7th Garden Vol.1 - Actualité manga

7th Garden Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 09 November 2017

Critique 2


A la fin de l'été 2017, Delcourt/Tonkam nous proposait en simultanée les deux premiers tomes de son nouveau shônen : 7th Garden. A l'origine de l’œuvre, Mitsu Izumi, mangaka que nous découvrions en 2016 avec sa version manga d'Ano Hana. Avec 7th Garden, prépublié dans le Jump Square, l'auteur signe une série plus longue, comptant actuellement 8 tomes au Japon et toujours en cours de parution.


L'histoire se déroule dans un univers fictif, régi par une religion : l'Anticoristianisme. Awyn, jardinier au sein d'une demeure aisée d'un petit village, lèvre un jour Vyrde, une démon souhaitant à tout prix pactiser avec lui. D'abord réfractaire à l'idée, le jeune homme se voit contraint d'accepter la proposition quand le village est la cible d'une purge par l'Ordre Anti-Chevaleresque, troupe guerrière de l’Église. Doté d'une puissance hors du commun, Awyn devra cependant offrir son âme à Vyrde, mais aussi ses services. Et justement, celle-ci a un souhait : se venger des six Anges qui dirigent le monde.


7th Garden s'inscrit dans la lignée des récits d'action fantasy, auxquels s'ajoute une pointe de frivolité à travers des jeunes femmes parfois dénudées, sans toutefois partir dans la vulgarité. Des titres du genre, on en a souvent vu aussi bien dans le manga que l'animation japonaise, l'éditeur lui-même a fait d'un de ces récits une pièce maîtresse de son catalogue ces dernières années : The Testament of Sister New Devil.


Respectant les règles du genre, le premier tome de 7th Garden plante assez rapidement son univers et ses mécaniques : un monde régi par un ordre religieux, un héros modeste et vaillant, et une démone, aussi belle qu'aux courbes généreuses, qui pactisera avec lui pour lui procurer un grand pouvoir. Rien de très innovant dans la recette, ce qui n'empêche pas ce premier volume de constituer une lecture prenante, et qui sait se démarquer par certains aspects.


La force première du récit vient alors de l'intrigue qui nous est présentée dans ce premier tome. Pour une fois, l'enjeu ne vient pas vraiment du héros mais de l'entité qui l'accompagne, la démone Vyrde. Cette dernière a une vengeance à accomplir, une vengeance qui cache d'ailleurs bien des mystères et que la série aura tout le loisir de développer sur ses prochains tomes. Pourtant, sur sa première partie, le volume ne pousse pas le développement jusque là. Le rythme s'accélère davantage sur sa fin et sait piquer notre intérêt en présentant d'autres personnages, mais aussi une tension dramatique palpable concernant l'histoire. On n'en attendait peut-être pas tant sur un tome un, aussi la conclusion proposée ici justifie totalement que l'éditeur ait proposé les deux premiers opus en simultanée.


A noter d'ailleurs que l'action, très présente sur cette fameuse deuxième moitié, consiste en des séquences de combats relevant un poil de la science-fiction, dans un univers de fantasy classique. En effet, les pouvoirs d'Awyn n'ont rien de très médiéval, une sorte de contradiction qui amène justement des affrontements bien spectaculaires, bien qu'un poil confus dans la mise en dessin de Mitsu Izumi. Point un peu décevant qu'est la narration des affrontements, donc, mais on se dit que l'auteur a encore le temps de corriger cet aspect du récit, sans compter que la durée de plus de huit tomes augure un développement soutenu du scénario.


A tout ceci s'ajoutent les personnages, pourtant assez caricaturaux dans l'ensemble. Plus que les figures elles-mêmes, l'auteur insiste sur les interactions et les relations qui se développent. En résulte pas mal de séquences légères, voire même très drôles, surtout centrées sur l’agacement d'Awyn de voir Vyrde incruster le petit foyer qu'il s'était construit. Une romance fait bien sûr partie du lot, bien que l'auteur ne semble pas y accorder plus d'importance ici. A voir ce qu'il en sera sur les tomes à venir.


Graphiquement, si on peut affirmer qu'un règne une certaine confusion dans les scènes de combats, Mitsu Izumi possède un réel talent par la densité de son trait. Le coup de crayon sur les personnages est très fin mais élégant, l'auteur se montrant d'une grande précision. Et lorsque les séquences d'action laissent place à des doubles planches, difficile de ne pas admirer la patte de l'artiste.


Côté édition, Delcourt/Tonkam nous propose un travail d'excellente facture. La traduction d'Isabelle Eloy ne souffre pas de lacune et si le papier reste de qualité assez discutable, la dorure à chaud apportée sur le volume aboutit à un excellent effet, un rendu noble qui attire indéniablement l’œil.


Alors, si 7th Garden ne propose pas une formule particulièrement innovante ni des personnages originaux, la série se rattrape sur plusieurs qualités : le trait de l'auteur, l'univers plein de promesses, les relations intéressantes entre personnages, et surtout un scénario finalement prometteur qui met l'eau à la bouche. A voir comment la suite s'annonce, mais Mitsu Izumi est bien partie pour nous offrir une série des plus sympathique.


Critique 1

On peut dire que 7th Garden s'est fait attendre un bon moment : annoncée très tôt par Delcourt/Tonkam, dès Japan Expo 2016, cette série ne débarque qu'en cette rentrée 2017. Un choix volontaire de l'éditeur, qui a voulu plus ou moins faire monter l'attente sur cette oeuvre dont il attend beaucoup. Cela dit, les piqûres de rappel n'ont pas été si nombreuses que ça au fil des mois...


Démarrée en 2014 dans le magazine Jump Square de Shûeisha, la série nous permet de retrouver pour la première fois seul aux commandes le mangaka Mitsu Izumi, que nous avons découvert il y a plusieurs mois chez Panini avec la très réussie adaptation manga d'Ano Hana.


7th Garden nous plonge dans un autre monde, ou plus précisément sur une autre planète, l'Exide. Sur l'un des 7 continents de cette planète, en l'an 718, le Royaume sacré de Braith a fait de l'Antichristianisme une religion d'Etat, celle-ci étant alors déjà la plus importante religion du monde. Assis sur le trône, le Pape Ghristos III entretient des rapports pacifiques avec les pays voisins, tout en protégeant le peuple avec l'armée de "l'Ordre anti-chevaleresque".


Dans ces temps anciens, les gens croient fermement en l'existence de Dieu, célèbrent ses envoyés les Anges et Archanges, et respectent profondément ses représentants humains tels que les prêtres, tandis que les Démons sont évidemment craints.


Awyn vit dans ce monde, et plus précisément à Karna, un village situé aux confins de Braith. Ce jeune jardinier de 17 ans exerce ses activités depuis déjà 6 ans au sein d'une luxueuse demeure, aux côtés d'autres domestiques ou encore de sa maîtresse Maryfield Fiackl, jeune fille de 14 ans qui semblent éprise de lui. Ayant connu bien des malheurs dans son enfance, Awyn ne croit ni en Dieu ni au Diable, et souhaite simplement préserver le bonheur qu'il a trouvé en devenant jardinier en ce lieu... mais le pourra-t-il seulement ?


En effet, le hasard veut qu'en jardinant, il déniche un lieu étrange, tel un jardin, où une jeune femme semble comme endormie. En dégageant la végétation qui l'enserre, il ne se doute pas qu'il vient de libérer Vyrde, une démone qui ressent en lui une profonde colère, une rage contenue... Vyrde lui propose un pacte : lui offrir ses pouvoirs s'il accepte de s'offrir à elle corps et âme, une chose que le jardinier refuse constamment.. Jusqu'à ce qu'il soit obligé de céder pour protéger ce en quoi il tient. Car bientôt, une inexplicable "purge" a lieu au village, et d'énigmatiques envoyés à la solde de l'Eglise menacent de détruire le bourg et ses habitants, y compris la douce Maryfield. Pris dans son pacte avec Vyrde qui s'installe dans le village en tant que domestique, Awyn va devoir entamer une périlleuse mission : se confronter aux six archanges qui dirigent les humains, leur arracher les ailes, et rendre le monde aux Démons... 


Autant le dire tout de suite, pour l'instant 7th Garden propose un scénario qui prend des voies on ne peut plus classiques et prévisibles, avec une histoire de lutte de Démons contre les Anges. Mais le classicisme n'a jamais empêché une oeuvre de pouvoir être divertissante, et de ce côté-là Mitsu Izumi assure bien le job sur ce premier volume.


Le récit a le mérite de gagner assez vite en tension, tout en posant très clairement les bases dans son premier chapitre. L'auteur commence par quelques pages laissant déjà voir le futur pacte entre Awyn et Vyrde, avant de revenir un peu plus en détail sur le petit univers où le héros vit, et de distiller des petits éléments qui accentuent la tension. On découvre avec plaisir des personnages classiques, mais réussis, tels l'adorable Mary qui est aussi douce qu'innocente, ou bien sûr notre héros en qui on devine rapidement des douleurs passées qui se dévoileront par la suite et qui expliquent la colère qu'il semble contenir. Dans le même temps, Izumi présente des points communs intéressants entre Awyn et les Démons, car tous deux ont été abandonnés et persécutés. Mais là où Vyrde veut se battre pour "voler" le monde aux Anges", Awyn, lui, souhaite pour l'instant surtout simplement protéger ce qu'il possède déjà. Et en filigranes, des petits détails nous préparent bien au bouleversement qui va arriver : un village voisin qui aurait brûlé et disparu en une nuit, les dires de la démone qui affirme que la paix va bientôt s'effondrer et que la rage bout en Awyn... Bientôt, le jeune garçon n'aura plus que deux choix : mourir en laissant le chaos derrière lui, ou continuer de vivre, mais dans les ténèbres.


"Pourquoi es-tu en colère ? A cause de l'irrationalité de ce monde ?  Qu'est-ce qui t'énerve tant ?! Dieu, parce qu'il ne te vient pas en aide ? Pourquoi es-tu si en colère ? Parce que tu es impuissant ?!"


Au vu de ce premier volume, le récit devrait jouer efficacement sur la frontière floue entre Anges et Démons. Ainsi, on découvre en Vyrde une demoiselle qui, bien que démone, semble beaucoup aimer le monde et s'en délecte, et qui souhaite surtout redonner ses lettres de noblesse à son peuple bafoué par les Anges. En cela, on devine en elle un lointain passé douloureux, et au vu des toutes dernières pages du tome il y a des chances que ce passé se dévoile dès le prochain volume. A contrario, la religion installée, sous l'égide d'un Dieu mystérieux et des Anges, apparaît bien sombre, à l'image des "Apôtres", des hommes de main de l'Eglise qui sont des tueurs en armure éliminant quiconque ne convient pas aux Anges, ou des prêtres qui s'avèrent plutôt manipulés par leurs supérieurs divins. Ici, c'est bien la partie divine, et non la partie démoniaque, qui est à l'origine du pire, à l'image des sanglantes purges qui ont lieu. D'autres détails viennent renforcer le flou de cette frontière Ange/Démon, notamment parce qu'on apprend que les Démons sont visiblement d'anciens Anges, et que les deux camps ont une force similaire.


"Le démon... n'est jamais loin."


Côté visuels et narration, Mitsu Izumi rend une copie très immersive. Tout se pose bien, et ses planches bénéficient de découpages bien variés, d'une tension palpable quand il le faut, et de brefs moments d'action plutôt bien mis en scène. L'artiste avait déjà montré son goût pour les nombreux jeux d'ombre sur Ano Hana, et il le confirme ici. Ses designs de personnages sont fins et expressifs, et on y note une pointe de fan-service qui reste discrète et n'est jamais trop encombrante.


Le tome ayant été lu en épreuve non-corrigée, pas d'avis sur l'édition, si ce n'est concernant la traduction très claire d'Isabelle Eloy ainsi que le joli travail effectué sur la jaquette avec le logo-titre et le "cadre".


Aussi classique qu'efficace, 7th Garden s'offre une entrée en matière convaincante, où les choses se posent très clairement, avec un bon sens du rythme et une montée d'intérêt croissante. Delcourt/Tonkam ayant eu la bonne idée de publier simultanément les deux premiers volumes, il va être possible de se forger très vite un avis plus définitif.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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