Tigre des neiges Vol.7 - Actualité manga

Tigre des neiges Vol.7

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 January 2021

Quand Akiko Higashimura commence le tome par l'un de ses apartés typiques où elle compare une bataille d'époque à Jurassic Park, on se dit qu'on va forcément encore avoir un volume enlevé ! Et ça ne manque pas, puisque la mangaka a évidemment une manière bien à elle d'explorer une nouvelle étape importante de la légendaire confrontation entre Uesugi Kenshin et Takeda Shingen, à savoir la première bataille de Kawanakajima. Et si cette bataille, comme l'autrice l'explique très bien, n'est pas la plus connue de celles de Kawanakajima (c'est la quatrième qui est restée dans les mémoires), cela ne l'empêche pas, pendant la premier partie de ce 7e tome, de la narrer, la présenter et la décortiquer avec beaucoup d'intérêt.

Ayant eu lieu en 1553, cette première bataille a duré 4 mois, et fut composée en réalité de deux conflits (à Sarashina puis à Fuse). Et si elle n'a pas vu Kagetora et Harunobu croiser directement le fer pour la première fois, elle a visiblement surtout permis aux deux rivaux de bien se jauger. Bien sûr, la bataille n'a pas été dépourvue d'action, au travers de différentes prises de châteaux et provocations, mais elle fut surtout un moyen pour les adversaires de s'observer, de se surveiller, au gré de petits stratagèmes. Dans tout ça, Higashimura parvient à assez bien (même si rapidement) mettre en avant le rôle de plusieurs personnages autour de Tora, notamment sa doublure Shiro. mais ce qui intéresse le plus est sûrement ailleurs avec l'évocation efficace et passionnante de certains lieux symboliques. Il y a notamment la fameux fleuve Shinano (aussi appelé fleuve Chikuma), le plus long du Japon, sur lequel on découvre brièvement des légendes, et dont on appréciera la symbolique que lui offre la mangaka en en faisant en quelque sorte un cours d'eau reliant Harunobu et Kagetora. Mais il y a surtout le cas du célèbre temple Zenkô-ji, lieu qui deviendra plus tard très important pour Uesugi Kenshin, et qui était justement le seul temple à accepter les femmes... De quoi nourrir comme il se doit l'hypothèse du sexe féminin du seigneur de guerre, tandis que Higashimura s'applique également à évoquer l'impact des menstruations de son héroïne sur sa gestion de la bataille.

Quant à la suite, elle entame tout doucement un nouvel arc, voyant Kagetora voyager jusqu'à Kyoto, en premier lieu pour recevoir son autorisation à exercer les fonctions de gouverneure, en plus de devenir sous-secrétaire de l'office de la censure. Tout en montrant bien la prise d'importance évidente de l'héroïne au sein du pays, l'autrice présente surtout avec concision et fluidité tous les enjeux réels autour de Tora, que certains puissant du pays souhaitent s'accaparer. L'occasion, entre autres, d'aborder ce qui se passe du côté d'Ashikaga Yoshifuji, le 13e shôgun du bakufu de Muromachi, et de manière plus générale les situations conflictuelles du Japon où la future Uesugi Kenshin aura forcément un rôle à jouer.

Sous une narration toujours aussi emballante, Higashimura poursuit donc avec efficacité son récit, en n'oubliant rien des grands aspects historiques et des hypothèses quant au déroulement de certaines choses, tout en prenant soin d'appuyer encore et toujours la possibilité que Tora/Kenshin fut une femme. Le Tigre des Neiges reste ainsi une lecture toujours aussi captivante, à la fois plutôt pointue et assez facile d'accès grâce au ton trouvé par la mangaka.    


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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