Unsung Cinderella Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 12 January 2021

Les éditions Meian sont encore assez jeunes en ce qui concerne leur catalogue japonais, ce qui ne les empêche pas de chercher à varier les œuvres proposées. En la toute fin d'année 2020, c'est au genre médical que s'est attaqué l'éditeur avec Unsung Cinderella, un titre au sujet particulier puisque l’œuvre aborde le quotidien d'une pharmacienne travaillant dans un milieu hospitalier.

Le manga a vu le jour en 2018, sous le titre complet Unsung Cinderella : Hospital Pharmacist Aoi Midori, qui a lui seul pourrait résumer le synopsis de la série. Cette dernière, dessinée par Mamare Arai, paraît dans la revue Comic Zenon des éditions Tokuma Shoten et compte à ce jour 5 volumes. A noter cependant que la mangaka n'est pas seule sur le projet puisqu'elle profite des conseilles médicaux du pharmacien Hiromitsu Tomino.

Midori Aoi est jeune, et elle travaille comme pharmacienne hospitalière dans un complexe qui accueille de nombreux patients. Et si on devait dresser une hiérarchie de l'établissement, le jeune femme serait clairement en bas de l'échelle. Car bien qu'indispensables, les pharmaciens ne bénéficient pas de la reconnaissance dont profitent médecins et infirmiers, et faire valoir leurs voix dans ce milieu est parfois compliqué. Mais cela ne décourage pas Midori a exercer sa profession le mieux possible, ce qui implique aller contre vent et marée quand elle pense agir au mieux pour les malades.

Le milieu hospitalier a maintes fois été traité dans la fiction, qu'il s'agisse dans les séries télévisées et le manga. Chaque titre doit apporter sa petite pierre à l'édifice, et c'est précisément ce que fait Mamare Arai avec sa série qui se focalise sur le poste méconnu de pharmacien hospitalier, qui existe aussi en France d'ailleurs. Sur ce simple postulat, le premier tome parvient à se montrer intéressant et en renouvelant les situations. Parce que l'héroïne et ses collègues sont souvent mis sur la touche par les médecins de l'hôpital, se frayer une place est compliquée, et ce sont les actions à contre courant de Midori qui viennent ponctuer le récit, tout en servant différents cas de patients toujours variés et documentés, de sorte à ce que le lecteur en sache un peu plus à la fin d'un chapitre. Assez classique dans la fond, mais pas dans la forme, donc.

Chaque épisode constitue donc une affaire médicale à résoudre, et un patient à analyser. Chose que Midori fait sans forcément avoir le consentement de la hiérarchie, vous l'aurez compris, et c'est là que ce début de récit s'enrichit d'un joli propos : Les dérives hospitalières. Entre orgueil de médecins et manque de confiance entre les différents corps de l'établissement, la mangaka n'hésite pas à pointer du doigt certains dysfonctionnement. Cela passe parfois par la mise en scène de personnages un poil clichés, des docteurs imbus d'eux-même, mais toujours dans le but de nourrir un propos humain. Ce premier tome d'Unsung Cinderella, c'est une invitation à l'altruisme particulièrement plaisante à suivre, grâce à une Midori toujours bienveillante et déterminée, dotée d'un petit côté maladroit qui la rend attachante.

Ce début d'oeuvre profite aussi d'un casting de personnage qui s'étoffe rapidement. Dès les premières pages, quelques collègues de l'héroïne sont montrés, dont un supérieur au caractère grincheux mais qui va révéler peu à peu ses richesses humaines. De fil en aiguille, la mangaka créé une véritable dynamique de personnages et un groupe de médecins qu'on se plaît à suivre pour leurs identités et leurs petits secrets. A ce titre, on sent une certaine influence des séries du genre, une direction bien traitée et qu'on espère voir s'enrichir par la suite.

Unsung Cinderella s'offre alors une entrée en matière plus que réussie, ce parce que Mamare Arai utilise à bon escient la formule de la fiction hospitalière en apportant un zeste de nouveauté, des personnages déjà attachants, un petit sous-texte social et une ambiance toujours juste qui ne tombe jamais dans l'excès émotionnel. Ceci appuyé par le trait charmant de l'artiste, c'est une excellente surprise que constitue ce début d'intrigue.

Saluons aussi la très agréable édition de Meian qui profite d'un papier épais et de jolis vernis sélectifs sur la couverture. La traduction, elle, a été confiée à Camille Duret. Il faudrait évidemment avoir les compétences médicales nécessaires pour s'assurer qu'un travail minutieux sur le thème a été fait, mais l'ensemble sonne en tout cas juste et clair aux yeux du lecteur, sans lacune particulière.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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