? Pas encore, car il reste certains points que Katsuhiro Otomo doit aborder avant d'entamer l'éventuel face à face decisif avec Tetsuo, confrontation que teasait déjà la page d'annonce de fin de quatrième tome. Alors, ce qui entame la suite de l'histoire peut paraître presque anodin : Kei se met en quête de Choko, avant d'être elle-même secourue par Kaneda et Kai, son ancien camarade de bande. Mais difficile d'être dupe vis à vis de ce qui se prépare : Tandis qu'on retrouve un Tetsuo changé, les forces mondiales se mettent en place pour entrer dans la partie.

C'est donc une montrée crescendo que propose ce volume, une fois de plus. Car après des péripéties simples dans leur forme, le récit propose une montée fulgurante et passionnante à chaque page, mettant en avant le traitement que prévoyait le mangaka depuis un moment déjà. Malgré son retour, Kaneda n'est pas tant le point central. D'ailleurs, l'arc justifie parfaitement son titre, « Kei », la demoiselle étant exploitée comme il se doit, tandis que le danger représenté par Tetsuo éclate littéralement dans le dernier tiers de l'opus. Akira est un récit de personnages, on le sait, et il est toujours admirable d'observer la manière dont Otomo les met à contribution pour dévoiler la puissance du récit qu'il envisageait depuis le départ. Difficile alors de ne pas être bouche bée devant la finalité de ce tome, intense et explosive, qui dévoile aussi un autre aspect du talent graphique de son auteur. Une nouvelle orientation visuelle marque alors le récit, un changement de cap connu par celles et ceux qui ont vu le film évidemment, et qui annonce forcément un sixième et dernier tome aux élans de déconstruction organiques aussi terrifiants que savoureux.

Chose évoquée précédemment, l'opposition permanente entre la lumière et les ténèbres prend un sens nouveau dans ce tome, via plusieurs angles que nous n'aborderons pas forcément dans cette chronique histoire de ne pas gâcher la découverte ou la redécouverte du titre. Reste que cette figure de style demeure parfaitement incarnée par Kaneda et ses liens avec deux personnages : Tetsuo d'un côté, et Kei de l'autre. Alors, après des événements éprouvants, il y a de quoi se ravir de voir l'histoire d'amour joliment traitée en ses pages, un peu de baume au cœur dont le lecteur a besoin au sein d'une œuvre si sombre.

Encore une fois, Akira captive aussi bien par le récit époustouflant proposé que par la puissance dégagés par le traitement des personnages, la maestria narrative et toutes les thématiques sous-jacentes de l’œuvre, jamais oubliées. La montée en puissance demeure saisissante à chaque page, et son dernier cap jouissif et renversant. Le chef d’œuvre de Katsuhiro Otomo ne laisse pas indemne, aussi il y a de quoi avoir envie de se ruer sur le tome final.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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