To Your Eternity Vol.7 - Actualité manga

To Your Eternity Vol.7

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 11 December 2018

Chronique 2
  
Avec la mort de vieillesse de Piolan, la fin du 6e volume de To Your Eternity marquait comme une fin de premier cycle, celui de la "jeunesse" d'Imm, entité immortelle qui a déjà beaucoup évolué au fil de ses rencontres. La disparition de Piolan semble être pour lui le coup dur de trop, il n'en peut plus de voir son entourage mourir tandis que lui reste immortel, et il choisit alors de s'isoler sur une île, autant pour rester seul et ne plus souffrir de ces disparitions que pour éloigner du reste du monde les knockers, inévitablement attirés par lui. Ainsi le temps passe-t-il. 10 ans, 20, 30, 40... On retrouve un Imm qui a grandi et qui s'est isolé pendant tout ce temps, et les premières pages de ce 7e tome posent très bien tout ça, dans une ambiance justement hors du temps, où l'on voit de manière assez fascinante ce que le protagoniste de la série a fait pendant toutes ces années... Mais inévitablement, le passé ne peut que le rattraper. Alors que les knockers commencent à attaquer ailleurs et qu'il doit donc renoncer à son exil, que sont devenus les gens qu'il a rencontrés il y a désormais plus de 40 ans ? Et quel est le but de Hisame, une petite fille de 9 ans venant à sa rencontre et se présentant comme la petite-fille de Hayase ?

Dans un tome globalement plus calme, Yoshitoki Oima livre un début de nouveau cycle assez étonnant, dans la mesure où elle change le rythme de son oeuvre: rien que dans ce volume, il s'écoule plusieurs décennies. Et forcément, pendant qu'Imm restait isolé sur son île, et même après qu'il la quitte, beaucoup de choses se sont passées... Tout d'abord, il y a la mise au point sur ce que plusieurs personnages rencontrés par notre héros sont devenus, et là-dessus Oima séduit encore dans l'émotion qu'elle sait susciter concernant certains disparitions, certains évolutions, et ces choix des personnages en question, en particulier une demoiselle que le lecteur a bien connue et dont une bonne partie de la vie a finalement tourné autour d'Imm. Il y a alors réellement comme une fin de cycle, qui a de quoi rappeler des souvenirs voire faire couler quelques larmes. Mais au-delà des personnages en eux-mêmes, pendant toutes ces décennies c'est aussi l'univers global qui a évolué, et la mangaka ne l'avait peut-être jamais autant mis en avant qu'ici. Car de nombreuses nouvelles donnes apparaissent, et elles concernent essentiellement la place qu'Imm occupe dans ce monde dont il s'est pourtant isolé pendant 40 ans. On découvre ce nouveau contexte enrichi assez clairement malgré quelques éléments trop rapides, et cela s'avère séduisant, d'autant plus que l'autrice parvient à y glisser encore des thématiques assez prometteuses, autour de la mémoire, de l'âme, de la déification, de la religion... On attend impatiemment de voir ce qu'elle en fera, encore plus au vu de la fin du volume qui entame une autre partie.

Et Imm dans tout ça ? Eh bien son évolution se poursuit, indubitablement. Avec cet univers qui évolue tout autour de lui, il ne eut que s'interroger un peu plus sur sa propre place dans celui-ci. A-t-il fait le bon choix en cherchant à s'isoler de tous ? Devrait-il, au contraire, chercher des compagnons ? La question de la procréation est également évoquée en filigranes, aura-t-elle son importance sur notre héros ?

Oima entame donc plutôt bien un nouveau cycle qui, dans son rythme, dans l'enrichissement de son univers, dans ce que deviennent certains personnages, ou dans les évolutions d'Imm, séduit toujours autant. La mangaka, sans perdre de son ambiance si captivante, sait même surprendre et parvient sans difficulté à relancer son histoire.
  
  
Chronique 1
  
Au cours de son voyage, Imm a rencontré beaucoup de compagnons, et en a perdu presque tout autant. Le décès de Piolan a sonné comme un déclic chez l'entité qui, ne voulant plus connaître la douleur de perdre un être cher, décide de vivre seul, loin des autres. Ainsi, les années s'écoulèrent sans qu'Imm se lie à qui que ce soit... Pourtant, cela n'empêche pas la menace des Knockers de sévir, tandis qu'un véritable culte autour d'Imm s'est développé sans qu'il en ait conscience.

Le tome précédent a marqué une étape clé dans le voyage d'Imm, autrefois simple sphère dotée de conscience qui, en prenant l'apparence de ses proches disparus, a énormément évolué, paradoxalement au point de s'isoler des autres par peur de leur mort. Là où To Your Eternity adoptait un schéma similaire pour chacun de ses arcs, Yoshitoki Ôima renie ici sa formule pour entrer dans une phase totalement nouvelle, peut-être celle de la solitude. Car si les 6 premiers tomes développaient les rencontres d'Imm, présentaient le personnage comme enjoué et fier de ses rencontres, c'est une sorte d'opposée qui nous est ici présentée. L'idée de la mort, plus précisément du deuil, reste très présente dans ce volume, une thématique qui a du sens par rapport à ce que la série a développé jusqu'à présent, et que l'autrice décortique de manière tout à fait volontaire.

Chose totalement inédite dans la série, la mangaka fait évoluer son récit à travers les décennies. Une très grande période est couverte par ce volume, dans le but de marquer l'isolement d'Imm, mais aussi les héritages laissés par ses compagnons. Et, forcément, le rapport qu'a la série au temps et synonyme de nouveaux trépas, aussi Yoshitoki Ôima utilise brillamment le facteur temporel pour amener d'autres évolutions chez Imm, afin qu'il se questionne davantage sur son existence et ne fasse pas un éternel surplace. Pour le lecteur, tout comme pour le protagoniste, ce sont quelques passages forts, qui rendent presque nostalgique à l'égard des six premiers tomes, mais indispensables pour impacter Imm.

En parallèle, si le volume propose moins d'action, il intègre une passionnante évolution de l'univers. Les années passant à grande vitesse dans cet opus, l'autrice développe de manière astucieuse l'impact du héros sur le monde qui l'entoure, lui qui est censé jouer un grand rôle à l'échelle universelle. C'est de manière très astucieuse que Yoshitoki Ôima chamboule le cheminement de sa série, et apporte des enjeux beaucoup plus grands que précédemment. Paradoxalement, Imm, souhaitant maintenant la solitude, ne peut plus voguer à travers le monde tel un illustre inconnu. Son « don » et son image ont transcendé les générations, et il doit faire face à cet héritage. Voilà qui amène un intéressant développement générationnel mais aussi une évolution de l'image du héros qui colle à sa nature d'entité presque divine, tandis que son affrontement contre les Knockers est présenté comme une longue guerre sans fin qui ne concerne plus seulement le protagoniste.

Un tome donc plus calme, mais brillant en ce qui concerne son traitement des thématiques, l'évolution d'Imm, et le développement des enjeux. Pour l'heure, ce septième opus se présente comme une amorce maîtrisée d'un nouveau cycle, avec quelques surprises ponctuellement introduites par le scénario, ainsi que quelques drames qui feront peut-être verser quelques larmes. Et avec l'arc qui s'ouvre sur la fin de tome, difficile de ne pas se montrer curieux quant à la suite de la série.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News