Asobi Asobase - workshop for fun - Actualité anime

Asobi Asobase - workshop for fun

Critique de l'anime : Asobi Asobase - workshop for fun

Publiée le Lundi, 08 Octobre 2018

L'animation japonaise nous offre de temps en temps des œuvres qui se réapproprient la bonne vieille recette tranche de vie scolaire/comédie sur un ton plus décalé, et/ou avec un pitch de base original, à l'image de Tonari no Seki-kun, l'un des plus fiers représentants de ces dernières années dans ce registre. Basée sur un manga (inédite en France) de Rin Suzukawa publié au Japon depuis 2015 aux éditions Hakusensha, la série en 12 épisodes Asobi Asobase fait partie de celles-ci.


Diffusée durant cet été en simulcast vostf sur la plateforme Crunchyroll, l’œuvre a été produite par le studio Lerche (School-Live!, Minuscule, Radiant...) et réalisée par Seiji Kishi (Radiant, Assassination Classroom, Angel Beats!...). Le character design a été assuré par Keiko Kurosawa (Scum's Wish, Re:Hamatora...), tandis que les musiques ont été composées par Masato Kôda (KonoSuba, Radiant, Knight's & Magic...).


La série nous propose de suivre les péripéties de Hanako, Kasumi et Olivia en tant qu'uniques membres du cercle des joueuses, un cercle qu'elles ont été amenées à créer ensemble dans leur collège un petit peu par un concours de circonstances. Elles s'y adonnent volontiers à divers petits jeux, comme le bilboquet, le jeu de l'oie revisité ou divers jeux de mains, quand elles ne se contentent pas de glandouiller. Mais dans tous les cas, chacune de leurs petites aventures quotidiennes est vouée à partir complètement en vrille, que ce soit à cause de leur caractère farfelu ou de l'irruption de personnages secondaires un peu fumés.


Cette comédie se repose sur un schéma très simple: chaque épisode de 24 minutes se divise en trois ou quatre parties adaptant chacune un chapitre du manga original, et proposant une nouvelle péripétie forcément vouée à partir en cacahuète. L'une des qualités de l'oeuvre est de souvent partir d'une situation un peu anodine (comme un simple jeu a priori inoffensif, les examens, les petits complexes des filles, une discussion avec la prof, l'irruption d'un personnage secondaire, le besoin de montrer que le club est utile pour que les filles ne perdent pas leur salle dédiée) pour ensuite souvent la faire dévier vers des rebondissements improbables, le tout en quelques minutes seulement ! Ainsi, par exemple, ne vous étonnez pas si un simple jeu de lancer de chaussures entre nos héroïnes et le club de shôgi se finit en accident avec de multiples fractures, ou si un jeu de l'oie "fait maison" contraint les adolescentes à subir des gages aussi humiliants que débiles..


Tel est le concept de cette série qui, dans l'ensemble, prête très souvent à sourire ou à rire de par la manière dont tout part en vrille. On pourra quand même regretter que, sur la longueur, l'oeuvre perde parfois trop de vue son concept de base, à savoir les petits jeux, ou qu'elle joue trop sur certains petits éléments un peu plus lourds ou répétitifs (par exemple, le complexe qu'a Hanako sur sa poitrine toute plate est drôle 5 minutes, surtout face à Kasumi qui est généreusement pourvue, mais les fois suivantes ça se renouvelle très peu en jouant uniquement sur un comique de répétition). Mais dans l'ensemble, Asobi Asobase parvient à jouer sur des créneaux d'humour assez différents, en pouvant varier entre le simplement débile, des personnages malmenés, un côté gentiment trashouille (comme quand un adolescent du collège pour garçons est laissé pour mort dans un état déplorable) ou irrévérencieux... La série se permet pas mal de petites choses qui la rendent souvent assez savoureuse.


Mais le concept d'Asobi Asobase ne serait pas aussi plaisant s'il n'était pas porté par une galerie de personnages lui faisant honneur, et de ce côté-là c'est quasiment du tout bon ! A commencer par le trio d'héroïnes, qui campent toutes excellemment leur rôle. Jeune fille sérieuse en cours et bien sous tout rapport, Kasumi possède pourtant ses petits défauts, comme une nullité totale en Anglais ou une tendance à péter un peu un câble quand elle perd aux jeux. Elle possède également ses petits secrets inavouables, comme sa passion pour le boy's love (elle en fait elle-même et a peur d'être découverte), sa crainte des hommes, ou son complexe vis-à-vis de sa généreuse poitrine. Olivia, elle, est une ravissante métisse nippo-américaine qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas: elle fait croire qu'elle vient d'Amérique, mais est la plus nulle de toutes en Anglais, ce qui lui jouera quelques tours. Et sous ses allures de jeune fille magnifique, elle recèle pourtant un goût pour les jeux vidéo bizarre ou sanglants, et des petits problèmes dont elle n'a parfois pas conscience comme ses aisselles puantes (si si). La plus dérangée (et donc la meilleure) reste toutefois Hanako, fille d'une famille riche qui, pour autant, n'a pas vraiment de bonnes manières. Souvent à l'origine des instants qui partent en vrille, la demoiselle est bourrée de défauts, allant de la jalousie à une tendance à avoir des idées foireuses, en passant parfois par un "mépris" des autres, sa nullité complète aux jeux (elle perd tout le temps, dès qu'elle joue), une fierté qui apparaît sans raison, une tendance à vite partir dans l'hystérie, un coté fleur bleue idiot et bien d'autres choses.


Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Certains sont très classiques, comme l'inquiétante membre du club d'occultisme, mais la plupart d'entre eux bénéficient d'un caractère allant du rigolo au savoureux. En tête, impossible de ne pas retenir Maeda, le domestique de Hanako, avec sa tendance à débarquer à l'improviste au point de faire flipper nos héroïnes, ses histoires très bizarres (comme celle affirmant qu'il peut tirer des lasers avec ses fesses... le bonhomme ayant d'ailleurs un petit problème avec son popotin), ou la façon dont il est traité par sa jeune maîtresse (il a beau être obsédé par elle, elle se fiche royalement de lui, au point de ne pas connaître son nom et de l'appeler Truc)... le mieux étant qu'il reste souvent très calme et sobre en toute circonstance ! On peut aussi évoquer l'enseignante vieille fille, très gentille mais un peu dépassée, la vice-présidente du conseil qui est à des années-lumière de la fille sérieuse (elle se maquille à fond pour aller choper les mecs du collège pour garçons)... Il y en a pas mal d'autres, qui apparaissent plus ou moins longuement, parfois le temps d'une histoire.


Une série de ce genre avait besoin d'une réalisation assez spécifique, et le staff ne s'y est pas trompé, à commencer par ce qui relève du design des personnages. Le manga d'origine est assez réputé pour son style artistique assez personnel, avec des traits assez irréguliers et jouant beaucoup sur les expressions faciales improbables. Dans l'anime, le character design peaufine tout ça, affine le trait dans un rendu plus léger voire mignon... mais en ne trahissant aucunement les bases du dessin du manga. Ainsi, l'anime a heureusement bien conservé les mimiques souvent impayables, exagérées ou déformées, des personnages quand les situations partent en vrille, et certaines bouilles s'avèrent vraiment hilarantes (notamment chez Hanako, comme on peut s'en douter), à condition d'aimer ce style bien sûr. La réalisation globale est tout à fait satisfaisante pour une comédie de ce genre: il ne faut pas s'attendre à d'énormes prouesses techniques (ce qui n'a pas forcément d'intérêt dans un anime de ce genre), mais plutôt à un bon sens de la mise en scène et du rythme, tout se voulant vraiment au service de l'humour. Qui plus, chacun des comédiens de doublage est parfaitement dans son rôle, ce qui était crucial pour un anime se reposant autant sur les caractères. Les musiques, elles, se contentent d'accompagner les événements sans grosses prises de risque, et en se faisant peut-être parfois un peu répétitives. Soulignons, enfin, les excellents génériques, qui sont complètement dans le ton de l'anime: un opening tout doux avec nos mignonnes héroïnes qui chantent en robe blanche, et un ending où ça part joyeusement en vrille avec les trois demoiselles s'excitant sur leurs instruments sur une musique hard rock, le tout dans un style visuel assez excellent.


A condition d'aimer le genre d'humour qu'elle propose, Asobi Asobase s'avère être l'une des très bonnes surprises, un peu inattendues, de la saison estivale côté comédies. La série doit beaucoup à sa palette de personnages (les trois héroïnes en tête, bien sûr), à la manière dont les situations peuvent partir en vrille, et à sa façon de jouer avec certaines limites. Bien sûr, sur la longueur la série s'essouffle parfois le temps de quelques petites histoires, mais la réalisation, au service de l'humour, sait toujours dynamiser les choses comme il se doit afin d'offrir une comédie qui peut séduire d'un bout à l'autre.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
MN Actus
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