Girls' Last Tour - Actualité anime

Girls' Last Tour

Review de l'anime : Girls' Last Tour

Publiée le Lundi, 28 January 2019

Pour Chito et Yuuri, la survie est quotidienne. Elles errent sans réels buts à travers les vestiges silencieux de la civilisation à bord de leur Kettenkrad, une autochenille allemande de la Seconde Guerre mondiale. Nous suivons donc leur périple au jour le jour ainsi que leurs étranges rencontres dans la métropole fantôme.



Girls Last Tour est à l’origine un manga en six volumes écrit et illustré par Tsukumizu. D’abord paru chez Shinchosha à partir du 14 février 2014, le titre trouve une parution internationale avec Yen Press.
Toujours inédit en France, le manga trouve sa conclusion le 12 janvier 2018.


S’agissant de son adaptation animée, c’est le studio White Fox (Steins;Gate, Goblin Slayer) supervisé par Takaharu Ozaki qui a produit les 12 épisodes de la série. Diffusée entre le 6 octobre et le 22 décembre 2017, Wakanim proposera la série en simulcast en France.



Une survie / tranche-de-vie

A la recherche de vivres ou d’un toit pour s’abriter du froid, Chito et Yuuri, équipées de casques, d’une autochenille et d’un fusil, sont en constant mouvement. Elles prospectent un endroit, prennent ce dont elles ont besoin pour survivre puis repartent dans leur périple sans fin. C’est en tout cas leur quotidien au cours des premiers épisodes de la série. Leur routine est alors rattrapée par la dure réalité, la quasi-totalité de l’humanité a disparue, elles survivent seules face à un monde vide, silencieux mais plongé dans des dangers constants. Pourtant « Chii » et « Yuu » ne se tracassent pas tant que ça de leur situation ; pour Yuuri plus d’accoutumée puisque son côté naïf la rattrape constamment. Pour elle, la survie se limite à se nourrir. De ce fait elle trouve l’habitude de Chito d’écrire constamment leurs pérégrinations dans un journal inutile. Mais lorsque sa survie où celle de sa comparse est menacée elle n’hésite pas à intervenir. Chito quant à elle reste peu loquace mais comprend rapidement la gravité d’une situation. Véritable cerveau de l'équipe, elle prend les décisions et reste habile de ses mains s'agissant de mécanique.



Durant leur voyage à travers la métropole déserte d’animation, elles rencontreront quelques survivants toujours plus farfelus les uns que les autres. Ces derniers vont partager volontiers leurs histoires, passions et doutes de l’avenir pendant le court moment où ils partageront le quotidien de nos protagonistes. Chacune de ses rencontres humanise durant leur voyage sans but nous permet d’en apprendre toujours un peu plus sur l’origine du cataclysme qui a brusquement éteint toute vie humaine. Cependant leurs différentes haltes, bien que parfois dangereuses, sont synonymes d’havre de paix dans lesquels elles reprennent les forces nécessaires à continuer leur périple. A cet égard ces scènes reposantes apportent un ton léger et apaisant à la série, capable de nous décrocher un sourire de compassion pour la difficile survie de Chito et Yuuri. On sera aussi surpris de la douceur des dialogues, raison intrinsèque de l’adaptation du manga originel, peu de dialogues lourds sur l’origine de l’apocalypse, mais davantage de petits dialogues autour des questions primordiales sur la survie des protagonistes ou bien de quelques digressions philosophiques lancées par Yuu et rapidement évincées par Chii-chan.



Contemplation de l’apocalypse


Ne pensez pas trouver de l’action dans Girls Last Tour, bien qu’il présente à certains moments quelques scènes énergiques, la majorité de l’animé reste dans la contemplation. La raison ? L’adaptation logique du manga original qui insiste sur les scènes muettes du voyage de Chito et Yuuri. Le Kettenkrad traverse une rue déserte, nos protagonistes profitent d’un moment pour se reposer ; en somme on étire les scènes pour faire tenir les 4 volumes adaptés dans 12 épisodes. Pourtant ce n’est pas un défaut en soi puisque la longueur de certaines scènes permet de nous imprégner de l’ambiance de celle-ci ; voir Chii et Yuu s’éterniser dans un hypothétique appartement débordant de leurs désirs renforce la solitude de ces dernières à vivre par leurs propres moyens ; ou bien assister à leur fournée de biscuits maison dans une usine agroalimentaire en ruine est autant émouvant par l’étonnant calme que la scène provoque mais rappelle aussi de doux souvenirs à nos personnages qui ont dû quitter des êtres chers au moment de l’apocalypse. Celle-ci reste abondamment présente dans le cadre, on retrouve des chars d’assaut japonais de la Seconde Guerre mondiale et des bombardiers à hélices côtoyés un sous-marin nucléaire et des automates géants inertes.



L’animation de White Fox est correcte, elle donne même de la profondeur au manga qui reste très graphique, dans un style rappelant Beyond the Clouds. L’un des atouts de cette adaptation est évidemment le mouvement du Kettenkrad qui traverse les nombreux défis que réserve la ville fantôme. L’adaptation respecte cependant l’œuvre originale dans son ensemble et principalement les choix artistiques de Tsukumizu tel les visages chibi modelables de Chito et Yuuri ou de certains points précis lors de moments critiques pendant le voyage. Tout est fait pour accentuer la contemplation du paysage, propre mais vide de vie, dans lequel évolue nos personnages, entre les jeux de lumière des lampadaires, les nuits étincelantes d’étoiles ou l’oppression du vide, ces petits détails parviennent à renforcer l’atout principal de la série, à savoir l’ambiance.





Une large palette d’émotions soutenues par la bande-originale

Cette ambiance très particulière d’une survie ponctuée de moments tranche-de-vie est habilement accompagnée d’une bande-originale de qualité. Signée Kenichiro Suehiro, cette dernière est juste sur de nombreux tableaux. Des morceaux calmes et mélancoliques pour les passages de contemplation à des sonorités plus intrigantes comme le passage sous la pluie d’une grande poésie, l’OST de Girls Last Tour apporte les émotions au bon moment et nous transporte dans ce florilège de bonnes humeurs.



En somme Girls Last Tour nous invite à suivre un voyage peu commun, sur la découverte de paysages éclectiques, de moments particuliers qui résume la douceur de partager ledit moment avec une personne chère alors que la solitude nous guette à chaque instant. Cette poésie, délicieusement soutenue par sa bande-originale, donne une expérience véritablement doux/amer car s’entrechoque la découverte d’un monde vide peuplé de deux filles et de leur autochenille qui retardent inlassablement leur destin funeste.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
SerGalaad

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MN Actus
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