Arrietty - Le petit monde des Chapardeurs - Blu-Ray - Actualité anime

Arrietty - Le petit monde des Chapardeurs - Blu-Ray

Critique du dvd : Arrietty - Le petit monde des Chapardeurs - Blu-Ray

Publiée le Vendredi, 18 Septembre 2015

Après le dernier film d'Hayao Miyazaki, Ponyo sur la Falaise, sorti en 2008, les studios Ghibli nous reviennent cette année avec l'adaptation d'un conte d'origine anglaise, librement adapté et transposé dans le Japon d'aujourd'hui.

Sorti sur les écrans français le 12 janvier 2011, Manga-News vous propose aujourd'hui sa critique du premier long-métrage d'Hiromasa Yonebayashi.


Les Borrowers

L'histoire d'Arrietty est basée sur la série de livres signée de l'auteure anglaise Mary Norton, publiés à partir de 1952. Adaptée deux fois sur le petit écran, puis une fois sur le grand, ce sont cette fois les studios Ghibli qui insufflent vie à l'histoire de ces petits hommes vivant dans les maisons des humains, en leur volant ce dont ils ont besoin pour vivre.

Mais, contrairement à l'adaptation cinématographique de 1997 (Le Petit Monde des Borrowers), qui prenait le parti de transposer l'univers et les personnages des romans d'origine dans l'Amérique de la fin des années 90 (avec plus ou moins de réussite), le réalisateur Hiromasa Yonebayashi aura préféré situer l'histoire d'Arrietty en pleine campagne nippone, afin d'inspirer une certaine tranquillité au spectateur (au risque de lui rappeler au bon souvenir d'Arthur et le Minimoys).



Arrietty la Chapardeuse

Nos lecteurs ayant passé leur enfance devant le Club Dorothée ne pourront s'empêcher de penser à une autre histoire mettant en scènes de petits hommes : Les Minipouss. Cette série d'animation, née d'une collaboration franco-américano-japonaise au début des années 80, était tirée de l'imaginaire de l'auteur américain John Peterson. Elle racontait les aventures d'une famille de petits êtres, vivant sous  une maison d'humains, dont seul le jeune fils était au courant de leur  existence.


Bien sûr, la comparaison avec Arrietty s'arrête là : Shô, un jeune homme malade, vient passer quelques jours chez sa tante pour se reposer avant de subir une opération délicate. En arrivant sur place, aux hasards des fourrés et autres hautes herbes du jardin, il remarque avec stupeur qu'une jeune fille miniature se cache dans un buisson pour échapper aux griffes d'un matou bien décidé à en faire son casse-croûte. Cette première rencontre impromptue passée, les deux jeunes adolescents vont nouer de forts liens d'amitiés, en s'affranchissant des codes et autres dogmes du monde des adultes dont ils ne sont pas familiers, malgré une différence de taille non négligeable.


Cet échange mutuel est le point de départ d'une évolution chez nos jeunes protagonistes, qui comprendront bien malgré eux que leurs actes, aussi insignifiants soient-ils à leurs yeux, ont toujours des conséquences sur ceux qui les entourent. Shô est ici la part de sagesse qui manque à l'impétueuse Arrietty, qui préfère agir plutôt que réfléchir. Cette volonté de ne pas grandir se retrouve également dans le personnage de Haru, l'aide ménagère de la demeure, qui cherche à tout prix à prouver au monde entier l'existence des chapardeurs. Si l'on pourrait l'étiqueter comme étant la "méchante" de l'histoire, il n'en est rien. Non, on peut surtout la décrire comme étant une adulte n'ayant pas grandi, et qui retrouve sa part d'enfance à mesure que Shô et Arrietty gagnent de leur côté en maturité.


L'écologie selon Miyazaki

Montrée de manière directe dans Ponyo sur la Falaise, avec des vues sous-marines emplies de détails sur les déchets que recèlent nos océans, la pollution est ici traitée sous l'angle du recyclage. Les chapardeurs vivant de ce qu'ils empruntent aux humains pour bâtir leurs maisons, tout est donc bon à être utilisé pour servir au confort du logis. Néanmoins, les chapardeurs, personnifiés dans le film par la mère d'Arrietty, Homily, ne sont pas contre la technologie, loin de là, puisqu'on voit cette dernière rêver d'une cuisine aménagée marchant à l'électricité, rien que ça !

Mais la famille d'Arrietty est en parfaite opposition avec le personnage de Spiller, un jeune guerrier chapardeur vêtu d'une énorme fourrure qui se bat avec un arc. On peut ainsi voir qu'il existe différents types de chapardeurs, comme il existe d'innombrables cultures sur la surface de la planète. La crainte de l'autre devient alors une question à aborder, et Arrietty propose une réponse sur l'existence même d'un peuple. Pour qu'une culture subsiste, il faut des personnes capables de la transmettre d'une génération à l'autre. Or dans le long-métrage, la famille de la jeune fille se demande s'ils ne sont pas les derniers représentants de leur race, avec une crainte mêlée de rancunes envers les humains, qu'ils jugent responsables de la disparition des leurs.



Ainsi, seules des personnes ouvertes d'esprit, comme Arrietty, vont être capables de voir au-delà des conventions et autres interdits pour rechercher une vérité et se l'approprier. Le film compte donc sur la jeune génération pour aller de l'avant et corriger les erreurs de ses aînés, en leur faisant comprendre pourquoi il est nécessaire de connaître, plutôt que de rejeter et ne rester que sur les premières impressions.

Nouveau réalisateur, nouvelle compositrice

Arrietty étant le premier film du réalisateur Hiromasa Yonebayashi, il était presque normal que la partie musicale soit assurée par un nouveau compositeur, ou plutôt une compositrice : Cécile Corbel. Cette jeune femme, d'origine bretonne, devient ainsi la huitième personne à composer la musique d'un long-métrage des studios Ghibli après Masaru Hoshi, Shigeru Nagata, Shang Shang Taifu, Akiko Yano, Yuji Nomi, Tamiya Terashima et bien sûr Joe Hisaishi.

Ses compositions, empreintes de musique celtique qu'elle définit elle-même comme étant du pop folk celtique ont su charmer le producteur Toshio Suzuki des studios Ghibli. C'est d'ailleurs à l'écoute de la première piste de son album SongBook Vol. 2, Mary, que ce dernier la contactera pour réaliser la bande originale d'Arrietty.


Un film à ne pas chaparder

Arrietty, le petit monde des chapardeurs est une nouvelle réussite pour les studios Ghibli, qui trouvent en la personne du réalisateur Hiromasa Yonebayashi un nouveau talent sur qui compter. Ceux qui étaient déçus par la simplicité apparente de Ponyo sur la Falaise seront ici plus enclins à se plonger dans les salles obscures pour découvrir ce chef d'œuvre. Que ce soit en version originale, ou avec son doublage français de qualité que l'on doit à son distributeur attitré, Disney, vous ne serez pas déçus par cette nouvelle adaptation des Borrowers. A voir et à revoir, bien sûr.

Audio et Vidéo

Petit rappel pour ceux qui ne verraient pas encore l'intérêt d'un film en Blu-ray Disc : il faut savoir que la norme HD utilisée par ce format de films est dite 1080p, soit 1920 points et 1080 lignes. À titre de comparaison, la cassette VHS n'utilisait que 240 lignes et le DVD 576 (480 pour les DVD encodés en NTSC). Ce bond en avant dans la résolution de l'image permet de voir des détails comme jamais auparavant sur des équipements destinés au grand public et de profiter d'une qualité sonore inégalée.



Là où le DVD proposait des formats Dolby Digital et DTS, le Blu-ray offre de son côté le Dolby TrueHD, le DTS HD Master Audio ou, encore mieux, du PCM. Concrètement, la grande capacité du Blu-ray (de 25 à 100 GB) donne plus de place en termes de débit. Le son peut ainsi se voir allouer une bande passante égale à celle que l'on trouvait réservée à l'image sur un DVD, ce qui est phénoménal pour les audiophiles. Seulement, toutes les pistes doivent être lues en même temps pour que le spectateur puisse en théorie à tout moment changer de langue et sur beaucoup de films en Blu-ray, la version française est bien souvent cantonnée à une piste Dolby Digital ou DTS de débit équivalent à celui que l'on trouve sur DVD.

Sur le Blu-ray d'Arrietty, les 2 langues disponibles (le Japonais et le Français) sont toutes les deux encodées en DTS HD Master Audio. La vidéo n'est pas en reste, puisqu'avec un débit constamment compris entre 30 et 40 Mbps, elle délivre toute la puissance des décors peints à la main par les artistes du studio à l'origine de Totoro. Disney a une fois encore réalisé un transfert numérique d'orfèvre, avec un grain d'image quasi nul, révélant toutes les nuances des couleurs utilisées par les dessinateurs.



Bonus

Côté interactivité en revanche, c'est assez léger. Le menu du Blu-ray n'est qu'une simple image fixe avec la forme de la jeune Arrietty découpée dans un fond vert pâle sans musique pour accompagner la navigation, ce qui est bien dommage quand on considère la formidable bande originale de Cécile Corbel. Cette dernière n'a d'ailleurs droit qu'à un simple clip vidéo de 3 minutes, alors qu'on aurait bien aimé retrouver une interview de la Bretonne par rapport à son implication sur le projet.

On nous propose cependant un long entretien avec le réalisateur Hiromasa Yonebayashi, réalisé pendant la production du long-métrage, avec de nombreuses descriptions des environnements et de démonstrations de visuels ; on aurait également souhaité plus d'anecdotes sur le déroulement du projet. Plus concis mais enrichissant, l'entretien avec Hayao Miyazaki qui dresse un portrait du marché du travail de l'animation japonaise. Le maître, très sérieux, y critique vivement son disciple et son manque d'ouverture au monde extérieur, syndrome d'une nouvelle génération qui, selon lui, est beaucoup moins curieuse qu'avant.

Enfin, en complément de 14 spots TV et de 8 petites bandes-annonces, il est possible de visionner le film dans son intégralité avec le storyboard, en mode plein écran ou bien en mode "image dans l'image" pour comparer le travail de préproduction au long-métrage final.

Par Gorkab Nitrix

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
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