Shaman King - 2021 - Actualité anime

Shaman King - 2021

Review de l'anime : Shaman King - 2021

Publiée le Jeudi, 04 November 2021

Chronique partie 1 (épisodes 1 à 13 :

Shaman King fait partie de ces shônen d'aventure et d'action qui ont marqué la première moitié des années 2000, y compris la France. Lancé le 30 juin 1998 dans le célèbre Shônen Jump, le manga de Hiroyuki Takei tirera sa révérence en 2004 avec son 32e tome. Une fin abrupte, pour laquelle l'auteur n'a jamais caché sa frustration. Il se rattrapera néanmoins quelques années plus tard, en 2009 très exactement, grâce à l'édition deluxe de la série qu'il pourra enrichir d'une belle poignée de chapitres supplémentaires, donnant lieu à la conclusion à laquelle l'auteur pensait initialement. Rares sont les œuvres de l'écurie Jump bénéficiant d'un tel traitement de faveur.

Et si on n'aurait jamais pensé dire ça lors de la fin initiale de l’œuvre, force est de constater que Shaman King n'aura jamais été aussi vivant que plus de quinze ans après sa fin d'origine. Après une suite annulée avec son sixième tome (Shaman King Flowers) ainsi qu'une série d'histoires courtes/préquelles (Shaman King Zero) l'éditeur Kôdansha a repris la licence en 2018 pour permettre à Hiroyuki Takei de dessiner le troisième chapitre principal de sa saga avec Shaman King : The Super Star, toujours en cours avec 5 tomes au compteur. La série profite aussi de plusieurs spin-offs dont trois toujours publiés à l'heure actuelle : Shaman King Marcos, Shaman King & a garden et Shaman King Faust 8 : Eien no Eliza. Seul Shaman King : Red Crimson est achevé à l'heure où ces lignes sont écrites.
Bonne nouvelle pour le lectorat français puisque les éditions Kana remettent en avant l'univers, que ce soit par une réédition dite « star edition » incluant les tomes retouchés par l'auteur et les nouveaux chapitres de la série, ou par ses séquelles puisque Flowers et The Super Star sont disponibles dans nos librairies. Concernant les dérivés, ils intéressent aussi l'éditeur qui a déjà publié le roman Faust 8 tandis que Red Crimson est confirmé, sans date de parution pour l'heure.



Et côté animation, la série n'est pas en reste. Diffusée entre 2001 et 2002 pour un total de 64 épisodes, l'adaptation animée restait chère aux cœurs des fans sur certains points. Mais beaucoup espéraient tout de même une nouvelle proposition, plus fidèle au manga de Takei, et pourquoi pas en incluant la véritable fin de l'histoire. Ces vœux, des studios les ont entendus, mais le mangaka a semble-t-il décliné plusieurs propositions, notamment pour l'impossibilité de réutiliser les musiques de la première version. A priori, même l'auteur était attaché à la réalisation de Seiji Mizushima, malgré les divergences avec son propre récit.

Ce projet, longuement espéré, voit finalement le jour dès le 1er avril 2021. Ce qui sonnait comme un poisson concrétise de fortes attentes, aussi Shaman King est de retour via une série animée flambant neuve, sobrement nommée Shaman King, reprenant l'histoire à zéro et affichant l'ambition de retranscrire l'ensemble de l'intrigue sur un format sous-entendu d'une cinquantaine d'épisodes puisqu'il était signifié que la diffusion durerait une année. A voir ce que cela donnera, à terme.
Un compromis semble avoir été trouvé vis à vis des attentes du mangaka puisqu'une bonne partie du casting vocal reprend son rôle dans cette nouvelle version. Quelques changements au tableau comme Yôko Hikasa qui succède à Yûko Satô dans l'interprétation du héros, Yoh Asakura. Mais Katsuyuki Konishi revient en Amidamaru, Romi Park en Tao Ren, Minami Takayama en Hao, Megumi Yakashibara en Anna Kyôkama... Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc. D'ailleurs, Megumi Hayashibara reprend aussi certaines chansonnettes et signe notamment les premières génériques de cette adaptation. Quant à ses anciennes chansons... elles ne sont pas totalement oubliées, mais on préfère laisser la surprise aux spectateurs qui auraient eu le bonheur de connaître les mythiques Over Soul et Northern Lights.

Cette nouvelle série, qui compte 29 épisodes à l'heure où cette chronique est publiée, est produite par le studio Bridge. Takeshi Furuta, qui a déjà une certaine expérience avec Saint Seiya : Soul of Gold, Eldlive, Double Decker et la saison 2 de Seven Deadly Sins, signe la réalisation en s'appuyant que la composition scénaristique de Shoji Yonemura. Loin d'être un débutant, ce dernier a déjà écrit des épisodes pour Death Note, Digimon X-ros Wars, Fairy Tail et la seconde série animée Hunter X Hunter. Yûki Hayashi s'occupe de la nouvelle bande originale, ce dernier n'ayant plus rien à prouver en terme de compositions endiablées depuis son travail sur Haikyû!!, My Hero Academia ou les séries Gundam Build Fighters. Enfin, nous devons le character-design à Satohiko Sano, artiste qui œuvre au même poste sur Welcome to Demon School! Iruma-kun ainsi que sur Talentless Nana. Sa tâche, ici, est d'adapter fidèlement la patte actuelle de Hiroyuki Takei, un travail de taille qui se soldera pas une réussite.


En France (et partout dans le monde), c'est sur Netflix que la série est diffusée. Décalée par rapport au Japon, elle ne profite pas d'un système de simulcast mais est proposée par fournées d'épisodes. L'avantage est une sortie bénéficiant d'un doublage français, mais qui débouche sur deux frustration : Le retard par rapport à la sortie japonaise d'une part (le « bingewatch » n'étant pas tellement une philosophie dans la consommation d'anime, chose que Netflix semble avoir récemment compris avec Blue Period et Komi Can't Communicate) et d'éventuelles difficultés quant à une sortie physique puisqu'il est bien connu que la plateforme est très avare quand il s'agit de vendre ses doublages. A voir ce qu'il en sera, à terme...

Ainsi, nous abordons dans cette chronique les 13 premiers épisodes, rendus disponibles par la plateforme le 9 août dernier. Ceux-ci adaptent les chapitres 1 au début du 85, soit du premier tome jusqu'à entamer le volume 10. Cette longue introduction étant faite, il est temps d'entrer dans le vif du sujet.


Une histoire de tournoi et de fantômes

Cachés des regards de la société vivent les shamans, des individus d'exception capables de voir les fantômes mais aussi de leur parler, et de ne faire qu'un avec eux pour démontrer d'étonnantes capacités. Dans les années 2000, le jeune Yoh Asakura est l'un de ces shamans et baigne depuis toujours dans un ésotérisme familial. Nouvel arrivant de sa ville, il fait la rencontre de Manta, un garçon de son âge petit et chétif qui va découvrir, par le biais de son nouvel ami, l'existence des esprits.

Yoh n'est pas arrivé dans cette cité par hasard. Il est là en vue de la tenue prochaine du Shaman Fight, un tournoi opposant les shamans qui a lieu tous les 500 ans, et qui désignera le prochain Shaman King. Pour l'adolescent au flegme particulièrement prononcé, ce sera l'occasion pour lui de réaliser son rêve : Mener la vie paisible qu'il a toujours désiré ! Il fera la rencontre de bien d'autres challengers qui nourrissent des desseins tantôt admirables, tantôt maléfiques, comme le cas de Ren Tao, un garçon qui ne jure que par la violence et la vengeance.



Un début d'adaptation fidèle, mais expéditif

L'exercice de la nouvelle adaptation d'un manga déjà porté en anime est toujours quelque chose de délicat. Ponctuellement, les créateurs derrière une telle démarche se heurtent à une problématique, celle de ne pas être un bis repetita de la première version. Dans ces processus, on note souvent la volonté de mieux correspondre à l’œuvre d'origine, ou aller d'aller plus loin que le premier anime. On se souvient ainsi des débuts de FullMetal Alchemist Brotherhood qui allaient à l'essentiel pour ne pas s'attarder sur ce que la version de 2004 avait déjà adapté. Mais il existe des contre-exemples comme l'itération de 2011 de Hunter X Hunter qui ne cherchait pas forcément à expédier le récit, voulant reprendre de manière complète l'histoire de Yoshihiro Togashi tout en poussant l'adaptation aux arcs des Fourmis Chimères et des Élections.


Les lecteurs du manga le comprennent dès le premier épisode, cette nouvelle version de Shaman King se place dans l'optique d'un FMA Brotherhood. Prévue a priori sur 52 épisodes, la série série cherche immédiatement à aller à l'essentiel. Là où le manga, comme bon nombre d’œuvres fleuves, y va à tâtons et à coup de petits arcs introductifs, la série dirigée par Takeshi Furuta ne reprend que les segments essentiels, et les combine par moment pour donner lieu à une intrigue fluide mais condensée. Difficile alors de se poser aux côtés des personnages pour apprécier les balbutiements de l'intrigue, comme c'est le cas dans le manga, puisque chaque épisode a une trame précise à retranscrire et prendra quelques raccourcis pour y parvenir.

Se pose alors la question de la compréhension. Par un tel rythme, est-ce qu'un spectateur novice pour adhérer à la série ? Oui. Et là est la prouesse de Shoji Yonemura, en charge de la structure scénaristique de la série animée. Si chaque épisode va à cent à l'heure, l'histoire ne perd en aucun cas le spectateur attentif. Le scénario se limite à l'essentiel, à ses enjeux, à ses combats et aux grandes pistes de l'histoire, et le tout reste pour l'heure assez simple pour qu'un néophyte ne soit jamais perdu et prenne plaisir à découvrir l'aventure de Yoh et les richesses de l'univers. Ce constat s'adresse aux 13 premiers épisodes, qui retracent le début jusqu'à l'arrivée des personnages aux États-Unis, mais il faudra voir si la composition narrative reste aussi précise par la suite, et si un tel rythme n'entravera pas la compréhension d'une intrigue vouée à se complexifier. On notera néanmoins que le final du treizième épisode, le dernier de la première fournée proposée par Netflix, a le mérite de s'achever sur un cliffhanger via une scène prouvant à la fois la cruauté du charismatique Hao et les premières bribes de ses objectifs.


Une production un peu trop légère ?


A l'heure où beaucoup cherchent dans ces nouvelles adaptations de shônen fleuves une certaine qualité technique, et notamment des séquences d'action au moins inspirées, au mieux époustouflantes, la version 2021 de Shaman King peut décevoir. La narration se limite en grande partie à des plans fixes reposant sur quelques effets visuels qui viennent traduire la puissances des Oversoul, les fameux pouvoirs shamaniques des personnages. Il n'y a donc pas de quoi être transporté par les affrontements, si ce n'est grâce à la composition musicale de Yûki Hayashi qui apporte toujours un certain degré de tension ou d'intensité. C'est assez frustrant dès le départ, d'autant plus que même les duels importants ne bénéficient pas d'un soin plus appuyé. La qualité, limitée, a pour mérite d'être constante, mais on espère tout de même un sursaut dans les futurs instants de la série.


Cette production amène pourtant un intérêt : La lisibilité de l'action. Par l'absence de toute fioritures ou de vraies tentatives animées, les combats se suivent sans aucune incompréhension. Et malgré la faiblesse du mouvement dans la globalité, on saluera l'harmonie visuelle globale, et un grand respect du character-design actuel de Hiroyuki Takei, si stylisé et séduisant. Satohiko Sano a donc fait un excellent travail à ce sujet, et les animateurs et directeurs d'animation sont là pour maintenir cette esthétique.

Maintenant, est-ce qu'un sursaut est possible ? C'est tout ce qu'on demande, notamment car la démesure sera plus présente à l'avenir, et que certains arcs mériteront de profiter d'une réalisation parfois moins sommaire pour faire surgir les ambiances que le mangaka a proposé dans son œuvre.


La musique et le doublage

Nous avons évoqué plus haut les bonnes compositions de Yûki Hayashi qui retranscrivent l'univers ésotérique et les ambiances épiques de la série. A ce titre, son travail est efficace, même si certains regretteront possiblement l'absence de thèmes véritablement marquant, par rapport à ce qu'il a produit pour Haikyû!! ou My Hero Academia, pour ne citer qu'eux.
En dehors des musiques d'ambiance, on apprécie le retour de Megumi Hayashibara sur les premiers génériques. Par son timbre qui n'a pas pris une ride, l'artiste livre avec Soul Salvation un thème entrainant qui transpire l'énergie du début des années 2000, ce qui renvoie inévitablement aux openings qu'elle a interprété pour la première adaptation. En revanche, le premier ending qu'est Boku no Yubisaki divisera un poil plus du fait de du rendu synthétique (pas très utile) apporté sur la voix de la chanteuse, sur une chanson pourtant énergique et qui clôt avec entrain les différents épisodes.

Le doublage, lui, a été fait pour ravir les inconditionnels du premier anime, que ce soit en version originale ou en français. Côté Japon, une grande partie du casting d'origine a été repris. Quelques changements au programme, dont une Yôko Hikasa qui reprend correctement Yoh Asakura. La version française commandée par Netflix répond à cette même intension en rappelant une belle part des comédiens d'origine donc Taric Mehani sur Yoh et Hao, Nathalie Bienaimé sur Anna, Olivier Korol sur Ren, Benjamin Pascal sur Horohoro ou Stéphane Ronchewski sur Faust. On note toutefois quelques changements dont Benoît Fort-Junca qui succède à Vincent Violette sur Bokuto no Ryû, comédien pourtant présent sur cette VF (dans le rôle d'En Tao). Un choix qui traduit globalement une volonté d'ajuster le casting et de le diversifier. Exercice réussi, puisqu'on sent une petite variété appréciable pour ces 13 premiers épisodes, tout en restant sur une volonté de fidélité par rapport à la première adaptation animée. Et côté qualité, le rendu est globalement satisfaisant malgré certains personnages secondaires parfois en sous-jeu. Puis, chaque spectateur sera juge de l'effet proposé sur le timbre de Taric Mehani, assez spécial de prime abord mais sur lequel on finit par s'habituer. Il se pose aussi la question des acteurs repris de la première adaptation, aux voix graves et qui ne correspondent certainement pas à des enfants dans la douzaine, mais cela aurait impliqué des changements drastiques sur cette direction.


En route vers le Shaman Fight !

Ces treize premiers épisodes s'achèvent quand nos héros sont en route vers le village pache. Le premier bilan qu'on peut tirer de cette nouvelle adaptation dépendra vraiment du profil de spectateur, ce début pouvant tirailler par son rythme qui implique une omission de bon nombre d'éléments des débuts du manga, ou par l'animation très sommaire malgré la grand respect voué à l'esthétique de Hiroyuki Takei. On se demande forcément si les épisodes suivants changeront cette formule, et les néophytes découvrant l'histoire par l'anime attendront avec une probable curiosité le vrai lancement des hostilité. Car Shaman King n'en n'est qu'à ses débuts, l'intrigue de Hiroyuki Takei fourmillant d'idées, pas toujours très bien reçues par quelques lecteurs de son œuvre, mais largement appréciées par d'autres.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
MN Actus
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