Chronique animation - Shaman King 2021 (Partie 2)- Actus manga
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Dvd Chronique animation - Shaman King 2021 (Partie 2)


Samedi, 26 Febuary 2022 à 16h00 - Source :Univers Animation

L'été dernier, la nouvelle adaptation animée du manga Shaman King par le studio Bridge nous parvenait sur Netflix, via un premier paquet de treize épisodes diffusés en version originale sous-titrée et en version française. Narrant les débuts de l'aventure de Yoh Asakura et des siens dans la rude compétition pour devenir roi des shamans, ces premiers pas ont su vite entrer dans le vif du sujet, occultant les segments introductifs qui pouvaient être mis de côté pour directement aller à l'essentiel. Le choix est compréhensible, Bridge ayant certainement cherché à ne pas trop répéter ce qu'a adapté le studio Xebec avec sa version au début des années 2000, tout en se conformant à une longue prévue d'une cinquantaine d'épisodes environ, empêchant d'emblée tout focus sur les éléments mineurs de l'intrigue.

Par cette première fournée, les retrouvailles avec l'univers de Hiroyuki Takei se sont montrées plaisantes, notamment parce que le travail de character-design de Satohiko Sano s'est montré en phase avec l'esthétique moderne du mangaka, celle que l'on retrouve dans la deuxième partie de l'œuvre papier. Mais ces débuts ont eu leurs limites, techniques notamment, aussi l'action s'est très souvent limitée à une succession de plans fixes appuyées par des effets numériques pour créer un dynamisme visuel. Malheureusement, c'est un constat que l'on observe dans les treize épisodes suivants.

La suite de cette adaptation nous a été rendue disponible le 9 décembre, l'année 2021 se concluant ainsi avec la première moitié de cette nouvelle version pour nous. Dans cet épisodes 14 à 26, l'équipe de Yoh arpente l'Amérique en recherche de la terre des paches, lieu où les participant au Shaman Fight doivent se regrouper en vie de se qualifier pour la phase suivante de la compétition. Une aventure qui plante rapidement les enjeux du tournoi entre l'introduction (en fin de partie précédente) d'un Hao dangereux entouré par de puissants fidèles ou d'autres shamans redoutables dont certains deviendront de formidables alliés, ou encore par l'entrée en scène de la faction salvatrice des X-Laws, visant moins le trône du roi des shamans que la tête de Hao. Par cette deuxième partie, l'intrigue de Shaman King passe donc aux choses sérieuses !


Entre road-trip et tournoi

Par cette seconde partie de l'anime, nous atteignons déjà le chapitre 146 de l'oeuvre, soit en pleine dix-septième tome. Moins de la moitié du chemin a été parcouru alors que bien des éléments ont été occultés, ce qui laisse redouter une cadence accrue par la suite. Ce qui n'est pas le cas sur ces treize nouveaux épisodes qui montrent un rythme bien plus posés par rapport aux débuts qui se devaient de vite poser les bases et ne pas s'étendre sur l'adaptation des chapitres dits introductifs. En assez peu de temps, bien des événements sont donc retranscrits à l'écran, de la fin de la quête vers le village pache jusqu'à la première partie du tournoi, s'achevant en apothéose sur la toute puissance d'un Hao dont la terreur grimpe petit à petit.


La trame proposée pour le moment ne manque pas d'intérêt, tant les événements s'enchainent bien tout en se renouvelant à chaque segment. Ainsi, le road-trip en Amérique ne dure que quelques épisodes, avant que la série ne fasse sa transition vers le tournoi qui occupera la plus grosse partie de l'histoire. Toujours fidèle à l'œuvre de Takei sans jamais dévier, l'anime lancé en 2021 n'étonnera donc pas les lecteurs qui ont en tête la trame du manga, d'autant plus que beaucoup le (re)découvrent aujourd'hui par la nouvelle mouture des éditions Kana.

Dans cet exercice de fidélité, ce sont donc les moments forts présents dans les tomes 10 à 16 qui nous sont montrés, l'ensemble alternant efficacement les moments d'action et les développements importants du manga, ce qui concerne surtout les nouveaux personnages importants du récit. Il faut alors admettre que cette nouvelle partie de l'adaptation parvient à retranscrire le scénario sans oublis majeurs, et ce en ne perdant jamais une seule minute. L'ensemble se montre rythmé, certes, mais jamais expédié. On espère que cette cadence sera entretenue de la sorte pour les parties suivantes qui auront pour challenge de retranscrire un récit qui gagnera en complexité, et qui cumulera les péripéties.


Les limites techniques, toujours présentes

Malheureusement, ce qui faisait défaut aux treize premiers épisodes se retrouve dans les suivants. Si on salue l'harmonie visuelle entretenue et le fort respect à l'esthétique de Hiroyuki Takei, on constate une fois encore une réalisation qui peine à trouver sa force, tandis que les affrontements manquent d'un travail d'animation évident. Le côté nerveux du manga ne se retrouve pas dans cette suite, qui puise pourtant dans des éléments intenses du manga. C'est dommage, car la force de l'œuvre de Takei vient aussi de sa représentation des oversoul dans des affrontements palpitants. C'est donc pas des plans fixes agrémentés d'effets visuels que les équipes en charge de l'adaptation cherchent à créer du dynamisme. Et si l'intensité est présente par le biais de la bande originale composée par Yûki Hayashi ou par quelques moments de réalisation mieux sentis, qui savent donner plus de cacher à plusieurs instants clés, on reste sur un rendu bien trop sage et lisse pour une œuvre qui cherche à créer la démesure au fil des arcs. Si cette technique n'évolue pas par la suite, certaines scènes fortes de Shaman King pourraient perdre de leur force.


Tournoi intense, mais tournoi trop sage

Il faut donc être bon public pour adhérer pleinement à cette adaptation. Si la composition scénaristique de Shoji Yonemura est indéniablement une force de cet épisodes 14 à 26 qui parviennent à adapter bien des événements en peu de temps sans jamais gâcher l'intrigue du matériau initial, les limites des réalisation et d'animation empêchent très clairement cette nouvelle adaptation animée de montrer tout son potentiel. C'est dommage tant le segment adapté ici s'avère convaincant, y compris pour un nouveau public qui peut observer un univers qui gagne en richesse tandis qu'une intrigue pour ambitieuse se met doucement en place. Les personnages eux aussi ne manquent jamais de saveur, chacun apparaissant en profitant rapidement de traitements qui les rend attachants et/ou complémentaires par rapport au reste du casting. Car Shaman King, dans ce qui est conté épisodes après épisodes, s'enrichit de thèmes forts que les spectateurs pourront davantage apprécier par la suite. Et justement, il n'aura pas fallu attendre bien longtemps pour profiter de la vague d'épisodes suivante qui fut rendue disponible dès le début d'année 2022. Ce sont des moments forts qui seront adaptés, et des arcs qui ont parfois divisé le lectorat lors de la première parution française, ce qui mérite un intérêt supplémentaire donné à cette nouvelle version animée.


Enfin, les inconditionnels de la première adaptation animée apprécieront une nouvelle fois le respect à cette version d'époque via le casting vocal du nouvel anime. Parmi les figures importantes, signalons les retour de Yui Horie, Yoko Sômi et Motoko Kumai dans les rôles de Jeanne, Lyserg et Chocolove. Le refrain est assez différent concernant la version française qui redistribue le casting, les trois personnages étant ici incarnés par Lila Lacombe, Paolo Domingo et Benjamin Bollen. Les habitués de l'ancien anime seront potentiellement déstabilisés, mais reste que les nouveaux venus parmi les comédiens livrent de bonnes prestations, ce qui passe par de bonnes compréhension de leurs personnages et de leurs caractères. Le passage de la VO à la VF restera toutefois un exercice délicat dans le sens où les jeunes personnages sont, chez nous, incarnés par des adultes, là où l'interprétation japonais préfère des vois féminines pour retranscrire leurs âges.

On notera, en dernier point, un traitement tout particulier pour le personnage de Chocolove. Des retouches de son character-design ont été opérées, de manière à limiter les stéréotypes visuels raciaux. Et à l'occident, c'est tout simplement le nom du personnage qui est bricolé, passant de Chocolove à Jocko. On peut comprendre les intentions derrières, et sans doute que ces choix sont passés par une validation auprès des ayant-droits japonais.

L'avis du chroniqueur
Takato

Samedi, 26 Febuary 2022
14 20




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