Fullmetal Alchemist - Hagane no Renkinjutsushi - Drama manga

Fullmetal Alchemist - Hagane no Renkinjutsushi

Critique du drama

Publiée le Vendredi, 23 Febuary 2018

Les adaptations en prise de vue réelle de mangas et d’œuvres animées ont le vent particulièrement en poupe en ce moment, aussi bien du côté des Japonais que chez les Américains. Jojo's Bizarre Adventure, Erased, Death Note, prochainement Sword Art Online... Les studios semblent avoir flairé un bon filon et si cela fait maintenant un moment que les adaptations live existent, la volonté de transposer avec des acteurs faits de chair et d'os des œuvres populaires se faire ressentir.

L'un des projets qui a fait parler de lui est la version live nippone de FullMetal Alchemist, best-seller de Hiromu Arakawa, par la réalisatrice Fumihiko Sori.
Sorti en février 2017 au Japon, c'est un an plus tard que le film fut rendu accessible, sur la plateforme Netflix. Adapter un titre de cette ampleur, brillant de deux adaptations animées de grande qualité, n'était pas chose aisée et si la réalisatrice se voulait rassurante quant à la fidélité de l'adaptation, il en fallait plus pour convaincre les fans. Alors, énième ratage, ou élan d'espoir pour les adaptations live ?



L'intrigue de ce nouveau FullMetal Alchemist ne change pas du manga original, et des deux anime. Edward et Alphonse Elric, deux alchimistes en herbe, vont payer le prix fort lorsqu'ils tenteront de ressusciter leur mère, décédée de maladie. Al voit se voit absorbé dans la tentative de transmutation humaine, mais Al parvient à sauver son âme en la greffant à une armure vide... au prix d'un bras et d'une jambe, qu'il a remplacé par des prothèses mécaniques.
Des années plus tard, Ed est devenu alchimiste d'état, et ses particularités physiques lui valent le surnom de « FullMetal Alchemist ». Son choix de carrière n'a rien d'anodin puisqu'en devenant un larbin de l'armée, il peut avoir accès à des informations qui le mèneront à la Pierre Philosophale, unique moyen pour que lui et son frère retrouvent leurs corps...




Un scénario qui ne change donc pas par rapport à l’œuvre d'origine de Hiromu Arakawa, et c'est justement ce qui va déranger tout le long du film. Une très grande partie de cette adaptation live se résume à une retranscription de scènes phares de la première partie de l’œuvre papier, avec une tentative de relier le tout par un scénario un poil décousu. Dans une adaptation live, le respect par rapport à la série mère est une question qui se pose automatiquement. Ici, le respect se traduit par une volonté de satisfaire les fans purs et durs de la saga, en transposant des moments clefs et connus des adaptes en prise de vue réelle, afin que la sauce du manga soit aussi celle du long métrage. On pourra donc se réjouir de retrouver ces scènes clefs, au détriment de toute originalité de la part du scénario. Car on devine sans mal la tournure de l'histoire dès qu'une séquence est engagée, seule la réalisation sera donc à apprécier.



C'est aussi au détriment du scénario global, car le tout est relié par un semblant de fil directeur très maladroit. Clairement, les enjeux du film demeurent assez vagues, les objectifs de certains personnages ne sont jamais exposés, et certains d'entre eux ne sont même pas présentés en bonne et due forme. Le film semble partir du principe que le spectateur a automatiquement lu le manga ou vu les anime, ce qui est une grave erreur. Aussi, les néophytes seront parfois un peu perdus, ne comprendront pas forcément l'univers ni les enjeux de l'histoire. A titre d'exemples, les Homonculus se content de jouer les vilains et s’il est plusieurs fois fait mention de la guerre d'Ishval, le scénario n'expliquera jamais rien de ce conflit, chose pas forcément facilitée par l'absence du personnage de Scar. On notera, aussi, un antagoniste un peu sorti du chapeau, un personnage inédit attachant au premier coup d'oeil, mais qui ne sera jamais vraiment exploité, et se contentera de jouer au machiavélique chef militaire hyper caricatural.



Pourtant, malgré ces défauts, difficile de voir ici un ratage complet, le fait de retrouver une certaine fidélité au récit originale permettant de passer un bon moment. On parlait précédemment de l'importance de la réalisation sur une adaptation qui jouerait tant la carte de la fidélité, quitte à perdre les spectateurs non initiés au FullMetal Alchemist, et ce n'est pas vraiment là-dessus que le film se rattrapera. La réalisation de Fumihiko Sori demeure assez plate et inexpressive. Quelques tentatives de souligner l'atmosphère lourde lors de certains plans est présente, mais n'honorent que rarement leurs intentions. Il faut dire que la qualité des effets spéciaux n'aide pas toujours, malgré quelques effets qui ont parfois une certaine allure (la première scène d'action est peut-être la plus réussie). Alphonse a un rendu très mécanique, l'importance du budget autour de sa réalisation en CGI le forçant à ne faire que peu de mouvements, tandis que d'autres effets frôlent le kitsch.


Le personnage de Gluttony, dont le pouvoir est similaire à celui du manga, est à mourir de rire quand il passe en mode gloutons, une forme qui semble sortir d'une cinématique de jeu vidéo. La palme reviendra à l'armée d'ennemis finale, ahurissante pour son aspect plastique, soulignant le ratage de l'arc final qui ressemble à un filler médiocre. Pourtant, difficile d'être colérique envers le film, on sent une réelle intention de créer du spectaculaire avec les moyens du bord, mais le rendu fait passer le film pour un nanar, ce qui veut au moins dire que le tout reste sympathique.



Il restera alors la direction de certains acteurs, plutôt réussie et aidant à s'attacher à certains personnages. En tête, Dean Fujioka (acteur, mais aussi chanteur puisque, pour anecdote, on lui doit le générique d'ouverture de Yuri !! on Ice) qui campe un Mustang fidèle et assez charismatique, et Ryuta Sato (Koichi Kawato dans Rookies et prochainement Yaichi dans la version live du Mari de mon frère) demeure, comme à l'accoutumée, un excellent acteur doué pour les personnages attendrissants, qui sait ne pas en faire trop et rester crédible.


Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de Ryosuke Yamada (armé de son cosplay low-cost et sa perruque au rendu dérangeant) dont les expressions semblent parfois en décalage avec don personnage d'Edward, tandis que Tsubasa Honda est dans l’exagération la plus totale dans son interprétation de Winry, si bien qu'on croirait voir un personnage d'anime purement transposé en prise de vue réelle... Un casting en demi-teinte, donc, pas catastrophique, mais parfois entaché par des acteurs qui peinent à convaincre.



S'il y a une vraie surprise du côté du casting, c'est bien le doublage français. L'excellente idée, histoire de conserver l'identité de la saga, a été de ramener certains comédiens majeurs des deux séries animées. Ainsi, on retrouve avec une certaine joie Arthur Pestel et Audrey Pic dans les rôles d'Ed et Al, les deux comédiens n'ayant pas de mal à retrouver les personnages, d'autant plus qu'Arthur Pestel s'est toujours montré attaché à Edward.


Même constat pour Martial Le Minoux qui redonne à Roy Mustang son charisme à travers sa prestation. Suzanne Sindberg s'avère être une petite surprise dans le rôle de Lust puisqu'elle lui confère un timbre plus doux par rapport aux anime, ce qui correspond assez bien au côté femme fatale du personnage. Certains comédiens s'avèrent nouveaux dans la saga, on notera par exemple Marie Diot pour Winry et Thierry Armor pour Hughes, tous deux s'en sortant très bien et ont compris rapidement le tempérament de leurs personnages.



Au final, que retenir de ce FullMetal Alchemist ? Doit-on le mettre de côté, ou s'en souvenir comme une adaptation sympathique ?


Malgré ses grosses lacunes scénaristiques (qui pourront être comblées dans une éventuelle suite puisque la fin laisse volontairement des portes ouvertes, scène post-générique à l'appui) et ses acteurs pas toujours convaincants, difficile de s'ennuyer au visionnage. On ressent une volonté de respecter l'oeuvre originale, quitte à rendre le film sans surprise et, surtout, destiné aux fans de la première heure. Il est clair que les adaptations en prise de vue réelle de ces derniers temps nous ont réservé pire (on est loin de l'échec de Death Note), mais il est clair que FullMetal Alchemist ne peut être considéré comme un film totalement réussi. Aussitôt vu, aussitôt oublié, mais pas à jeter.

Chroniqueur : Takato

Note de la rédaction
Note des lecteurs





MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News