Fire Force Vol.1 - Actualité manga

Fire Force Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 18 Mai 2017

Auréolé suite au succès de son très bon blockbuster Soul Eater (on préfèrera oublier le spin-off en 5 volumes Soul Eater Not!), Atsushi Ohkubo était forcément attendu au tournant avec son titre suivant. Et après un changement d'éditeur au Japon (après Soul Eater, l'auteur a quitté le magazine Shônen Gangan de Square Enix pour aller vers le Shônen Magazine de Kôdansha), il connaît aussi un changement d'éditeur en France ! Ainsi, ce sont les éditions Kana qui ont raflé son nouveau manga. Quatrième série de la carrière de l'auteur (B.Ichi, son tout premier manga, n'a, à ce jour, jamais été publié dans notre pays), démarrée au Japon fin 2015 et s'affichant parmi les meilleurs lancements shônen de 2016 dans son pays, Enen no Shouboutai déboule tout feu tout flamme chez nous sous le titre Fire Force. Un titre de circonstance, puisque l'auteur a trouvé le moyen d'aborder une thématique peu courante : les pompiers ! Cependant, il l'aborde à sa manière, par le biais d'un shônen nekketsu à l'introduction aussi classique qu'efficace.

Nous voici dans une ville de Tokyo remaniée, en l'an 198 du calendrier solaire, à la découverte d'un jeune garçon, Shinra Kusakabe. Son désir dans la vie ? Devenir un héros. Son ambition pour cela ? Intégrer la 8ème brigade spéciale Fire Force de l'agence de défense contre le feu. Car dans ce monde, ces sapeurs-pompiers d'un nouveau genre sont plus que jamais des héros...
En effet, une nouvelle cause de décès est mystérieusement apparue : la mort par le feu, via le terrifiant phénomène de combustion humaine. N'importe qui, n'importe quand, et sans raison, peut soudainement s'enflammer, devenir ce que l'on appelle une "torche humaine", et menacer la vie de son entourage. La mission première des brigades est alors de mettre fin à la vie des malheureux ayant pris feu, tout en priant pour le repos de leur âme. Et si Shinra a choisi cette voie, ce n'est pas par hasard : il espère bien pouvoir retrouver la trace de celui qui, 12 ans plus tôt, a provoqué la combustion de sa propre mère, poussant cette dernière et sa toute jeune petite soeur à la mort...

Le but premier de ce tome étant de poser les bases, Atsushi Ohkubo adopte un schéma on ne peut plus classique du genre, où notre jeune héros, après un premier coup d'éclat de présentation, intègre la brigade et fait la connaissance de celles et ceux qui seront désormais ses partenaires. Au gré de ses toutes premières missions en tant que pompier, mais aussi de ses premiers instants dans son nouveau quotidien, il pourra découvrir les caractères de ses nouveaux compagnons, appréhender le rôle qui l'attend, puis voir arriver un autre nouvelle recrue qu'il connaît bien, et asseoir son désir de découvrir la vérité se cachant derrière la disparition de sa famille et donc derrière le phénomène de combustion humaine.

Le moins que l'on puisse dire est que l'auteur, sans s'écarter du classicisme de son schéma introductif, exploite parfaitement celui-ci pour distiller, petit à petit, tout ce qu'il faut savoir. les informations de mise en place arrivent les unes après les autres sans se précipiter, de manière à laisser le temps au lecteur de bien les assimiler. Ainsi comprend-on très facilement ce phénomène de combustion ainsi que l'objectif premier de Shinra, puis prend-on plaisir à découvrir le rôle qu'occupe chacun de ses nouveaux camarades dans l'église de la 8ème brigade spéciale Fire Force. Dépourvu du moindre pouvoir, humain on ne peut plus normal, mais suivant un entraînement rigoureux, l'empathique Akitaru Ôbi est un capitaine sur qui on peut compter. Derrière lui arrivent ce que l'on appelle des victimes de 2ème génération : le hautain commandant Takehisa Hinawa et la jeune Maki Oze, ayant le pouvoir d'utiliser le feu aux alentours depuis qu'ils ont résisté à la combustion. La douce et mignonne Iris, elle, a le rôle de soeur chargée de prier pour apporter le salut aux âmes des victimes. Quant à Shinra, il est une victime de 3ème génération : il s'est complètement adapté aux flammes et a appris à en faire apparaître et à les contrôler à sa guise, par exemple pour se propulser dans les airs en en faisant apparaître derrière ses chaussures. Enfin, la suite du tome voit débarquer l'inévitable rival du héros, Arthur Boyle, au style chevaleresque tel le Roi Arthur (son arme, une épée, se nomme d'ailleurs Excalibur).

La dissémination, petit à petit, des informations de base sur cet univers, aurait pu être un peu longuette, mais penser cela c'est mal connaître les talents du mangaka, qui nous a déjà largement prouvé sur Soul Eater qu'il sait toujours animer les pages en proposant pas mal de notes d'humour, un rythme bien soutenu dans ses variations tranche de vie/action, et surtout des personnages qui ont quelque chose d'immédiatement attachant dans la vivacité qu'ils dégagent. Sans oublier des traits de caractère parfois un brin décalés ! On se souvient par exemple, dans Soul Eater, de l'obsession de Death the Kid pour la symétrie, du caractère de Maka, ou du côté poseur de Black Star. Ici, on découvre avec régal, entre autres, que Maki cache derrière son visage un peu sévère un côté exagérément fleur bleue, que la dénommée Tamaki Kotatsu a un don pour se retrouver bêtement à se faire tripoter, ou que Shinra ne peut s'empêcher de sourire bêtement dès qu'il est tendu. Mais dans ce dernier cas, si l'on peut d'abord trouver ce tic idiot amusant et décalé, on finit rapidement par découvrir qu'il possède des origines profondes et dramatiques, et que ce rictus involontairement lui a déjà posé bon nombre de problèmes par le passé, au point qu'il s'est vu attribuer le surnom de "démon"... Faire d'un élément idiot comme celui-ci un réel élément dramatique témoignant du passé du héros, ça demande du talent, mine de rien.

Un autre point intéressant qui se dégage déjà de la lecture concerne le statut des torches humaines : ces personnes ne sont aucunement des ennemies, mais simplement de malheureux innocents devenant soudainement des menaces sans rien avoir demandé. De ce fait, même s'ils accomplissent une tâche visant à protéger leurs congénères, les pompiers ne font que tuer des innocents qui, encore peu de temps avant, étaient de simples humains... D'où l'importance de prier pour le salut de leur âme, mais aussi de penser aux proches attristés qu'ils laissent derrière eux.

Pour porter cet univers, Ohkubo offre des planches on ne peut plus immersives. On saluera ce que l'on est amené à découvrir du paysage : certains décors sont très riches et bien trouvés, comme le repaire de la 8ème brigade mi-église mi-caserne. Le mangaka a bien pensé le design des véhicules (comme le matchbox, véhicule de pompiers blindé), des tenues de pompier (avec bandes fluorescentes pour aider les membres de la brigade à se retrouver dans les flammes et la fumée), des armes (comme la hache-fusil)... Ses personnages apparaissent physiquement aussi variés que vifs, son découpage est bien varié (grandes cases qui en jettent, petites cases, voire absences de cases bien délimitées), certains choix d'angles de vue font leur effet grâce à al perspective qui y est rendue... C'est assurément dynamique.

Sur un schéma classique du genre, Fire Force pose vite et bien, avec une fluidité exemplaire, un univers emballant qui, espérons-le, annonce un bon shônen d'action, de tranche de vie, d'humour et de drama. Le mangaka, qui n'a rien perdu de son style depuis Soul Eater, offre à son nouveau bébé une entrée en matière prenante !

Dans les standards de Kana concernant le papier et l'impression, l'édition doit beaucoup à la traduction de Frédéric Malet. Plutôt habitué à ce genre de série, le traducteur livre un travail très animé, où les textes sonnent avec naturel. Les choix de police sont eux aussi très bons.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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