Yako et Poko Vol.5

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 05 Décembre 2022

Avec son sujet de niche, son style visuel très éloigné des standards et son atmosphère plutôt atypique qui demande à ce que l'on s'y laisse pleinement plonger, Yako et Poko fait partie de ces oeuvres qui ont sûrement été un coup de coeur éditorial de Komikku à l'époque de leur lancement, mais qui étaient vouées à ne pas rencontre de grand succès. Si bien qu'à l'image des Petites Vélos, une autre série de Komikku, l'oeuvre d'Etsuko Mizusawa fait sans doute partie des plus difficiles à vendre de l'éditeur. Et pourtant, Komikku nous fait profondément plaisir en ne la lâchant pas, et cela même s'il aura fallu attendre longtemps pour que la série fasse son retour dans notre pays ! Ainsi, après avoir achevé Les Petits Vélos il y a quelques mois, Komikku enchaîne en cette fin d'année sur l'autre "boulet commercial" de son catalogue, dont les tomes 5 et 6 sont parus à quelques jours d'intervalle, presque trois ans après le 4e opus qui était arrivé dans notre pays en février 2020. Il n'y aura ensuite plus qu'à attendre le 7e et dernier volume de la série, celle-ci s'étant achevée au japon cette année après huit années de publication.

La série étant une tranche de vie dont les chapitres restent généralement assez indépendants, on replonge assez facilement dans l'oeuvre, où nous laissions Yako et Poko alors qu'ils ont pu récupérer trois couleurs de stylos Yukko supplémentaires grâce à Okonomiyama. Ici, les petites situations vont, une nouvelle fois, s'enchaîner en exploitant honnêtement une bonne partie du casting de l'oeuvre. Les histoires de soeurs de Shirubata, le risque que le magazine de manga rival monte en grade, le rapport de Yako avec les lettres de fans (ce qui dévoile par la même occasion un élément de son adolescence), le robot-cochon Boucher qui se sent inutile au point de fuir et de vouloir s'améliorer pour sa maîtresse, le secret de la naissance des modes "divins" du professeur Kabashima ainsi que leur illégalité (ce qui ne les empêchera pas d'être de véritables sauveurs à un certain moment du tome), la participation d'un Poko réjoui à un concours pour pouvoir monter dans les Carpes (des véhicules volants très prisés en forme de carpes, en gros, et rappelant les cerf-volants en forme de carpes de notre époque lors des fêtes nippones)...

Les situations ont beau être généralement assez simples, la mangaka y dégage toujours le charme assez typique de son oeuvre, que ce soit cet univers rétro-futuriste où pointe souvent une vague de nostalgie, la mise en valeur des liens des humains avec leurs robots qui leur apportent souvent beaucoup, les réactions si candides d'un Poko qui en serait presque enfantin... Et sur ce dernier point, les frayeurs de fin de tome, qui dénotent un peu dans le récit, mettront même en évidence l'amour que porte Yako pour Poko (un peu comme celui qu'une mère aurait pour son enfant).

Retrouver ce petit univers assez unique en son genre est un plaisir, d'autant plus que l'on peut d'ores et déjà en reprendre une salve puisque le 6e et avant-dernier volume de la série est déjà disponible. Même si la communication de l'éditeur laisse à désirer, et même si l'attente fut longue, un grand merci à Komikku de ne pas avoir laissé tomber des séries aussi peu vendeuses que celle-ci ou que Les Petits Vélos il y a quelques mois.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
14.75 20
Note de la rédaction