Virgin Dog Revolution Vol.2 - Actualité manga

Virgin Dog Revolution Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 27 December 2016

Critique 2


A l'aide, notamment, d'une barre de fer savamment placée (outch), Yûji est parvenu à vaincre Sadao Inudô, l'homme-chien puceau, qui est désormais considéré comme mort. Pourtant, un an et demi plus tard, l'ancien catcheur n'a toujours pas fait son deuil. Il devrait pourtant tout avoir pour être heureux, puisqu'il a pu épouser la jolie Yûri Honda, devenue une journaliste très populaire depuis l'affaire Inudô. Mais rien n'y fait : en plus d'une santé qui s'est détériorée suite à ses exploits physiques d'il y a un an et demi, Yûji doit désormais vivre avec le regret de n'avoir pu sauver son ancien meilleur ami, de n'avoir pu lui parler et le comprendre. A moins que...
Dans l'ombre, une silhouette mi-humaine mi-animale refait son apparition. Sadao Inudô n'est pas mort, et il a soigneusement préparé son nouvel assaut sur Tôkyô ! Quelle sera la réaction de Yûji face à son retour ?

Alors que le tome 1 de Virgin Dog Revolution semblait pouvoir se suffire à lui-même, on se demandait forcément comment Shôhei Sasaki allait pouvoir rebondir dans le deuxième tome de Virgin Dog Revolution. Avec le retour de l'ennemi d'entre les morts à la manière d'une bonne suite de vieille série B, le mangaka semble vouloir encore plus assumer le côté un brin nanardesque de son scénario... Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas : si ce 2ème volume reprend grosso modo la même ligne directrice que le tome 1 (Sadao arrive pour faire se révolution, et il faut l'arrêter), globalement il ne lasse pas, car il se renouvelle suffisamment et, mieux, offre une nouvelle portée au premier tome.

En tête de ce renouvellement, il y a plusieurs choses, à commencer par le rôle plus important des animaux accompagnant Sadao. Cette fois-ci, l'homme-chien puceau, ne se contentant plus de les "éveiller", les a tout bonnement "illuminés" ! Ce qui en gros se traduit par un aspect plus humanisé, avec des acolytes animaliers eux aussi capables de parler, de réfléchir, et de développer des capacités spécifiques. On pourra imaginer un très bref aspect écolo dans le fait que la grande majorité des animaux suivants de près Sadao sont issus d'espèces en voie de disparition ou mises en danger, à l'image de ce calao bicorne devenu gigantesque et tenant un peu le même type de rôle que Friender dans le tome 1. Mais cette note un peu écolo s'efface vite face à un délire beaucoup plus important concernant ce bestiaire, avec lequel le mangaka se fait vraiment plaisir ! Entre le koala ninja, le kangourou à la tronche de petite frappe, et surtout le nasique aux allures de yakuza qui en arrive à conduire une voiture et à porter des lunettes noires, on est dans un bon trip qui fait sourire à plusieurs reprises, même si l'on aurait sans doute aimé voir ces figures animalières plus en action.

Au coeur du tome, cette fois-ci, il y a surtout l'évolution du lien entre Yûji et Sadao, et c'est en ça que le premier volume devient plus intéressant. Dans le tome 1, Yûji avait beau déjà afficher un poil d'amertume dans le fait de devoir abattre Sadao, il s'exécutait sans trop se poser de questions, prêt à éliminer son ancien ami devenu une menace sans forcément chercher à bien le comprendre, et aussi pour préserver Yûri. Dans le volume 2, on assiste chez lui à une approche différente, à une volonté de chercher à se réconcilier avec Sadao, à le comprendre sincèrement, et à s'excuser pour le passé, ce qui aura évidemment d'importantes conséquences... Peut-être est-ce simplement ce que Sadao recherchait : une forme de reconnaissance ? Comme quoi, la compréhension et la communication peuvent toujours avoir leur importance... mais peut-être pas auprès de tout le monde, car n'oublions pas que Sadao a commis des crimes, a tué de nombreuses personnes, et beaucoup de monde dont les forces armées ne semblent avoir aucunement envie de chercher à écouter ses explications et à le pardonner, et cela nous amène jusqu'à un final assez imprévisible, où l'intensité monte bien, et qui s'offre un épilogue excellent tant il cristallise le personnage de Sadao en nous laissant sur une image très forte. Sans doute venons-nous de suivre le portrait d'un être que la société a écarté, un être à la fois pathétique et iconique, figure de révolution dont le destin attire aussi la pitié, et figure humaine dans son lien avec Yûji.

Cette société humaine, Shôhei Sasaki continue d'en brosser certaines dérives en filigranes dans son récit, et amène un peu son lecteur à s'interroger tandis que la figure de Sadao se fait plus attachante. On assiste au fil du tome à une certaine faiblesse et laideur des humains désunis face au danger, à la peur et à l'absence de sécurité. On retrouve également la brève dénonciation des méfaits de certains médias, entre la course à l'audience et le souhait de chercher une sorte de buzz autour de la populaire journaliste Yûri.

On a donc ici à coup sûr un deuxième tome réussi, même si tout n'est pas parfait malheureusement. Certains lecteurs pourraient être frustrés de ne pas en savoir plus sur la façon dont Sadao est devenu ainsi physiquement et sur la manière dont il s'y est pris pour "éveiller" et "illuminer" les animaux. De même, on aurait sans doute adoré voir certains délires un peu plus utilisés, en tête l'humanisation des animaux comme déjà dit.

Mais il reste qu'en deux tomes, Virgin Dog Revolution s'impose comme un manga qui ne ressemble à aucun autre, de par sa situation à mi-chemin entre récit d'action violent et grotesque et fable humaine dramatique. Une courte série qui a pleinement sa place dans la collection WTF?! de par son aspect résolument unique, et qui mérite le coup d'oeil.


Critique 1


Les mois se sont écoulés depuis la victoire de Yûji sur Sadao, l’homme-chien qui voulait mener l’humanité à sa perte à cause de sa rancœur. Le sauveur du monde est désormais marié à Yuri qui est devenue une célèbre présentatrice de télévision. Mais les fantômes du passé de Yûji sont toujours présents et si ses exploits fragilisent son corps au point d’empêcher toute activité physique, sa culpabilité d’avoir pris la vie de son ancien meilleur ami est toujours présente. Mais il se trouve que Sadao n’est pas mort, il prépare même sa (nouvelle) vengeance sur l’humanité. Mais cette fois, l’Eveil ne lui suffira pas, c’est bien par l’Illumination qu’il débarrassera la Terre des humains !

Par sa place dans la collection What The Fuck ?! d’Akata, Virgin Dog Revolution est un peu un équivalent du nanar au manga. Aussi, comme toute suite de « mauvais film sympathiques », c’est toujours plus loin et toujours plus fort que s’oriente le manga de Shôhei Sasaki sur son deuxième arc et ultime tome. Le scénario du volume premier pouvait se suffire, on se demandait même comment relancer l’histoire après une telle fin, et c’est en partant dans l’excès total que cette suite nous donne une réponse.

Alors, si le premier opus se limitait, entre autres, au combat entre Sadao et Yûji, les animaux prennent une place beaucoup plus importante dans cette suite. Toujours désireux de se venger de l’humanité, l’homme-chien en vient à enseigner à quelques compères d’espèces diverses la manière de surpasser les Hommes… en se comportant comme eux ! Rapidement, la nouvelle déclaration de guerre est faite par ces bêtes plus humanisées que jamais, et la révolte peut commencer !

Oui, l’intrigue de Virgin Dog Revolution part dans le n’importe quoi le plus total. Si le premier tome gardait un semblant de sérieux à travers quelques échanges, les thématiques écolos ou le sujet sous-jacent du harcèlement scolaire lié au passé de Sadao, l’intrigue ne s’embarrasse plus tellement de ces broutilles dans le deuxième arc de la série... sauf à la fin. Certes, il reste ce pseudo désire de se débarrasser des humains, nuisibles à la planète, mais pas au point de prendre le pas sur tous les délires farfelus de l’auteur qui renouvellent totalement l’expérience de notre lecture du premier tome. Alors, Sadao s’improvise professeur pour quelques animaux, afin de les rendre plus intelligents et leur permettre de participer à la révolte pour la planète. Voilà ce qui va permettra à cette suite de se renouveler totalement et partir dans une surenchère du risible bien plus importante que le premier opus, où l’humanisation des animaux n’est finalement qu’un prétexte pour créer une esthétique décalée. Honnêtement, comment garder son sérieux quand les vingt premières pages ont pour réplique « La douleur de mon anus en feu s’étendait dans tout mon corps… » ?

Au-delà de ça, ce deuxième tome se montre intéressant pour toute la relation entre Yûji et Sadao qu’il développe. Si le rôle de Yuri est amoindri, ce qui lui permet de ne pas simplement jouer les demoiselles en détresse, Sadao est minutieusement plus décortiqué et ne stagne pas dans un rôle de méchant capricieux voué à ne jamais évoluer, bien au contraire. Les rebondissements du volume participent à la construction du personnage qui devient progressivement de plus attachant en tant que jeune adulte un peu paumé, un attachement fortement aidé par son design toujours aussi délirant. La relation qu’il développe avec Yûji en devient même touchante et à ce titre, la fin fera un petit pincement au cœur.

Si plus tôt nous clamions que dans sa globalité le second tome de Virgin Dog Revolution troque ses quelques thématiques écolos et sociales contre de l’absurde général, la fin, elle, remet un peu les pendules à l’heure en laissant un certain goût amer dans la bouche du lecteur. Non pas qu’elle soit ratée, loin de là puisque le récit nous laisse sur une conclusion totale, mais c’est bien notre vision du récit qui change au cours de tout l’acte final. Ainsi, le comportement de l’humain sur les animaux, plus que sur la planète d’une manière générale, se voit remis en question suffisamment subtile pour que ça ne saute pas aux yeux d’entrée de jeu, et que seul le dénouement nous permet de reconsidérer les véritables gentils et ennemis de l’histoire… à moins que chaque camp ait ses forces et ses faiblesses. Au terme de la lecture, il vous sera peut-être difficile de remettre les pieds dans un zoo de sitôt et pas par peur des animaux, bien au contraire…

Complètement barré, allant encore plus loin que le premier volume dans l’absurde, rythmé et pourvu d’une morale de toute fin de tome bien installée, le deuxième et dernier tome de Virgin Dog Revolution convainc totalement. Akata a trouvé ici une série qui fait le juste milieu entre le délire et l’œuvre à thème, c’est donc sur une bonne impression et un pincement au cœur que l’on quitte Yûji et Sadao. L’éditeur aura aussi permis de faire découvrir le style nuancé de Shôhei Sasaki et bien que l’œuvre globale du mangaka soit plutôt succincte, on espère découvrir ses autres séries un jour, dans l’hexagone.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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