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Dvd Rencontre avec Aurélien Ringelheim, voix de Sacha dans Pokémon


Dimanche, 28 July 2019 - Source :Rubrique Interviews

Il y a quelques mois, Paris Manga accueillait plusieurs voix emblématiques de la version française de Pokémon. Dans cette dernière partie de notre série d'interview autour de Pokémon, nous vous présentons notre rencontre avec Aurélien Ringelheim, voix de l'éternel Sacha dans l'anime des monstres de poche.

Rôle qui n'est pas le seul du comédien dans l'animation japonaise. En effet, nous avons aussi pu l'entendre dans les rôles de Sakisaka dans .hack//Roots, Son Goku dans Saiyuki, Pokkle dans la version 1999 de Hunter X Hunter, et très récemment dans le rôle de Haruo dans High Score Girl.



Bonjour Aurélien. Dans un premier temps, peux-tu nous parler de ton parcours de comédien ?

Aurélien Ringelheim : Je suis belge et suis né à Bruxelles. J'ai d'abord commencé à être comédien en herbe. Par un concours de circonstances, je me suis retrouvé à jouer dans une pièce de théâtre, ce qui était une expérience un peu hors nome vu que j'avais 11 ou 12 ans. L'excitation des représentations en soirées, l'équipe, le public... Il y avait une atmosphère très excitante que j'ai adoré. Quelques années plus tard, j'ai eu l'occasion de jouer dans une autre pièce, cette fois avec un rôle plus important. C'est une pièce qui m'a beaucoup marqué. C'est à partir de là que j'ai été contacté pour faire du doublage car j'étais un enfant qui s'exprimait convenablement, et ça pouvait faire l'affaire. A ce moment, j'avais 13 ou 14 ans. J'ai ensuite joué dans quelques téléfilms avant de me présenter au conservatoire national de Belgique où j'ai continué mon parcours. Pokémon est arrivé durant l'été 1999, c'est là que les enregistrements ont commencé.


Comment es-tu devenu la voix de Sacha ? Y a-t-il eu des essais sur Pokémon ?


Aurélien Ringelheim : Oui il y a eu des essais, plusieurs essais même. En version originale, c'est une femme qui double mon personnage, Rika Matsumoto. En France, les ayant-droits voulaient partir sur une voix de garçon. La question était de connaître l'équilibre entre une voix de garçon jeune, mais pas trop... J'ai fait trois essais avant qu'on me dise que je n'étais pas pris. C'était pas de chance, mais on m'a rappelé deux semaines plus tard parce que le client voulait absolument que ce soit moi qui ait le rôle. C'est comme ça que tout a commencé.

Le succès de Pokémon a été mondial et immédiat. Te souviens-tu de ton état d'esprit d'époque ? Car tu ne devais pas t'attendre à un tel engouement, au début...

Aurélien Ringelheim : Effectivement, je ne m'y attendais pas du tout ! Quand on a passé le casting au départ, c'était une série comme une autre. C'est vrai que très vite après le début des enregistrements, on s'était retrouvés sur une série phénomène. A ce moment, un ami s'était rendu à New-York et m'avait envoyé une photo de Time Square, avec d'immenses écrans Pikachu. On s'est rendu compte que la série allait marquer car la presse en parlait beaucoup. C'était très excitant de se retrouver sur un projet aussi énorme. Mais c'était difficile d'imaginer un succès qui durerait si longtemps, au point que mes enfants à moi joueraient à Pokémon dans les cours de récré.

Avoir pour papa la voix de Sacha, ça doit être amusant pour des enfants qui grandissent avec Pokémon...

Aurélien Ringelheim : Il faudrait leur demander. (rires) Mais ça doit avoir quelque chose d'amusant. C'est aussi compliqué parfois. Je me souviens avoir qu'un de mes enfants est rentré un jour de l'école en pleurant, parce qu'il avait dit que son père est la voix de Sacha, et que tout le monde le traitait de menteur. (rires) Dans l'esprit d'un enfant, il faut pouvoir faire la part des choses entre la voix et le personnage, ce qui n'est pas forcément évident.

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Sacha est un garçon téméraire mais aussi un peu naïf. As-tu eu des difficultés à te plonger dans ce rôle ?

Aurélien Ringelheim : Ce que je trouvais amusant dans cette série, c'est que Sacha est un héros imparfait et un peu gauche. J'appréciais aussi beaucoup l'humour du dessin-animé, je sentais qu'on pouvait insuffler pas mal d'auto-dérision, notamment avec Sacha. Au départ, c'est plus là-dessus que je me suis axé, sur tous ces ressorts comiques.

L'enregistrement de la version française de Pokémon a commencé durant l'été 1999, soit il y a vingt ans... On dit souvent que le dessin-animé Pokémon ne se renouvelle pas. Ressens-tu cette lassitude quand tu doubles Sacha aujourd'hui ?


Aurélien Ringelheim : De la lassitude, je ne sais pas... Mais c'est vrai que mon rapport avec le personnage a évolué. Au début, nous étions dans l'effervescence, nous découvrions la série. Le temps qu'on mettait à enregistrer des épisodes de Pokémon était d'ailleurs beaucoup plus long, on a aujourd'hui accéléré le rythme car tout le monde connait son rôle. Il y a donc moins de surprises au bout de 20 ans. Mais, comme dans n'importe quel couple, on essaye de redynamiser la relation régulièrement ! (rires)

Ta voix est assez douce et juvénile. Bien que Sacha ne grandisse pas vraiment au cours de la série, as-tu essayer de faire évoluer son timbre ou son jeu au fil des épisodes ?

Aurélien Ringelheim : On en parlait plus tôt, Sacha est téméraire et naïf. Je pense qu'il l'est moins aujourd'hui, mais cette évolution est induite par l'écriture du scénario. Après, Sacha a toujours le même physique, il a heureusement changé de tenue deux ou trois fois, et heureusement car je commençais à m'inquiéter pour son hygiène. (rires) En ce qui me concerne, je pense avoir naturellement pris de la maturité. Je n'ai pas volontairement fait évoluer le rôle, l'évolution est surtout due à l'écriture de la série. L'évolution est, je pense, inconsciente et naturelle. Au départ, nous étions dans la fraîcheur et la surprise, puis quelque chose de plus assuré s'est mis en place progressivement.


Avec l'arc Soleil et Lune du dessin-animé, toute l'esthétique visuelle a été chamboulée. Sachant que le doublage se fait sur la bande rythmo qui apparaît sur l'image, et que tu aperçois donc les visuels quand tu enregistres, est-ce que ce changement esthétique a chamboulé son travail ?

Aurélien Ringelheim :
Non, je ne peux pas dire que ça m'ait bouleversé. Sachant que le changement est surtout esthétique, je n'ai pas eu l'impression que les concepts et les ressorts entre personnages aient été modifiés. Les différences étant graphiques, ça ne modifiait pas fondamentalement les choses pour les comédiens. Mais si évolution il y a eu, elle est venue par elle-même, de manière très naturelle. C'est à dire que quand le visuel est plus vif, le jeu accompagne forcément.

Tu n'as pas doublé que Sacha de Pokémon, en ce qui concerne l'animation japonaise. Tu as doublé Pokkle dans Hunter X Hunter, Son Goku dans Saiyuki... Est-ce que doubler de l'animation japonais te plait particulièrement ?


Aurélien Ringelheim :
En fait, j'aime la diversité. C'est d'ailleurs l'une des forces du métier de comédien, on peut passer d'un support à l'autre, du dessin-animé à un film en passant par une série. C'est vraiment grisant, et chaque domaine a son intérêt. Sur un film introspectif, on sera sur un autre rythme et un autre rapport à l'acteur. Dans de l'animation, on sera davantage dans le dynamisme. C'est ce qui est agréable dans ce milieu, on ne s'ennuie jamais.

Certains comédiens ayant doublé du dessin-animé disent que la particularité de l'animation, c'est d'être dans l’exagération. Quel est ton ressenti sur la question ?

Aurélien Ringelheim : Évidemment, on n'a pas un jeu naturel sur un dessin-animé. La difficulté sera de trouver l'équilibre, de manière à ne pas être non plus dans la caricature. Mais on ne peut pas avoir un jeu sobre sur du dessin-animé, et encore moins sur de l'animation japonaise, car le dessin est très marqué et on doit l'accompagner. Je ne sais pas si j’emploierais le terme d’exagération. Il y a quelque chose d'artificiel, et tout l'exercice sera de trouver quelque chose de naturel est spontané dans le côté artificiel de cette dynamique.

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Tu as aussi été directeur artistique sur plusieurs projets, dont sur les débuts de Yu-Gi-Oh ! Zexal. Quelles ont été les difficultés, ou le challenge ?

Aurélien Ringelheim : Le challenge a été de tenir le rythme, faire en sorte que les comédiens aient envie de s'impliquer à fond. Car comme le rythme est soutenu et que l'animation japonaise ne passionne pas tout le monde, il faut que chacun trouve le moyen de s'amuser. Le travail de directeur artistique sera alors de créer un contexte pour donner au comédien l'envie de croire en ses rôles, en instaurant une dynamique. Je dirais que c'est ça le challenge.


Remerciements à Aurélien Ringelheim pour l'interview, ainsi qu'à Sarah Marcadé et Amélie Nicolaud pour la tenue de la rencontre.




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Sacha du Bourg-Palette !

wARRiba

De wARRiba [296], le 28 July 2019 à 19h17

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