Mobile Suit Gundam - The Origin - Advent of the Red Comet

Review de l'anime : Mobile Suit Gundam - The Origin - Advent of the Red Comet

Publiée le Lundi, 19 August 2019

L'actualité Gundam en France est particulièrement forte. Tandis que l'éditeur @anime semble accélérer sa sorties des coffrets Blu-ray chez nous, Crunchyroll a profité d'une nouvelle diffusion télévisée au Japon pour ajouter un chapitre supplémentaire à son catalogue. Derrière le titre Mobile Suit Gundam The Origin : Advant of the Red Comet se cache un remontage en 13 épisodes des 6 films sortis au Japon entre 2015 et 2018.
Ces derniers adaptent le segment original rajouté dans le manga Gundam The Origin de Yoshikazu Yasuhiko, adaptation papier et enrichie du tout premier anime Gundam qui s'est payé le luxe de dévier et de raconter les origines du personnage de Char Aznable, et du grand conflit qu'est la Guerre d'Un An. Tandis que les films ont été diffusés sur la chaîne française Clique TV et que les 4 premiers sont proposés chez @anime, avoir accès à l'ensemble de l’œuvre, dans une version simplifiée certes, est un apport bon à prendre et permet de rendre un des meilleurs chapitres animés modernes de Gundam accessible au plus grand nombre.


Les origines de la guerre

La saga Gundam a commencé avec la Guerre d'Un An, dans la toute première série et les trois films récapitulatifs, et The Origin en narre... les origines.

En 0068 du Siècle Universel, la colonie Side 3, aussi connue sous le nom de République Autonome de Munzo, subit le joug de la domination terrienne, à l'instar des autres colonies spatiales. Indépendantiste convaincu, Zeon Zum Deikun est sur le point de déclarer l'indépendance de Munzo avant de mourir, foudroyé par une attaque cardiaque. Proche de Zeon, la famille Zabi prend le relais, mais ces derniers semblent être derrière le décès de Zeon et nourrissent un complot. Les enfants du défunt politique, Casval et Artesia, vont devenir les victimes collatérales de cette machination. Du décès de leur père jusqu'à l'accomplissement de leurs destinées au sein de la Guerre d'Un An, les deux enfants vont passer par bien des épreuves, notamment Casval qui deviendra un jour Char Aznable, la légendaire Comète Rouge.


Pour apprécier l'intrigue, il y a deux cas de figure. Pour ceux qui ont vu au moins la première série Gundam ou les films résumés, l'anime The Origin sera un véritable approfondissement des acquis, tant la série se montre d'une richesse incroyable pour développer et justifier le contexte politique d'origine de la saga, et tout simplement amener les origin-stories de différents personnages phares de l’œuvre.
Puis il y a ceux qui découvriront Gundam par ce biais, et qui pourront apprécier la facette la plus passionnante mais néanmoins la plus méconnue de la licence (en France du moins) : ses intrigues politiques, ses jeux de pouvoirs, et ses personnages d'une profondeur saisissante.

En ce sens, Gundam The Origin, y compris ce remontage au format série télévisée, est un visionnage qui peut être conseillé au plus grand nombre. Si découvrir l'approfondissement que représente la série animée a une saveur particulière quand on connait déjà les personnages et ce qu'ils deviendront, le scénario de The Origin prend aussi en compte les néophytes. Il ne fait pas forcément de références à l'avenir et insiste sur l'époque traitée, rendant ainsi parfaitement clair les enjeux. Plus important encore : elle soulève même très bien les problématiques qui seront décortiquées dans les œuvres survenant après chronologiquement parlant. Pour ceux qui ne voudraient pas se lancer dans Gundam dans une série trop vieillotte, The Origin est un point d'entrée idéal.

Une légende du nom de Casval

Parce que Char Aznable est un des personnages les plus iconiques de la pop-culture japonaise, Gundam The Origin est une œuvre qui a son importance. Outre le fait que les 13 épisodes retracent de manière passionnante l'évolution de la guerre, des enjeux d'indépendances jusqu'au conflit total en passant par les machinations des uns et des autres pour leur permettre d'asseoir leur autorité par le conflit, la série brille aussi par son casting de personnages, et notamment Char. Véritable protagoniste de la série, ce dernier est même la figure centrale exclusive des premiers épisodes qui ont la très lourde tâche de présenter l'enfance du futur homme masqué, et d'expliquer comment il en est venu à prendre une autre identité, tout en développant le caractère qu'on lui connait. Développer ce genre d'origin-story n'a rien de simple, citons par exemple une certaine saga Star Wars qui a divisé son public avec le traitement d'Anakin Skywalker. La comparaison n'a d'ailleurs rien d'anodine puisque The Origin est à Gundam ce que la prélogie est à l’œuvre de Lucas, l'objectif étant de partir du passé d'un personnage clé pour rallier tous les wagons menant à l’œuvre originelle.

Et dans le cas de Char, c'est extrêmement bien fait. D'un gamin ordinaire qui a son tempérament, le chemin de la future Comète Rouge est tracé de manière logique. Char étant amené à devenir un personnage charismatique et sans scrupules par instants, narrer son passer n'avait rien d'une mince affaire, mais Yoshikazu Yasuhiko s'en est sorti à merveille. Et il n'y a pas que Char qui est concerné : chaque personnage voué à avoir une importance dans Gundam est rendu captivant. Il ne faut pas nécessairement connaître la suite pour voir en Artesia une fillette ayant vécu dans un foyer aimant devenir une femme forte suite à une enfance de plus en plus brisée, ou en Amuro un adolescent un peu marginal qui va nourrir un rejet de la guerre à cause des projets de son père. Chaque portrait est passionnant à suivre, y compris chez les pourris de la famille Zabi, et c'est en ce sens que The Origin captive tout le long de ses 13 épisodes.




De bien belles prouesses techniques

A l'instar de Gundam Unicorn, The Origin brille par sa technique. La force du studio Sunrise est, ici, de très bien doser la CGI, utilisée pour les représentations de robots. Ce qui aurait pu devenir le canard boiteux de la série fait presque figure d'atout tant la réalisation utilise parfaitement à ces modélisations 3D, aboutissant à des batailles à couper le souffle.

Et plus globalement, la sensation que la série est issue de films, développés avec un certain budget, se fait constamment ressentir. Tout est beau, tout est fluide, et tout est souvent bien pensé en termes de mise en scène. Il faut dire que le réalisateur de la version film n'est autre que Yoshikazu Yasuhiko, l'auteur du manga du même nom. Qui mieux que lui, qui est aussi bien mangaka que character-designer et metteur en scène, pouvait apporter le meilleur à la version animée de The Origin ?




Une adaptation réussie... mais allégée

En 13 épisodes, Gundam The Origin : Advent of the Red Comet adapte donc les six films, ce qui peut paraître peu. Et effectivement, certaines coupes ont lieu. En ce sens, ceux qui ont la possibilité d'avoir accès aux films n'ont pas à hésiter une seule seconde s'ils veulent découvrir l’œuvre avec son découpage exact d'origine, ou l'intégralité des séquences. Évidemment, ce sont les moments essentiels qui ont été gardés. A titre d'exemple, c'est un instant poignant narrant une confrontation entre Amuro et Frau, suite au début de la guerre, qui est amputée dans ce remontage télévisé. Rien de grave en soi, mais cela constitue toujours un petit apport pour les personnages qu'il est préférable d'avoir si on veut profiter de toute la richesse d'écriture de l’œuvre. Néanmoins, bouder The Origin pour cette raison, surtout si on n'a pas l'occasion d'avoir accès aux films, serait une grave erreur.





Vers la Guerre d'Un An

Par son statut particulier, The Origin est une série qui se suffit difficilement à elle seule. Ceux qui découvrent Gundam ou le Siècle Universel auront forcément envie de savoir ce que nous prépare ce grand prologue de 13 épisodes. Et des suites, Gundam n'en manque pas : les films Mobile Suit Gundam, Zeta Gundam, Gundam ZZ puis le film Gundam : Char contre-attaque... The Origin n'est que le premier morceau, bien que récent, d'un long cycle !

La série, belle, passionnante et intelligente, n'est qu'un fargment d'un grand univers. Ceux qui connaissaient déjà ces suites auront de quoi être comblés par la qualité d'un tel retour dans le passé, tandis que ceux qui découvrent auront la joie de pouvoir apprécier bien d'autres œuvres aussi denses, mais témoignant aujourd'hui de leur âge. Malheureusement, on pourrait difficilement conseiller le manga d'origine, celui qui a inspiré ce court anime. Bien que proposé en France aux éditions Pika, celui-ci est un calvaire à trouver en ce qui concerne les premiers volumes, et l'éditeur n'a jamais fait de vrais efforts pour lui permettre de se faire une place dans les librairies sur le long terme. Dommage.
 

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17.5 20
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News