Farewell, My Dear Cramer - First Touch - Actualité anime

Farewell, My Dear Cramer - First Touch

Review de l'anime : Farewell, My Dear Cramer - First Touch

Publiée le Vendredi, 09 July 2021

Introduction

Il y a quelques années, le mangaka Naoshi Arakawa séduisait et brisait le coeur de nombre de fans de manga et d'animation à travers le monde avec sa série emblématique: Your lie in april, manga en 11 volumes maîtrisé d'un bout à l'autre, paru en France aux éditions Ki-oon, et qui eut droit en 2014-2015 à une adaptation animée somptueuse qui marqua considérablement les esprits. Depuis, Arakawa est un artiste que, au sein de la rédaction de Manga-news, on suit de très près. Ainsi avait-on été ravis lorsque les éditions Ki-oon, encore elles, avaient proposé dans notre langue en 2016 le manga en deux tomes Sayonara Football, une série footballistique rondement menée, dessinée au Japon en 2009-2010 par Arakawa (ce qui en fait la deuxième série professionnelle de l'auteur, juste après Tsumetai Kousha no Toki wa Todomaru - inédit en France - et juste avant Your lie in april), et sur laquelle on aura largement l'occasion de revenir dans les lignes qui suivent.

Mais depuis, plus rien: le manga de football (encore) Sayonara Watashi no Cramer, dernier titre en date de l'auteur, reste à ce jour tristement inédit dans notre langue, alors qu'il s'est achevé au Japon en début d'année (après 14 tomes et environ 5 années de publication dans le Gekkan Shônen Magazine de Kôdansha), et qu'en cette période d'Euro de football on aurait pu espérer voir l'oeuvre enfin débarquer dans notre pays. Mais à défaut de pouvoir profiter de la version papier originelle, il est possible, depuis le printemps, de découvrir chez nous son adaptation animée.



Farewell, My Dear Cramer: présentation

C'est effectivement sous le titre international Farewell, My Dear Cramer que l'on a pu découvrir, au fil du printemps 2021, l'adaptation animée de Sayonara Watashi no Cramer, aussi bien au Japon qu'en France via un simulcast sur la plateforme Crunchyroll. Lancée le 4 avril, cette série animée s'est achevée le 27 juin après 13 épisodes qui, dans le fond, donnent presque l'impression de n'être qu'une introduction, si bien qu'il y a de quoi espérer vivement une saison 2. Mais ce n'est pas cette série qui va faire l'objet de notre chronique aujourd'hui, car avant de revenir dessus un peu plus tard cet été, il convient de d'abord s'intéresser à un autre projet animé sur l'oeuvre: Farewell, My Dear Cramer - First Touch.

Film d'animation d'1h45 présenté initialement comme un prologue de la série, First Touch fut annoncé en même temps que le projet de série animée, dès septembre 2020, si bien que les deux oeuvres animées sont arrivée à la même période au Japon et en France. Initialement prévu début avril pour coller, en tant que prologue, au lancement de la série animée, ce long-métrage prit finalement un petit peu de retard, probablement en partie à cause de la situation sanitaire. Il est finalement arrivé le 11 juin au Japon... mais aussi en France, puisque c'est à cette même date que Crunchyroll a pu nous le proposer en vostf.

Les deux projets (le film et la série) ont le mérite d'avoir été conçus par exactement le même staff principal au sein du studio Liden Films, studio actif depuis désormais presque dix ans (il a été fondé en 2012), qui s'était fait assez remarquer dans ses premières années d'existence avec certains gros projets (Terra Formars, Arslan, Berserk...) avant de proposer des productions en dents de scie les années suivantes, puis de revenir fortement tout récemment avec un autre anime qui connaît un franc succès actuellement, à savoir Tokyo Revengers, une adaptation fidèle mais un peu pataude et pas toujours très inspirée de l'excellent manga éponyme.



Concernant l'équipe principale de Farewell, My Dear Cramer, on trouve donc à la réalisation Seiki Takuno (Poco's Udon World, Love and Lies, Yamada-kun & the Seven Witches, Juliet au pensionnat), à l'écriture Natsuko Takahashi (Divine Gate, Norn9, Poco's Udon World, Love Tyrant, In Another World With My Smartphone, The Master of Ragnarok & Blesser of Einherjar), au design des personnages Eriko Itô (Danchigai, Sekkô Boys, Poco's Udon World, Magical Sempai), à la direction artistique Yukihiro Saitô (Bakemonogatari, Juliet au pensionnat, Love and Lies, Magical Sempai), à la direction de l'animation Hirokazu Shiba (Yamada-kun and the Seven Witches, Love and Lies, Magical Sempai), à la CGI Hisanori Matsushima (Magical Girl Spec-Ops Asuka), et aux compositions musicales le formidable Masaru Yokoyama (Your lie in april, Yamada-kun & the Seven Witches, Freaky Girls, Gundam Iron-blooded Orphans, Scum's Wish, Fate/Apocrypha, Fruits Basket, Horimiya...).


L'histoire de Nozomi Onda, la plus passionnée des joueuses

Farewell, My Dear Cramer - First Touch démarre par une brève scène, nous faisant entrevoir une jeune fille en train de se couper les cheveux, bref instant qui aura une importance fortement symbolique bien plus tard dans le film. Cette jeune fille, il s'agit de notre héroïne, Nozomi Onda. Depuis son plus jeune âge, elle est passionnée de football on point de ne vivre quasiment que pour ça, et elle a toujours brillé dans ce domaine pendant ses années d'école primaire, en pouvant notamment compter sur ses incroyables qualités techniques acquises à force d'entraînement, ainsi que sur sa taille plutôt grande pour une petite fille... Mais ça, c'était avant.

Désormais collégienne de 14 ans, elle reste toujours aussi passionnée par le ballon rond, lâchant rarement la balle et s'entraînant constamment à la sueur de son front dans l'espoir d'intégrer la sélection officielle de l'équipe de son collège. Mais il y a un gros problème : elle est la seule fille d'une équipe masculine ! Et dans ces conditions, l'entraîneur de l'équipe refuse inlassablement de la laisser jouer, tant pour lui la barrière physique est une barrière infranchissable, chose qui semble encore se confirmer quand Nozomi se voit considérablement bousculée en match d'entraînement par les corps plus robustes de certains garçons.



Pourtant, à l'approche d'une compétition, le tournoi des recrues, la collégienne se montre plus déterminée que jamais à parvenir à ses fins, car dans l'équipe qu'ils affronteront au premier tour, il y a Yasuaki, alias "Namek", un adolescent qu'elle connaît bien. Autrefois chétif et pleurnichard à l'épouqe de l'école primaire, elle l'emmenait dans ses entraînements complètement fous et lui a tout appris en matière de foot. Mais voila que depuis son déménagement, l'adolescent est non seulement devenu bien plus robuste qu'elle, mais qu'en plus il prétend ne pouvoir largement la surpasser sur un terrain...


First Touch x Sayonara Football

Ce pitch vous rappelle quelque chose ? Ce ne serait aucunement étonnant, car First Touch se révèle être en réalité une adaptation du manga Sayonara Football.

Le manga Sayonara Watashi no Cramer/Farewell, My Dear Cramer est effectivement ce que l'on peut considérer comme une suite directe de Sayonara Football, ou en tout cas comme un prolongement logique se déroulant au lycée. Et fort logiquement, on retrouve ce rapport entre le film d'animation et la série d'animée.

Notre chère Nozomi conserve d'ailleurs un rôle important dans Sayonara Watashi no Cramer, mais ça, nous aurons sans doute l'occasion de revenir dessus quand nous aborderons la série animée.



Une héroïne de caractère

Dès les premières minutes, First Touch parvient à nous happer sans la moindre difficulté aux côtés d'une héroïne exquise.

Malgré la présence d'une compagne de choix en la personne de l'assistante et précieuse amie d'enfance Sawa (alias Sacchi) qui ne cesse de la soutenir ou d'avoir peur pour elle, Nozomi est la seule joueuse de cette équipe masculine où sa simple condition de fille, selon l'entraîneur, l'empêche de jouer les matchs. Mais en plus d'être indéniablement douée et agile dans ses courses, ses dribbles et sa science du jeu, Nozomi est une battante complète : l'entraîneur a beau lui refuser constamment un poste, elle ne lâchera absolument rien, repartira de plus belle sur ses entraînements, et fomentera toutes sortes de plans foireux et donc hilarants pour essayer de faire chanter son entraîneur.

Elle est comme ça, Nozomi. Une figure forte, qui en impose vite sous ses allures de frêle demoiselle un peu garçon manqué, 100% naturelle et spontanée au point de paraître parfois un peu idiote, ce qu'elle n'est pas... De par sa passion du sport, son énergie débordante, son absence de défaitisme, ses quelques grosses piques de colère, ses petites touches de féminité, et sa façon d'entraîner tout le monde dans son sillage, elle donne l'impression d'être un mix délicieux entre Kaori et Tsubaki de Your lie in april.



Des figures secondaires réussies

Et quand on dit que la jeune fille entraîne tout le monde dans son sillage, ce n'est pas peu dire, car tout autour d'elle c'est une petite galerie de personnages plaisants qui se dessine et ne peut rester insensible à sa volonté et son énergie. Ainsi découvre-t-on en Sacchi une jeune fille plus sage mais une précieuse alliée dans les plans foireux, en Tetsugi un capitaine vaillant et charismatique, en l'entraîneur un homme qui va certes en voir de toutes les couleurs, mais qui reste perspicace quant aux qualités de Nozomi même s'il ne peut le laisser paraître... et, surtout, en "Namek" un ami d'enfance et rival très intéressant.

Ce que l'on appréciera aussi dans cette galerie de personnages secondaires, c'est que l'équipe de football où évolue Nozomi n'est aucunement une équipe macho, car malgré ce que certains peuvent penser du statut de fille de notre héroïne sur un terrain où il n'y aurait que de robustes garçons, aucun d'eux ne s'en prend à elle : tous ont bien conscience qu'elle a des qualités incroyables qu'elle peaufine encore à force d'entraînements épuisants, et tous ont conscience que même si elle ne joue pas les matchs, elle est la meilleure parmi eux tous et est celle qui les pousse tous en avant. Il s'agit même, peut-être, d'une attention dont ils ont un peu trop conscience, en n'osant pas toujours, même inconsciemment, y aller à fond face au corps plus "frêle" de la jeune fille. Alors que Nozomi, elle, est prête à affronter n'importe qui malgré ses limites physiques, dans un climat d'égalité.



Le football dans sa plus pure passion ?

Fort de tout ceci, le long-métrage nous amène avec rythme et intérêt jusqu'au clou du spectacle, qui démarre à peu près après une heure: le fameux match tant attendu contre l'équipe d'Egami-Nishi emmenée par Namek... Nozomi parviendra-t-elle à convaincre son entraîneur de la laisser jouer, ou devra-t-elle ruser quitte à être un peu vache et sournoise ? Dans tous les cas, elle sera bien sur le terrain !

Après une première-mi temps sur laquelle on va éviter d'en dire trop, la jeune fille sent son sang bouillir de plus en plus. Elle le sait, elle le ressent, sa place est sur le terrain, face à Namek et à sa défense de fer. Et pour son entourage, il semble vite difficile de résister au talent et à la passion de la demoiselle sur le terrain... Alors, saura-t-elle faire la différence ?

La réponse se dessine au fil d'une deuxième période passionnante à suivre. Il faut dire que la passion de Naoshi Arakawa pour le football se ressent déjà à chaque instant dans le manga, et que ça se ressent tout autant dans le film: en plus des quelques petites références à l'histoire de ce sport avec des noms comme Zidane, Beckenbauer ou plus récemment M'bappé (histoire d'actualiser un peu le manga d'origine), on a droit à une réalisation vraiment limpide et prenante pendant la rencontre... quitte à utiliser une CGI qui ne fait pas partie des meilleures, mais qui n'est pas non plus catastrophique car, tout simplement, elle est utilisée à bon escient via des choix d'angles et de mise en scène très immersifs. On pense, entre autres, aux instants suivant de près le ballon ou les pieds des joueurs quand ils ont celui-ci, aux moments on l'on est quasiment placé à la première personne à la place des joueurs, aux passages où la caméra change d'angles voire effectue quelques zooms/dézooms pour nous faire ressentir en un instant, avec clarté, qui est où sur le terrain. La limpidité dans le jeu collectif ou dans les dribbles plus solos en ressort grandie, tout comme les quelques instants plus stratégiques que l'on comprend en un rien de temps.



Mais le plaisir et l'intensité procurés par le match viennent aussi beaucoup de notre héroïne, Nozomi, toujours aussi délicieuse. En tant que fille encore adolescente et n'étant physiquement pas à la hauteur des garçons qui l'entourent sur le terrain, c'est sur d'autres plans qu'elle cherchera à briller : les dribbles, l'agilité, la conduite de balle, l'analyse de la situation... et la passion par-dessus tout, passion qui la pousse à ne rien lâcher. On la voit s'épuiser littéralement à la tâche, même diminuée physiquement. Elle se donne à fond constamment quitte à en ressortir complètement lessivée et blessée, et elle symbolise tout ce que l'on peut trouver de plus beau dans le sport. Courage, efforts, sens du collectif qu'elle devra apprendre à remettre en avant pour ne pas se laisser bouffer par sa volonté d'en découdre avec Namek, émulation, volonté de beaux gestes, passion pure pour ce sport... C'est le football sous sa plus belle forme, loin du foot-business qui tend tellement à nous gonfler dans la réalité. Et c'est quelque chose que les dernières minutes de la rencontre tâchent vraiment de mettre en lumière, avec une importance de s'amuser.


Des rapports relationnels au premier plan

Dans ce foot passionné, cette opposition entre le beau football technique de Nozomi et le football plus physique, le long-métrage (et la manga d'origine aussi) nous amène également des réflexions essentielles concernant les principaux enjeux de l'oeuvre, à savoir le rôle de Nozomi au sein de l'équipe, son impact positif sur son entourage (Kaoru, Tetsuji, l'entraîneur), son émancipation en tant que footballeuse... et, surtout, son rapport avec Namek, celui qu'elle protégeait toujours étant petite, auquel elle a tout appris, et qui a lui aussi suivi sa voie et a évolué, poussé par celle qui lui a tant appris plus jeune et qu'il n'a jamais vraiment oublié.

Dans cette relation où Namek, au contact de Nozomi, a appris à devenir plus fort en étant nourri par le modèle qu'est la jeune fille, on retrouve des points communs avec la relation que peuvent avoir Kôsei et Kaori dans la série phare d'Arakawa, Your lie in april.



Un mot de plus sur l'aspect technique

Si l'on a déjà abordé l'efficacité de la CGI (malgré ses limites) pendant le match précédemment, il convient également de souligner la réussite globale du film sur le plan technique.

Malgré quelques personnages moins soignés sur quelques seconds plans (notamment vers les débuts), quelques plans fixes et quelques brefs moments de course répétés sur le terrain, First Touch jouit d'une qualité d'animation on ne peut plus honnête, y compris dans les moments plus axés tranche de vie qui peuvent amener quelques très bons moments d'ambiance, ne serait-ce que quelques fleurs de cerisier qui s'envole doucement, ou encore des jeux de lumière assez nombreux et très soignés, sans oublier la pluie qui (cliché) vient s'abattre dans les moments critiques.

Fidèles au trait d'Arakawa, les designs des personnages se veulent facilement expressifs avec leurs yeux ronds et leur allure haute en couleurs. les décors, eux, sont également soignés et contribuent sans mal à l'immersion. Tandis que les musiques font particulièrement bien le job, que ce soit de manière assez classique dans certains moments plus touchants, ou de façon très bien trouvée dans certains moments intenses, à commencer par l'utilisation du tambour pendant le match qui accentue beaucoup la tension. Difficile de ne pas y reconnaître tout le talent pour susciter des émotions de la part du compositeur, qui avait tant brillé dans ses musiques de Your lie in april.

Enfin, sur le plan de l'adaptation, le film se veut très fidèle au déroulement du manga. Les différences sont rares, mais l'expérience et néanmoins renouvelée par certains choix. Ainsi, si l'on peut regretter le rôle un tout petit peu moins prégnant de certains garçons de l'équipe comme Kaoru et ses petits sentiments, il y a en revanche de quoi être ravi par la mise en valeur plus prononcée du lien entre Nozomi et Namek, au gré de différentes petites scènes de retour dans le passé, ou d'autres instants où le staff a eu l'idée brillante d'entremêler présent et passé, comme si Nozomi retrouvait face à elle, en plein match, le souvenir du Namek qu'elle a connu en primaire.



Pour conclure

Dans l'ensemble, Farewell, My Dear Cramer - First Touch est une très bonne adaptation du manga Sayonara Football, grâce à un résultat aussi emballant que maîtrisé.

Que l'on aime ou non le football, le long-métrage, à l'instar du manga d'origine, possède pas mal d'arguments pour plaire, à commencer par du foot sous sa forme la plus passionnée et bien éloignée des tares de ce sport au haut niveau, une héroïne irrésistible emmenant tout le monde dans son sillage, et un abord touchant et réussi de certaines thématiques, en particulier l'émulation entre Nozomi et Namek.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
MN Actus
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