Steal Moon

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 20 August 2012

Après Yellow et School of the muse, Makoto Tateno a décidemment bien du succès dans nos contrées et, pour sa nouvelle licence, c’est une excellente chose ! En effet, Steal Moon change légèrement de son univers habituel, bien qu’elle se soit toujours dirigée vers des thèmes variés afin de ne jamais lasser. Univers policier, puis monde de la célébrité par opposition à la société classique, c’est maintenant la couche superficielle du fantastique ou de la science-fiction qu’elle effleure, simplement pour mettre en place une intrigue très intéressante qui permet aux personnages d’être superbement mis en valeur. Ainsi, on découvre de manière bien étrange Nozomi, un ancien combattant des rues très doué, enfermé dans une chambre après qu’un homme l’ait battu en combat singulier et qu’il lui ait promis de devenir son esclave. Sauf qu’il ne s’attendait probablement pas à ce que cet homme le vende pour 5 millions de yens à une bien étrange société qui permet aux internautes d’espionner continuellement des beaux jeunes gens, hommes ou femmes, dans leur quotidien en cage. S’il se douche, se change, dort ou mange, n’importe qui peut observer Nozomi et pour devenir libre il faudra qu’il attire suffisamment les « clients du net » pour récolter un grand nombre de clics sur sa chambre, et donc de l’argent. Pour ça, il lui suffit d’être intéressant. Et qui dit intéressant dans une telle situation dit souvent ... excitant.

Certes, l’histoire commence assez mal. L’idée de la séquestration, du possible viol, de la soumission, on en a un peu marre et surtout, on connait (par No Money, pour ne citer que celui-ci) ! Mais en fait, l’intrigue se révèle bien plus intéressante quand Nozomi ne se laisse pas faire, sait se battre et repousser ses assaillants, refuse de se soumettre et rencontre enfin celui qui l’a mis dans cette situation ... D’autant qu’il apprend qu’il existe un gigantesque réseau de surveillance, depuis la Lune, et que cette institution n’est qu’un leurre pour leur permettre de le démanteler. C’est ainsi que le jeune homme pénètre dans un monde obscur dont il ne connaissait pas l’existence et que, aux côtés de Coyote, il va tenter de sauver l’humanité de cette surveillance. En somme, on reprend la mythologie égyptienne et c’est parti pour une course contre la montre et contre l’informatique, nos héros tentant par tous les moyens de déjouer le plan dévastateur qui s’installe peu à peu, inexorablement. Il est intéressant de voir le cheminement du jeune homme, dans ses sentiments pour Coyote comme dans son implication au projet auquel il a été lié bon gré mal gré. Entre moments de sensualité, de douceur et d’action, la narration se balade et nous entraine avec elle sur les traces d’un mystère qui n’aura malheureusement pas la chance de n’avoir plus que deux tomes pour se développer

Le point fort de la série, c’est de ne jamais se montrer faible et d’afficher une action continue et incessante au milieu de scènes sentimentales ou sensuelles qui lient nos deux héros par delà le peu d’espoir qu’ils ont de vivre heureux ensemble ... Mais c’est aussi son défaut. En effet, tout va très vite et l’on ne saisit parfois pas tout à la première lecture, qui reprend tous les personnages de manière imminente. Un troisième tome n’aurait sans doute pas été de trop, malgré le dynamisme ainsi conféré à la série. Toutefois, on salue le côté « émotion », présent jusqu’à la fin et uni au suspense jusqu’à la dernière page même si, il faut bien l’avouer, on devinait plus ou moins la fin heureuse pour nos deux héros qui la méritent bien. Dynamisme, romantisme, passion et mystère sont au rendez-vous pour un yaoi pas comme les autres qui atteint son but : divertir, intéresser tout en explorant la relation entre deux hommes.

Les dessins de l’auteur sont déjà connus pour être atypiques, pas vraiment globalement mais grâce à de petits détails qui rendent ses personnages vivants et très distincts les uns des autres. On retrouve bien évidemment les corps longs et lancés, les visages fins et les yeux presque féminins, mais les quelques maladresses du dessin rendent le style plus différencié des autres que prévu. Mais évidemment, la grande remarque sur les arrières plans totalement vides ou remplis de textures moyennement satisfaisantes revient ici aussi, cassant un peu l’engouement pour le style de la mangaka qui reste dans la facilité. De plus, la mise en page n’est pas toujours assez claire ou assez dynamique … Mais dans l’ensemble on à faire à un niveau correct. Le problème avec les yaois et leurs graphismes féminisés (travestis, même …), c’est que l’auteur a tendance à tomber très facilement dans un monde entièrement homosexuel, comme c’est le cas ici, manifestement, sans autre allusion à l’hétérosexualité que les esclaves féminines de l’institution qui les gère.


 


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
16.75/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

17.00,15.00

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