Dragon Ball Super - Actualité anime

Dragon Ball Super

Review de l'anime : Dragon Ball Super

Publiée le Lundi, 26 March 2018

A l'heure où Son Gokû est à l'honneur dans la nouvelle campagne promotionnelle de Macdonald, il semble ne plus être utile de présenter Dragon Ball, œuvre qui s'est ancrée dans la pop-culture à l'instar de Star Wars et autres grandes franchises.

En 2009 démarre un projet visant à redonner une jeunesse à l'une des plus populaires œuvres de la fiction japonaise : Dragon Ball Kai (renommé Dragon Ball Z Kai chez nous). Remaster de la saga Z avec exclusion des multiples rallonges et des filers pour rester fidèle au manga, la série s'arrête après l'arc Cell, ce qui permettra à Dragon Ball de revenir encore plus fort quelques années après, avec la remasterisation de l'arc Majin Boo et, surtout, le film Battle of Gods, suite directe de la partie finale du manga (mais qui se déroule avant l'épilogue de la série). Cette politique de revival atteint son point culminant en 2014-2015 avec l'annonce du film La Résurrection de 'F', suite de Battle of Gods, et, surtout, d'une série animée inédite : Dragon Ball Super. Le monde est en extase car de nouveau, ils pourra suivre les aventures de Gokû, semaine par semaine.





Dragon Ball Super démarre début juillet 2015, une semaine après le dernier épisode de Dragon Ball Z Kai, preuve de la volonté de Toei d'ancrer cette nouvelle série comme une suite. Une suite, oui, car contrairement à Dragon Ball GT, l'intrigue globale est cette fois écrite par Akira Toriyama. Le Maître n'est pas le scénariste de l'anime à proprement parler, il ne fait que fournir des character-designs et les grandes pistes de chaque arc, libre alors aux équipes de l'anime de l'interpréter comme bon leur semble, ce que va aussi faire Toyotaro de son côté pour la version manga, expliquant les différences entre les deux supports.

L'histoire de Super a dérouté ceux qui ont suivi les dernières productions dans le sens où les premiers arcs sont des réécritures des deux films qui ont précédé. La série démarre alors par l'arrivée de Beerus, le dieu de la destruction, en quête du fameux Super Saiyan God (ou Divin selon la traduction française) qu'il a aperçu en rêve. Seulement, les Saiyan sont presque tous morts, aussi Beerus va devoir s'intéresser à Gokû et ses compagnons, les derniers survivants de l'espèce...





Une nouvelle vision d'histoires que les fans ont découvert peu de temps auparavant... La formule de base de Dragon Ball Super n'a pas été du goût de tous, mais a permis à tout le monde de prendre le train en marche, même ceux qui n'avaient pas vu les derniers films. Ils faut le reconnaître, Dragon Ball Super a eu des débuts laborieux, surtout avec ces deux premiers arcs qui proposent des éléments très similaires aux films, avec quelques modifications ou rajouts par-ci par-là, mais sans plus. Ceux qui connaissent les histoires de l'arrivée de Beerus et du retour de Freezer n'ont pas été dépaysés. Mais, au-delà de ça, c'est surtout la qualité de la production qui est largement discutable dans les débuts de Dragon Ball Super. Outre une qualité graphique allant du correct au pitoyable pour une telle franchise, c'est surtout la mise en scène plate, l'animation molle et les chorégraphie de combat parfois peu inspirées qui font rugir au visionnage des deux premiers arcs. Aussi, le retour aux sources peu avoir du mal à passer. Les combats aux enjeux forts sont associés à quelques gags, créant un certain fossé avec les dantesques combats contre Cell et Boo qui, eux, étaient largement plus dramatiques (quand bien même Toriyama s'était permis quelques touches d'humour sur Boo). Un départ en demi-teinte pour Dragon Ball Super, mais la suite relèvera le niveau.





S'en suivent trois arcs, trois morceaux inédits qui laissent place à des histoires nouvelles : l'arc du dieu de la destruction Champa, l'arc Trunks du futur, et l'arc de la survie de l'univers. Malgré des débuts laborieux, il fallait reconnaître à Dragon Ball Super le développement intéressant de la mythologie de Toriyama avec les dieux de la destruction et l'existence des douze univers. Des intentions de développement qui marqueront les trois arcs suivants qui feront toujours appel à cette mythologie élargie. L'arc Champa présente le concept d'univers miroir avec l'existence de l'univers 6, l'arc Trunks du futur utilise ce concept des dieux pour questionner leur rôle et apporter un méchant étonnamment fouillé pour du Dragon Ball, tandis que l'arc de la survie de l'univers mettra en scène la totalité des divinité à travers une battle royale qui marquera presque l'apogée de la plus grande quête de Gokû : sa recherche de puissance pour être le plus grand guerrier qui existe. En découle alors une douce transition vers un Dragon Ball plus sérieux : le tournoi entre les univers 6 et 7 propose un peu d'absurde mais intègre des pistes intéressantes (le lien maître/élève entre Vegeta et Cabbe, par exemple) et une ambiance plus proche des Tenkaichi Budokai qui ont fait les belles heures du premier cycle du manga. L'arc Trunks du futur marquera un retour à une ambiance sérieuse, rappelant sans mal la saga des cyborgs, là où l'arc de la survie de l'univers tentera d'instaurer un enjeu colossal avec la potentielle destruction des univers participant à la compétition.





Dans les intentions de chaque arc, tout n'est pas réussi comme tout n'est pas foiré. Le tournoi des univers 6 et 7 ne raconte rien de particulier, sauf pour Vegeta et Gokû, l'un trouvant un disciple et l'autre un rival en la personne de Hit. L'idée est surtout de proposer des affrontements souvent amusant, avec quelques rebondissements et une petite dose d'épique sur la fin.

L'arc Trunks du futur est sans doute le plus ambitieux. Outre l'idée de faire revenir l'un des personnages les plus populaires du manga, cette partie permet d'apporter une autre dimension au cours de l'histoire que Trunks a changé, le tout en présentant un adversaire non-manichéen, ce qui est assez rare dans Dragon Ball. C'est aussi à partir de là que la qualité technique de la série a grimpé en flèche. Si les épisodes de l'arc précédent étaient déjà plus potables, l'arc Trunks du futur réserve de très bonne séquences de combats, et quelques épisodes à l'animation et à la mise en scène étonnante, voire rare pour un anime fleuve. Toei Animation donnait enfin les moyens à la série de réussir et, étant donné le scénario complexe et passionnant de cette partie de l'histoire, l'arc Trunks du futur est sans doute la pièce maîtresse de la série, à défaut d'être l'arc le plus long.

Dragon Ball Super ayant créé le débat et divisé les fans dès le départ, la série a réconcilié pas mal de monde à partir de cet arc, à juste titre. On regrettera peut-être un scénario faisant parfois office de remplissage (les allers et retours incessant entre les deux époques créant quelques ruptures) mais d'une manière globale, l'arc Trunks du futur a captivé, notamment par son antagoniste, et a eu l'audace de planter une conclusion qui n'a rien d'un happy end.





En 2017 démarre la partie finale de la série : l'arc de la survie de l'univers. Encore une fois, l'intrigue globale de l'arc a de quoi faire saliver, celui-ci consistant en une battle royale entre univers avec, à la clé, la survie d'un seul d'entre-eux. Dans ses intentions, l'arc est teinté de bonnes idées : retour de personnages laissés en retrait depuis longtemps, étendre l'univers de la série en présentant les divinités et de nombreux guerriers, et la présentation de ce qui semblera être le pouvoir ultime de Gokû face à un rival dont la puissance surpasse même celle des dieux : Jiren.

Sauf que... l'arc ne racontera pas grand chose au final. Ceux qui se contentent de la bagarre bien dosée dans Dragon Ball passeront un bon moment devant cet arc qui n'en manque pas. On a même droit à des séquences assez épiques, des instants d'animation somptueux servis par la crème des animateurs de Toei Animation (parmi eux, Yûya Takahashi et Naotoshi Shida), et des épisodes à la réalisation riche en bonnes idées par moments. La démesure marque progressivement cet arc qui, globalement, fait office de bon spectacle, mais ne va malheureusement pas au-delà.





Les personnages ont toujours été importants dans Dragon Ball, nombre d'entre-eux ont évolué au fil des tomes, que ce soit Piccolo qui s'est adouci en s'attachant à Gohan, ce dernier qui, malgré son potentiel, délaissa totalement le combat pour sa carrière et sa famille, et évidemment Vegeta, cet ancien responsables de génocides qui a aussi découvert la joie d'avoir une famille et des êtres à chérir. Vegeta reste assez fidèle à cette évolution puisque le personnage, tout en gardant son caractère grincheux, continue de se montré attaché à sa femme et son fils, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre sa quête de puissance. On pardonnera alors ses instants guignolesques au début de la série qui semblent être un délire de Toei Animation plus qu'autre chose. D'autres figures parviendront à se démarquer : Kame Sennin et, de manière extrêmement surprenante, C-17. Là est la qualité majeur de l'arc de la survie de l'univers qui a su développer de manière intelligente et touchante des personnages très secondaires, qu'on ne s'attendait pas à voir revenir sur les devants de scène. Une intention qui aboutit à de très bon épisodes en terme d'écriture mais qui ne suffisent pas à créer une histoire captivante pour cet ultime arc.

Ce dernier a, en effet, enchaîné les frustrations : Un Gohan qui n'a finalement pas plus brillé que ça et aura simplement montré une volonté de combattre aux côtés de son père, mais sans plus. Krilin et Tenshinhan auront été de vulgaires figurants, là où même C-18 aura eu d'excellentes interactions avec son frère jumeau. L'arc en question présente aussi Jiren, nouvel adversaire de Gokû qui, dans la version Toei, sera développé de manière très bâtarde. Son background est expliqué mais s'avère basique sans être plus décortiqué que ça, son seul intérêt viendra alors dans ses idéaux opposés à ceux de Gokû, un aspect du scénario qui ne sera montré qu'à deux épisodes de la fin.

On gardera globalement en tête toutes ces bonnes idées qui peinent à être exploitées : les autres combattants ne sont pas forcément développés, les guerriers de l'univers 2 s'ancreront dans le pur délire de Toriyama mais casseront finalement plus la dynamique qu'autre chose, tandis que les Saiyan de l'univers 6 partiront d'excellentes intentions mais soufreront de power-up plus que hasardeux, par simple nécessité de les opposer à Gokû et Vegeta.

Finalement, en terme de personnages, le gros bémol viendra de Gokû. Bien que simplet, celui-ci avait largement muri dans les derniers arcs du manga, faisant office de père luttant pour sa planète pour que pour lui. Dans Dragon Ball Super, ce sera presque l'inverse puisque le personnage agira souvent comme un ahuri agissant seulement pour lui. Heureusement, la toute fin sera un retour aux sources, mais cela n'effacera pas l'idée d'un Gokû ahuri pendant une grande partie de la série.





Dernier point techniques, la bande originale de Norihito Sumitomo qui fera souvent son travail, sans tellement allez au-delà. On ressent chez le compositeur une envie de partir vers des mélodies vintage pour créer une sensation de nostalgie, au détriment de musiques qui resteront en tête. A partir de l'arc Trunks du futur, la bande-originale se montre plus constante, créer quelques thèmes qu'on attribuera aux personnages ou aux histoires, notamment parce que le tout se montre plus lourd , intense et dramatique. En terme de musique, il sera difficile de ne pas évoquer le très épique second générique d'ouverture signé Kiyoshi Hikawa, chanteur enka à l'origine, et à l'insert-song Kyûkoku no Sensen d'Akira Kushida, un thème endiablé qui sera joué dans la seconde partie de l'arc final.





Finalement, que retenir de Dragon Ball Super ? Simple tentative pour faire revenir la saga au grand jour et créer du marchandising, ou véritable œuvre qui a des choses à dire ? Très certainement les deux. Dragon Ball étant une licence juteuse, Dragon Ball Super a permis de recréer un engouement incroyable autour de l’œuvre d'Akira Toriyama, et de multiplier l'effet de la production de produits dérivés. En terme d’œuvre, animée dans le cas présent, DBS a ses grosses limites : des personnages traités parfois par-dessus la jambe, une qualité technique qui peinera à devenir correcte pour une si grande licence, et plus globalement de très bonnes idées qui n'ont pas été servi par des histoires convaincantes (arc Trunks du futur mise à part). Pourtant, Dragon Ball Super a son identité, a développé de manière convaincante quelques personnages, a largement étoffé l'univers, et a proposé son lot de moments forts. A terme, la série ne sera peut-être pas aussi décriée que GT, mais on retiendra très certainement une grande frustration à l'idée d'une histoire pas toujours bien exploitée. Il faut dire que le fait que Toriyama n'écrive que quelques grandes ligne n'aide pas, toute l'histoire de l'anime n'étant donc pas de son fait, et les visions des différents scénaristes s'entrechoquent souvent pour créer des épisodes aux directions parfois opposées les unes des autres.





Il convient aussi de parler de la série dans son traitement en France, à savoir pauvre. Une diffusion sur Toonami (chaîne payante à laquelle tout le monde n'a pas accès), puis une diffusion sur la TNT, et aucune sortie DVD et Blu-ray à ce jour. Une politique incompréhensible donc, peut-être due aux exigences de Toei Animation, mais qui n'aura pas permis à la France de vivre pleinement l'engouement là où les États-Unis ont eu droit à un simulcast via leur version de Crunchyroll.

A la fin de la diffusion de la série, le marketing semble enfin décoller un peu chez nous : le manga se poursuit à rythme régulier chez Glénat, Panini a sorti un album de stickers, quelques jouets sont disponibles dans les surfaces spécialisées, et les cartes à jouer et à collectionner commencent à paraître. Mais sans sortie DVD et Blu-ray forte, Dragon Ball Super garde une aura un peu mystique, presque inaccessible, à l'heure où il est facile de se procurer et dévorer les trois premières séries animées. A noter que l'absence de format vidéo chez nous est encore plus absurde quand on sait qu'en Europe, les coffrets ont commencé à sortir depuis belle lurette. Mais peut-être que la politique Toei n'est pas la même partout, rappelons que le siège sociale de Toei Europe est situé chez nous, à Paris...

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

13 20

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