The Killer Inside Vol.1 - Actualité manga

The Killer Inside Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 28 July 2020

Chronique 3 :

J'ai le sentiment de me répéter, mais le thriller est un genre cher au cœur des éditions Ki-oon qui nous en propose très régulièrement, qu'il s'agisse de récits fantastiques ou non, les histoires sombres et malsaines sont régulièrement mises en avant dans le catalogue de l'éditeur, et le plus souvent avec des titres de qualité !
Si Ki-oon a une relation privilégié avec das auteurs tels que Tetsuya Tsutsui ou encore Kei Sanbe (pour lequel je possède une admiration sans faille), bien d'autres ont l'occasion de briller au sein de la collection seinen de l'éditeur! Ici nous découvrons The Killer Inside, un titre glauque et malaisant...

La paternité de ce titre revient à deux auteurs qui s'essayent pour la première fois au genre: Hajime Inoryu au scénario et Shota Ito au dessin. A ce jour le titre est toujours en cours au Japon avec 9 volumes.

Eiji est un étudiant en apparence des plus banales, suivant une scolarité classique sans problème, a des amis, participe à des soirées...mais seulement en apparence: il est le fils du plus célèbre tueur en série Japonais, connu sous le pseudonyme de LL. Ce dernier est mort il y a quinze ans dans un incendie qu'il a lui même provoqué, préférant mourir que de se livrer à la police. Mais avant de mourir il laisse un message posthume annonciateur de drames: "Je tuerai à nouveau... LL".
Bien évidemment personne n'y a cru jusqu'à ce que quinze ans plus tard une femme soit retrouvée morte, tuée avec les mêmes méthodes glauques et violentes qu'utilisait LL.
De son coté, Eiji, qui a été adopté par des parents aimants, tente de se faire oublier mais se fait régulièrement insulter, se fait appeler "le fils du diable" mais préfère ignorer tout ceci. Un beau jour il se réveille aux cotés de la plus jolie fille de l'université, sans se souvenir comment il est arrivé là...sauf que son absence de souvenir date de trois jours...trois jours qui ont disparu et durant lesquels il aurait eu des comportements qui ne lui correspondent pas, comme le fait de rosser une brute ce qui lui a permis de séduire la belle Kyoka, totalement folle de lui.
Celle ci bien qu'étant au courant de son histoire, le protège envers et contre tout. Mais Eiji ne parvient pas à s'expliquer certaines choses, comme les liens qu'il aurait tissé avec une bande de voyous bien content de désormais compter dans leur rang le fils de LL...
Il va tenter de démêler cette sombre histoire qui lui réserve bien des surprises !

Ce premier volume nous propose un scénario de départ assez convaincaint et titillant grandement notre curiosité !
Outre les infos qui sont donnés sur LL au fur et à mesure, le lecteur découvre les événements qui se sont déroulés durant les absences de Eiji en même tant que lui, on va donc suivre son parcours, son enquête et avoir les mêmes surprises.
Tout cela va passer par le biais de nombreux personnages gravitant autour de lui, du meilleur pote à la petite amie, en passant par un journaliste ou une inspectrice, autant de personnages qu'on apprend à découvrir petit à petit là encore par le prisme de Eiji.
Le problème étant que nombre de ces personnages se montrent assez clichés et par conséquent plutôt agaçants! On a le journaliste qui ne soucie pas de la vie des gens sur lesquels il enquête, l'inspectrice jouant le rôle du méchant flic, la petite amie trop belle pour être vraie, sans parler des voyous qui interviennent autant à la fin que celui corrigé par Eiji, des clichés de mauvais garçons parce que c'est bien pratique !
Reste que le personnage de Eiji se montre lui particulièrement intéressant, notamment par le lien qu'il a avec le tueur et par ce qu'il a du subir tout au long de sa vie.
D'ailleurs il y a là aussi un petit coté agaçant, difficile à dire s'il est vraiment symptomatique de la société Japonaise ou s'il s'agit là encore d'un cliché: peu de gens semblent faire la différence entre LL et son fils qui n'a rien demandé et qui subit depuis toujours du harcèlement.
A ce niveau on note la remarquable intervention de Kyoka qui explique justement au journaliste que dans l'histoire Eiji est avant tout une victime.
Des rapports donc intéressants et un personnage principal complexe qui ne demandent qu'à être davantage exploités.

Mais le véritable intérêt de ce premier tome c'est le trou de trois jours qu'à vécu Eiji et durant lesquels il semble qu'un autre Eiji ait agi à sa place... On pense en toute logique à de la schizophrénie avec un dédoublement de personnalité, mais cela apparaît trop simple (et serait pour le coup assez décevant), on pense bien évidemment à des "gènes de tueur" qui se seraient transmis, mais ça n'a aucun sens...une réincarnation de son père façon Chucky qui prend possession de son corps... à ce stade c'est bien difficile de trancher et c'est ce qui rend ce premier tome aussi intéressant, mais il s'agit en même temps d'une sacrée pression sur les épaules des auteurs, car ils ne peuvent se permettre de se louper et de faire n'importe avec une résolution soit trop simpliste soit qui ne tiendrait pas la route !
Seul l'avenir (et les volumes suivants) nous diront s'il s'agit d'une réussite ou non !

Graphiquement c'est plutôt réussi bien que perfectible. Le trait se veut assez classique mais Ito parvient à donner vie à des personnages expressifs (parfois à l’excès). Les personnages se distinguent sans problème et les auteurs parviennent à créer une ambiance sombre plutôt séduisante.

Au final on a là un premier tome intrigant sans être totalement séduisant, on se pose des questions c'est évident, on est assez curieux mais ce premier opus n'est pas pour autant passionnant...
A voir ce que l'avenir de la série nous réserve !

Chronique 2

Le thriller est un registre fortement rattaché au catalogue des éditions Ki-oon, tant l'éditeur a toujours tâché de porter ce type de récits, et cela dès ses premières années d'existence avec un auteur comme Tetsuya Tsutsui. Depuis, chaque année, ou presque, un ou plusieurs nouveaux récits s'inscrivant dans cette veine arrivent chez l'éditeur, et cela peut aller des différentes oeuvres de Kei Sanbe jusqu'au polar froid Route End, en passant éventuellement par des "jeux de la mort" plus orientés ados comme King's Game, Re/Member ou les oeuvres de Yoshiki Tonogai. Il n'est donc pas étonnant que le début d'année 2020 ait vu arriver, en février, un nouveau représentant chez l'éditeur, qui s'annonce particulièrement sombre et adulte...

De son nom original Shin'ai naru Boku e Satsui wo komete, publiée depuis 2018 au Japon dans le Young Magazine de Kôdansha, The Killer Inside est la première série longue du dessinateur Shota Ito, qui met ici en images un scénario assuré par Hajime Inoryu. Jusqu'à présent inédit en France, ce scénariste officie depuis une dizaine d'années et avait auparavant à son actif deux histoires sportives, dont l'une, Swimming Ace, sera à découvrir à partir de juin chez Pika Edition. En somme, The Killer Inside est un premier essai dans le récit sombre pour les deux artistes !

Ici, nous voici plongés dans un Japon contemporain auprès d'Eiji Urashima, un étudiant a première vue on ne peut plus banal. Plutôt discret, un peu maladroit et toujours puceau, il se fond largement dans la masse... mais cette discrétion découle sans doute aussi d'une dure vérité qu'il tente de faire oublier: il est le fils de LL, alias Makoto Hachinoi,l'un des plus horribles tueurs en série du pays, qui sévissait il y a une quinzaine d'années en suivant toujours le même modus operandi barbare, jusqu'au jour où, sur le point d'être rattrapé par la police, il a préféré se donner la mort dans un incendie, non sans laisser, comme un testament prophétique et funeste, de derniers mots écrits: "Je tuerai encore... LL".
Même s'il reçoit encore régulièrement des visites de journalistes peu scrupuleux ou des appels anonymes insultant le qualifiant de "fils du diable", Eiji a appris à vivre avec ça et préfère ne pas trop y faire attention. Après tout, il a eu des parents adoptifs attentionnés, il a un pote à la fac, il peut poursuivre ses études sans trop d'encombres... et, cerise sur le gâteau, après une soirée/rencontre arrosée entre plusieurs étudiants il se réveille le lendemain matin dans le même lit que Kyoka Yukimura, très belle camarade d'université ! La jeune femme affirme avoir craqué sur lui quand il l'a sauvée d'un danger et a eu pour elle des mots forts... Mais le gros problème, c'est que non seulement Eiji n'a aucun souvenir de tout ça, mais qu'en plus il ne s'est pas écoulé une nuit mais trois jours depuis la soirée ! Trois longues journées dont le jeune homme n'a absolument aucun souvenir... comme si quelqu'un d'autre avait, pendant tout ce temps, occupé son corps. Et comme si ça ne suffisait pas, la police, de son côté, retrouve le cadavre d'une jeune fille, atrocement mutilé, exactement selon le même modus operandi que LL...

Les auteurs livrent ici un premier volume où ils prennent plutôt leur temps pour lancer peu à peu les choses, et où, on le sent bien, ils tâtonnent un peu: certaines phases de départ son un brin longuettes, quelques petits éléments se répètent, et la palette de personnages secondaires s'annonce pour l'instant assez caricaturale, entre la beauté pure, la fille bizarre et mystérieuse qui semble en savoir long, le reporter bien pourri aimant remuer la merde, l'inspectrice de police sévère, et surtout le gang apparaissant en dernière partie de tome où l'on a des clichés bien extrêmes de gars sadiques et cruels (à tel point qu'il sont parfois presque plus ridicules qu'autre chose)... Il faut espérer que tout ceci s'affine par la suite, car en dehors de ça on a droit à un début d'intrigue qui pique très facilement la curiosité.

En premier lieu grâce à son héros, potentiellement un peu barbant au tout début, mais montrant au fil des pages de plus en plus de choses assez intéressantes. Ainsi, son statut de "fils de tueur" est assez bien croqué, tant cette condition qu'il n'a évidemment pas choisie a toujours conditionné son existence: il a connu des choses tragiques par le passé (que l'on découvre au fil du volume, donc on n'en dira pas plus), a été adopté, a toujours dû composer avec les comportements et messages haineux à son encontre (l'occasion de voir encore toutes les difficultés du statut de "proche de meurtrier" au Japon, une chose également vue dans Route End, toujours chez Ki-oon, mais aussi dans Le Bateau de Thésée sorti aux éditions Vega)... mais il tâche du mieux possible de s'en accommoder et de vivre avec, en évitant souvent de se lamenter sur son sort, voire en essayant de prendre els devants.

En somme, on a en Eiji un garçon assez actif, évitant de trop tergiverser, et qui pourrait se révéler assez complexe... encore plus à partir du moment où, petit à petit, il commence à comprendre ce qui lui arriver, entre sa relation avec Kyôka faite de trous comme si la jeune fille avait passé son temps avec un "autre Eiji", ces jours dont il n'a aucun souvenir comme s'il avait dormi tout ce temps alors que tout porte à croire qu'il a continué à s'activer et à vivre des choses, des choses on ne peut plus inquiétants qu'il retrouve chez lui sans savoir ce qu'elles font là, l'avis de la police selon lequel la fille retrouvée morte aurait été sa petite amie alors qu'il ne la connaît pas... Beaucoup de choses intrigantes et laissant planer une possible vérité effrayante et troublante...

Les questions se bousculent alors facilement. Le jeune homme souffre-t-il d'un trouble dissociatif de la personnalité ? A-t-il hérité des gènes meurtriers de son père sans même en avoir conscience ? Ou la vérité est-elle encore plus compliquée et impensable ? Ces interrogations sont assez stimulantes et pourraient permettre au récit de partir dans des directions assez complexes... quand bien même, dans l'immédiat, la dernière partie du tome lancent les choses dans une affaire plus basique.

Visuellement, là aussi on sent un peu de tâtonnement: certaines trames peuvent paraître un peu aléatoires ou pas assez nuancées, il y a quelques irrégularités ainsi que des expressions faciales certes bien variées mais parfois trop forcées... mais c'est surtout le cas dans les premiers temps, car assez vite Shota Ito semble trouver ses marques jusqu'à proposer un rendu toujours plus convaincants. Généralement simplement tirés de photos, les décors ont tout de même le mérite d'accentuer assez bien l'immersion, et certains moments forts sont comme figés dans une certaine intensité, comme lors de cette page assez dense où Rei dit à Eiji qu'il souffre peut-être d'un trouble dissociatif. Surtout, il y a un travail de plus en plus immersif sur les noirs et les gris, pour accentuer l'ambiance un peu crasseuse, un peu à la manière de ce que peuvent faire des mangakas comme Nokuto Koike ou Yuka Nagate.

Au bout du compte, malgré quelques tâtonnements, des caricatures et certains éléments se mettant un peu plus difficilement en place, ce premier volume de The Killer Inside finit immanquablement par piquer la curiosité, d'autant que sa longueur assez importante pour un thriller (l'oeuvre approche des 9 volumes au Japon) laisse espérer un scénario aux nombreux développements. Le récit semble avoir les cartes en mains pour se bonifier, il ne tient qu'aux auteur de confirmer ça...

Concernant l'édition, Ki-oon livre son habituelle qualité de papier et d'impression. Les choix de police sont soignés, y compris dans le sous-titrage des onomatopées, et à la traduction Alex Ponthaut livre une copie convaincante et claire. Soulignons aussi la petite postface assez intéressante, où le dessinateur livre quelques petits détails sur sa conception de certains personnages.


Chronique 1

Le thriller horrifique est un genre indissociable des éditions Ki-oon, qui ont bâti une partie de leur succès sur ce registre, en plus de lui avoir donné une visibilité sur le marché français. On retient essentiellement les œuvres de Yoshiki Tonogai ou la saga King's Game, mais d'autres titres se sont greffé à l'équation depuis. Parmi les plus récents, même si on est dans le thriller pur plutôt que l'horreur, citons Route End et Echoes, l'un des derniers récits en date de Kei Sanbe.

En ce mois dé février 2020, c'est un nouveau récit à suspense, sombre et fort, que nous propose l'éditeur. Première série à paraître chez nous de Hajime Inoryu et Shota Ito, The Killer Inside est en cours de parution depuis 2018, dans les pages du Young Magazine de l'éditeur Kôdansha, sous le titre Shinai Naru Boku e Satsui wo Momete. 7 tomes sont actuellement parus au Japon, le rythme de sortie étant d'environ un opus tous les trois mois.

Jeune adulte parmi tant d'autres et étudiant ordinaire, Eiji cache un lourd secret qui n'en n'est plus vraiment un. Il est le fils de « LL », un tueur en série au modus operandi particulièrement macabre, qui est mort il y a une quinzaine d'années. Nombreux sont ceux qui connaissent cette vérité, si bien qu'Eiji n'a pas toujours bonne réputation, quand bien même il n'aurait tué personne au cours de sa vie.
Célibataire, il se réveille un jour dans le même lit que Kyoka Yukimura, une camarade de fac et très jolie fille de surcroit. Eiji ne se souvient de rien, mais Kyoka est pourtant sa petite-amie depuis la veille ! Le plus troublant, c'est que le jeune homme a totalement oublié les trois journées précédentes... Et tandis que ces pertes de mémoire se feront de plus en plus fréquentes, le cadavre d'une jeune femme sera retrouvé, mutilé comme LL le faisait en son temps...

Avec ce premier tome, The Killer Inside présente une intrigue pleine de mystères, dévoilant ses énigmes au fil des pages. Il est question d'un étrange meurtrier sordide d'une part, mais l'un des atouts de ce début de série est de greffer d'autres éléments d'intrigue à ce point de départ. De manière logique, il y aura tout un puzzle à reconstituer au cours de la série, chose que Hajime Inoryu présente habilement puisque chaque nouvelle information étrange pique sans mal l'envie de suivre la progression du scénario. Celui-ci ne revet pas immédiatement des airs d'enquête, une phase qui ne survient finalement que vers la toute fin de volume, après quelques premières révélations clés.

Une bonne chose pour le titre : celui-ci ne semble pas parti pour être une investigation totalement linéaire, bien au contraire. Le milieu policier, évidemment présent dans ce premier volume, n'occupe finalement qu'une petite part, et ce sont les démarches personnelles du protagoniste qui seront finalement mises en avant. A ce propos, nous avons droit à un personnage principal plutôt appréciable, un peu simplet mais doté d'une certaine assurance, et doué d'une volonté de bien faire. D'ailleurs, l'ensemble du casting jongle entre des figures plutôt sympathiques, et d'autres un poil caricaturales, notamment celles apparaissant vers la fin de volume. On notera aussi quelques situations clichées dans ce premier opus, dont le protagoniste qui devient le suspect n°1. Néanmoins, le cliché est ici justifié par l'ensemble du scénario.

Bon nombre d'éléments assez prometteurs donc, et quelques facilités par-ci par-là, mais qui n'entachent globalement pas le plaisir de lecture de ce début de récit intrigant. Il est évidemment trop tôt pour se faire un avis global, surtout pour un titre qui dépassera peut-être la dizaine de volumes, une sacrée bonne durée pour un thriller. Mais il y a bien une idée qui se dégage particulièrement, celle de la filiation. Sommes-nous voués à ne jamais nous éloigner de notre lignée ? Un questionnement intéressant, mis ici en avant via le personnage d'Eiji, puisque l'un des enjeux sera de savoir si le héros est bel est bien destiné à finir comme son géniteur... A moins que le scénario nous réserve quelques surprises à ce sujet.

Enfin, on peut saluer le dessin de Shita Ito, garantissant une immersion assez efficace. Si les scènes purement macabres ne sont pas (encore?) récurrentes, on apprécie le travail du dessinateur sur les personnages, et notamment les expressions de visages qui dégagent beaucoup de vie, qu'il s'agisse des joies du héros comme de ses hésitations. Notons aussi une utilisation des notes sombres pour garantir efficacement l'ambiance, pour souligner que l'artiste est à l'aise dans ce registre.

Côté édition, Ki-oon nous offre sa traditionnelle bonne copie : un papier épais de qualité, une bonne impression, et une traduction signée Alex Ponthaut qui semble en phase avec son œuvre. Pas de page couleur, mais c'est un point à reprocher à l'édition japonaise.

The Killer Inside a donc les cartes en mains pour être un thriller plaisant à suivre sur le long terme. Les ficelles du genre côtoient quelques éléments d'intrigue plus captivant, tandis que le scénario a de quoi se développer comme il se doit pour aboutir à un divertissement intense et rythmé au final. Un manga à surveiller pendant quelques volumes encore pour vérifier ce qu'il a dans le ventre.
   

Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Erkael

14 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.25 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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