Tant que nous serons ensemble Vol.4 - Actualité manga

Tant que nous serons ensemble Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 04 December 2020

Chronique 2 :

C'est un fait: même si de son côté Akira tâchait de rester forte, adulte et d'avancer, la distance entre elle et Kei leur faisait mal à tous les deux. Le jeune homme était même devenu particulièrement vide et amorphe, comme s'il manquait l'essentiel dans sa vie. Si bien que, désespéré, il a fini par démissionner, quitter la maison familiale et aller retrouver sa soeur dans une froide soirée hivernale où il a trouvé le moyen de tomber malade. Aki s'est évidemment chargée de soigner sa fièvre, et voici donc les deux jeunes gens à nouveau réunis. Mais à présent, que faire ? Le trouble reste présent en eux, d'autant que lors de sa fièvre Kei s'est laissé aller à un geste sans équivoque quant à ce qu'il ressent.

On ne le dira jamais assez, Yuki Akaneda dévoile une grande subtilité pour aborder un sujet si tabou, et elle sait à nouveau très bien le montrer dans ce qu'elle sous-entend concernant le ressenti de ses deux personnages principaux. Ainsi, en particulier dans le tome 3, on a bien senti qu'Aki et surtout Kei dépérissaient et n'étaient tout simplement pas heureux en étant éloignés l'un de l'autre. Tout ce qu'ils demandent, c'est rester ensemble car ils ont besoin l'un de l'autre et se sentent perdus si l'autre n'est pas là. Ils ont essayé de vivre éloignés, sans se voir, mais ne pouvaient pas le supporter. Pour tous les deux, l'heure est donc forcément venue de prendre des décisions. Des décisions pour leur propre bonheur, sans demander rien de plus, sans franchir de limites trop taboues puisqu'à ce jour ils n'ont rien fait de "mal". Mais des décisions qui restent difficiles à prendre, autant concernant les choix professionnels que leurs amis et leur lieu de vie. C'est donc là que, dans cette oeuvre où Akaneda joue volontiers entre les périodes et les personnages, on arrive petit à petit à la période de vie commune que l'on découvrait dans le premier tome de la série.

Dans ce récit toujours aussi délicat, pas de gros parti pris, donc, la mangaka continuant de simplement dresser le portrait de deux êtres souhaitant simplement rester ensemble, sans forcément franchir les barrières que la morale réprouverait le plus, mais avec le désir de trouver un bonheur bien à eux. Akaneda décortique en profondeur, parfois via l'art du non-dit et plutôt par la puissance évocatrice de ses dessins, ce que peuvent ressentir ses deux personnages, entre le trouble des décisions parfois difficile et radicales à prendre, et le plaisir de moments plus légers, comme quand ils se remémorent des souvenirs de leur enfance, ou quand Aki boulotte des gâteaux de manière amusante.

Mais même si leur choix se fait, il semble difficile d'échapper totalement à l'entourage et à la société. Nombre d'observations sont là pour signifier sans jugement de valeur le côté "anormal" de la relation d'Aki et de Kei, entre les amis d'Aki qui se demandent si Kei est vraiment son frangin tant leur attitude n'est pas celle d'une petite soeur et d'un grand frère, ou leurs nouveaux "voisins" qui le considèrent d'emblée comme un couple. Face à ça, nos héros, surtout sous l'impulsion d'Aki d'ailleurs, affirment de plus belle leurs choix... mais ces choix ont donc forcément aussi un impact sur leurs proches. En tête, certains amis quis 'étonneront forcément de ne plus avoir de leurs nouvelles d'un seul coup, et de ce côté-là on appréciera pas mal l'abord plus développé de la jeune femme s'affichant magnifiquement sur la jaquette, Tamaki, qui semble peu à peu prendre conscience de certaines choses, en particulier concernant son amour secret Gô. Autour d'Aki et de Kei, Akaneda continue de beaucoup prendre soin de ses personnages secondaires, montrant finement tout l'impact des choix du du principal.

Alors qu'elle a remporté cette année notre Tournoi Shôjo 2019 (chose qu'un sticker rappelle sur le volume, ça fait plaisir !), Tant que nous serons ensemble reste donc ici une lecture particulièrement fine, intelligente et sensible dans sa manière d'aborder sans la moindre putasserie un sujet bien délicat, où c'est avant tout l'humanité de ses personnages qui prime.


Chronique 1 :

Prêt à tout braver pour elle, Kei part retrouver Akira, alors que l'hiver glacial s’abat. Il parvient à retrouver sa jeune sœur, émue de revoir son frère. Seulement, le climat a raison de Kei qui s'effondre d'une forte fièvre, mais commet un geste décisif avant de s'évanouir. Lorsqu'il reprend ses esprits, il se trouve chez sa sœur. Le quotidien des deux jeunes gens, à la relation de plus en plus dangereuse, risque de prendre un nouveau tournant, Kei et Aki s'enfonçant dans un piège de plus en plus hermétique...

Les trois premiers tomes de Tant que nous serons ensemble ont su, avec brio, développer les tourments de ces deux frère et sœur que sont Kei et Aki, mais aussi ceux d'une poignée de personnages les entourant. Jusqu'ici, c'était plutôt leur séparation qui était montré, ce qui a mené chacun à prendre ses distances. Pourtant, l'amorce du manga fut claire : Les deux se retrouveront un jour. Aussi, pour Yuki Akaneda, le moment de montrer le moment charnière du récit est peut-être venu.

Kei parvenant à retrouver sa sœur, les retrouvailles entre les deux sont forcément au cœur de ce quatrième volume qui va doucement installer la relation dans laquelle sont voués à s'enfermer les deux protagonistes de l’œuvre. La mangaka se montre particulièrement habile pour montrer la manière dont le piège se refermera autour d'eux : Un geste maladroit lors de retrouvailles, une idée impulsive mêlée à un désir inconditionnel de ne pas être séparé de l'autre... Tout ceci n'est pas normal, les deux personnages le savent bien, et c'est aussi toute la complexité du récit de parvenir à démontrer ces sentiments dont ils ne peuvent se détacher. Ce quatrième opus le fait habilement, parfois même avec de petites notes de légèretés, de quoi rendre le récit destabilisant mais lui évitant de tomber dans un atmosphère toxique, l'intrigue étant suffisamment torturée de par les sentiments et émotions contradictoires de Kei et Akira.

Et dans à ces grands développements, Yuki Akaneda octroie une ambiance très légère, voire fleur bleue, à la manière d'une romance traditionnelle. Ce qui ne signifie pas qu'elle traite l'ensemble comme une comédie sentimentale classique, loin de là. Jusqu'au bout, quelque chose clochera dans le parcours de ces deux personnages, de leur relation interdite jusqu'à la manière dont celle-ci évolue. C'est presque une romance de banal jeune couple, sauf que celle-ci n'a rien de morale. L’ambiguïté des sentiments est donc toujours de mise, y compris dans le ton que le titre dégage.

Puis, à côté des deux protagonistes, il y a leurs amis qui gardent une présence assez appuyée, lors de certains chapitres. Le cas de Gô fut notamment abordé dans les opus précédents, mais c'est ici au tour de Tamaki, l'amie de Kei, d'être décortiquée dans la complexité de ses sentiments. Il n'y a donc rien d'anormal à voir la jeune femme briller sur une couverture aux ambiances automnales, symbole de mélancolie qui va lui sied dans tout ce qui est montré la concernant. Certes, son intrigue semble détachée de celle de Kei et Akira, mais elle parvient à nous toucher tout en nourrissant la grande idée globale de la série : La complexité des sentiments, et la dimension non idyllique de l'Amour.

Alors, Tant que nous serons ensemble conserve sa force mais aussi sa justesse, faisant avancer l'intrigue à bon rythme tout en démontrant une complexité humaine à chaque instant, le tout toujours croqué par une autrice au style fin et ravissant. A noter, sur ce tome, la présence d'une vignette du meilleur shôjo 2019 du présent site, un titre mérité, ce que prouve le quatrième opus, une fois encore.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction






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