Tant que nous serons ensemble Vol.2 - Actualité manga

Tant que nous serons ensemble Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 07 January 2020

Chronique 2

Ancien capitaine du club d'arts martiaux de son lycée, Makishima a toujours eu un succès fou auprès de la gente féminine... si bien que pour éloigner toutes ses prétendantes, il a fait courir la rumeur de son homosexualité. Tout du moins, c'est comme ça que tout le monde l'a pris: alors qu'il était on ne peut plus sérieux en faisant son coming out de manière un petit peu forcée, ses camarades ont pris cela comme une farce, et le taquinent encore régulièrement là-dessus. Après tout, comment quelqu'un comme lui pourrait-il être gay ? C'est peut-être ce que les autres se disent en silence... sauf une personne: Kei. Celui qui est voué à devenir son meilleur ami l'aborde naturellement à ce sujet, le prend au sérieux sans jugement, peut-être parce que lui-même a conscience que des sentiments sortant de l'ordinaire prennent le dessus en lui...

Très beau dans son ton tout en pudeur et sans jugement, mais aussi dans sa patte visuelle sobre et dosant finement les émotions, le premier volume de tant que nous serons ensemble frappait également juste dans sa construction un brin étonnante et ambitieuse, où Yuki Akaneda promettait d'ores et déjà de ne pas se centrer uniquement sur le frère Kei et la soeur Aki, en allant s'intéresser également à certains visages gravitant autour d'eux. Cela se confirme ici avec la mise en avant de Makishima: introduit en fin de premier volume en tant que personnage de premier plan, le meilleur ami de Kei est, ici, bel et bien le centre d'un début de tome toujours aussi enlevé. Et enlevée, la suite le sera aussi, la mangaka continuant d'aborder avec retenue non seulement la place des proches de Kei et d'Aki auprès d'eux, mais aussi la manière dont ce grand frère maladroit et cette petite soeur attentive et plutôt forte ne cessent de faire attention l'un à l'autre, de s'inquiéter l'un pour l'autre en toute situation...

Et même si, de par le format de tranche de vie et l'ambiance adoptées, il ne se passe pas forcément grand chose, on continue de remonter avec beaucoup d'intérêt jusqu'aux origines de l'amour que se portent les personnages. Les gestes d'attention permanente qui ne trompent pas, la lente et délicate prise de conscience... Tout ceci, Akaneda l'évoque plus qu'elle ne le montre vraiment, à travers un quotidien bien souvent normal, et en offrant différents points de vue à travers ses personnages. Loin de toute mise en valeur du tabou incestueux, la mangaka continue alors de dépeindre avant tout les sentiments en eux-mêmes dans leur complexité, la lente (ou retenue, puisque nos héros doivent bien savoir que c'est interdit) prise de conscience de ces sentiments, la difficulté de garder le contrôle sur ces sentiments se développant si naturellement, le tout à travers une atmosphère très quotidienne teintée de douceur et d'amertume, et via des planches toujours aussi fines, nous poussant à observer attentivement ces personnages pour essayer de percevoir ce qu'ils peuvent ressentir.

Ainsi ce second volume, doucement mais sûrement, via une narration jouant sur les époques et les points de vue, continue-t-il de proposer un récit fin et pur, mettant en exergue la complexité et l'humanité de ses personnages dans leurs sentiments. Au vu des débuts du tome 1, on sait déjà jusqu'où les sentiments de Kei et d'Aki vont les emmener, et on continue ici de suivre avec une forme de bienveillance et de désir de compréhension leur parcours.


Chronique 1

Makishima, le meilleur ami de Kei, a une certaine popularité dans son lycée. Pourtant, ce dernier est gay, et son coming-out a été perçu comme une farce pour éloigner les potentielles prétendantes. Kei est le seul à le prendre au sérieux et cherché à le comprendre car, lui aussi, éprouve des sentiments que beaucoup jugent « hors norme »...

Après un premier tome s'apparentant à une douce introduction, Tant que nous serons ensemble continue sur sa lancée avec un deuxième opus aux intentions similaires. Car derrière une volonté d'aborder des thématiques par rapport aux sentiments particuliers, Yuki Akaneda continue de développer une tranche-de-vie douce amère qui brille encore et surtout par son trio de personnages centrale.

Alors, Kei et Aki ne sont pas forcément les têtes d'affiche de la première partie de ce second volet. Intégré plutôt vers la fin du premier tome, Makishima est ici mis à l'honneur, dans sa vie de tous les jours comme dans son for intérieur. Et à ce titre, il faut reconnaître que la démarche de la mangaka sort un peu du lot : certains pourraient hâtivement juger le récit et trouver qu'il ne s'y passe pas grand chose, parce que l'autrice choisit de mettre en valeur ses personnages par le prisme du quotidien, parfois banal dans ses événements et dans les discussions que l'on peut avoir, marqué par quelques déboires et tourments qui surviennent finalement ponctuellement.

Un parti-pris dont la force est d'apporter de doux développements chez ces trois éléments de l'histoire. Ainsi, du côté de Kei et d'Aki aussi, la routine est présente, et ce n'est que très subtilement que Yuki Akaneda aborde les sentiments particuliers qui les ronge. D'ailleurs, l'amour entre ce frère et cette sœur n'est démontré qu'en filigrane, par quelques sous-entendus verbaux, et des choix d'avenir qui résultent de ces sentiments rarement dits, et pourtant bien ressentis par les deux protagonistes de l'histoire. Un traitement du sujet central qui confirme alors les intentions de la mangaka qui n'est pas de cautionner l'amour inceste (contrairement à certaines œuvres parfois populaires), mais tout simplement de parler avec douceur et mélancolie de la complexité des sentiments humains, qu'on ne contrôle parfois pas. C'est une thématique risquée, mais que l'autrice manie particulièrement bien, jusqu'à créer un récit d'une incroyable douceur mais aussi d'une grande amertume. On aimerait forcément que Kei et Aki vivent un quotidien sans se soucier de leurs sentiments, mais on sait déjà par l'introduction du tome un que ce frère et cette sœur tomberont dans ce piège redoutable. En ce sens, on reste curieux de voir comment l'autrice abordera cette évolution tout en restant fidèle à sa tonalité actuelle.

Par ce second tome, Tant que nous seront ensemble confirme ses qualités. Le sujet était plus que difficile à aborder, mais Yuki Akaneda le fait toujours avec justesse, mettant au premier plan les tourments des personnages afin de mettre en relief la complexité de leurs émotions, et ce à travers une ambiance jamais très chaleureusement, mais toujours assez amère et/ou mélancolique. Évidemment, le succès du récit vient aussi du coup de crayon de la mangaka, plein de finesse et d'émotion, totalement en phase avec l'ambiance de l’œuvre.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.25 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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