Talons aiguilles rouges (les) - Actualité manga

Talons aiguilles rouges (les)

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 17 April 2019

The world revolves around you, Le Coeur de la méprise, The Story of Never Ending Unhappiness, Caste Heaven, Pas touche au petit chat !... Avec tous ces titres publiés en France en quelques années, Chise Ogawa est devenue un nom bien connu des fans de boy's love, et elle est revenue en mars 2018 dans la collection Hana avec Les talons aiguilles rouges (Aka no theatre en vo), un récit en 4 chapitres (plus un chapitre bonus et un épilogue) qui a vu le jour en 2016 dans le magazine OnBlue des éditions Shôdensha.

Cette oeuvre nous plonge dans le milieu de la mode, et plus précisément dans la "capitale de la mode", Paris. C'est là qu'Albakin, l'une des entreprises de luxe les plus en vogue, sévit, dirigée d'une main de maître par Youri Albakin, homme séduisant, svelte et élégant, toujours vêtue de ses emblématiques talons aiguilles qui font le fierté et le succès de la société. Toutes les femmes les plus élégantes ne jurent que par Albakin, son génie, sa popularité... mais personne ne connaît les plus sombres et sulfureux secrets de l'histoire de la société. Autrefois déjà, Yuliya Albakin, l'ancienne patronne, avait fini par perdre ses talents et, pour ne pas perdre la face, se complaisait dans des sauteries avec tout le gratin, tout en confiant la conception des chaussures de la marque à un garçon alors jeune mais bourré de passion et de génie, Adam Coutault. Dénigrant son propre fils qu'elle jugeait incapable, passant ses nerfs sur lui ou sur Adam pour évacuer son orgueil et sa déchéance qu'elle ne pouvait accepter, l'odieuse diva de la mode a fini par passer le pouvoir à Youri à sa mort. Et Youri, lui, ne fait que poursuivre la voie prise par sa mère. SOn physique androgyne plaît beaucoup et lui sert bien pour s'attirer les faveurs des bonnes personnes et ainsi élargir la clientèle, sous l'oeil du vice-directeur Mikhaïl, une vieille connaissance de Yuliya. Mais tout ça, Youri le fait surtout pour Adam, qu'il aime et pour qui il est prêt à tout afin qu'il accomplisse son rêve. Youri le sait: Adam le manipule, pour pouvoir continuer d'exercer dans la conception de chaussures à talons hauts exceptionnels. mais c'est la voie qu'il a choisie, la voie qu'il a trouvé pour le garder à ses côtés... Mais l'entreprise Albakin y survivra-t-elle ?

Que l'on adore le milieu de la mode, que l'on s'en fiche ou qu'on l'exècre (personnellement, je fais plutôt partie de la dernière catégorie), il paraît difficile de ne pas se laisser immerger dans le récit proposé par Ogawa, un récit où le luxe et l'élégance des belles chaussures et des choses mondaines cache très souvent des faces beaucoup plus sombres: déchéance d'une ancienne patronne qui s'est noyée dans son succès d'autrefois, actes peu glorieux pour conserver l'image de marque, mensonges, concurrence rude pouvant amener au pire... La mangaka offre un récit mêlant de façon impressionnante la brutalité et l'élégance, jusque dans son dessin d'une finesse rare dans les silhouettes et les tenues, et en même temps parfois cru, sordide et sulfureux dans certaines scènes de sexe.

C'est donc dans cet univers qu'évoluent Youri et Adam, deux personnages principaux qui, malgré leurs tares, apparaissent étonnamment attachants en tentant de garder leur tête hors de l'eau et de vivre avec leur passion. Mais ce milieu sans pitié ne finira-t-il pas par les dévorer entièrement ? Sauront-ils, au bout du compte, se trouver ? Réponse dans une conclusion assez belle et plutôt intelligente dans les choix qui sont faits.

Après 170 pages, on découvre le petit chapitre bonus avec intérêt, dans la mesure où il s'intéresse de plus près à deux personnages à la fois secondaires et importants dans l'intrigue: Mickhaïl, et son rival Carlos. il s'avère que tous deux ont un lointain passé commun, et que leurs retrouvailles pour le compte d'Albakin seront sulfureuse... et sexy. En quelques pages, l'autrice parvient à bien faire comprendre le rapport qui existe entre ces deux personnages, et en cerise sur le gâteau il faut avouer qu'il est assez plaisant de la voir croquer ainsi deux hommes matures. Quant à l'épilogue, très appliqué, il vient mettre un excellent point final à cette histoire immersive et passionnante.

Du côté de l'édition, on a du travail satisfaisant avec un papier souple et sans transparence, une impression très honnête des premières pages en couleur et une traduction soignée d'Aline Kukor.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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