Space Brothers Vol.16 - Actualité manga

Space Brothers Vol.16

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 19 April 2017

Entouré par les eaux qui s’étendent à perte de vue, Mutta se tient sur le pont d’un piètre bateau. Revêtu qu’il est d’une combinaison de plongée : pieds palmés, bonbonnes d’oxygène sur le dos et le pousse vers le ciel. La mine rigolarde, il s’amuse : « I’ll be back ». Mais où donc ce loser magnifique aux petits éclairs de génie va-t-il encore s’embarquer ?

Tandis que le frère cadet Hibito poursuit sa série d’exercices afin de guérir ce mal lunaire qui l’accable – laquelle « épée de Damoclès » semble vouloir lui couper les ailes –, Mutta, de son côté, et en duo avec Kenji, s’en vient faire un brin de voyage en Floride dans le cadre d’une mission Neemo. Hein ? Neemo ? Oui… un programme de simulation de séjour lunaire en milieu aquatique. Les deux compères vont être soumis à rude épreuve durant plus d’une dizaine de jours, sous les eaux et dans l’obscurité des fonds marins : bienvenue dans la nouvelle – et tant attendue – phase autarcique de Space Brothers ! 

Chacun se souviendra de la séquence d’isolation extrême des précédents volumes trois et quatre lors de la phase de pré-sélection de la Jaxa. A nouveau, l’auteur Chûya Koyama confronte ses personnages à la solitude la plus haute : renfloués aux confins de leur âme, et parfois de leur désarroi ; assaillis par les incertitudes, aveuglés même qu’ils sont des apparats de l’individualisme. Pensant faire équipe, Mutta et Kenji, amis les plus fidèles et compétiteurs se portant le respect mutuel le plus élevé, apprendront néanmoins à leurs dépends qu’un seul d’entre eux sera sélectionné pour une mission lunaire. L’auteur surprend par sa façon de transformer le terreau de l’amitié en champ de cendres. Cendres dont émergera rivalité exacerbée ou amitié plus grande encore ?

Etonnant travail de retranscription d’une atmosphère à la fois trouble, pesante et drôle.  Des angles de vue évocateurs, avec ces plans depuis les fonds marins regardant vers la surface. Un climat de confusion apostrophé de viles coupures d’électricité à répétition qui ensevelissent  dans l’obscurité. La symbolique est toujours très présente, marquée : qu’il s’agisse du mystique « Supandaman » ou de cette fameuse tortue des mers. A nouveau, le récit se veut nourrit de quelques nouveaux personnages singuliers à la psychologie maîtrisée : tel l’immense Andy, autant gentil que effrayant ; ou encore le bonhomme de la maintenance dont les élans d’une allégresse fleur bleue clivent avec ses petites allures de catcheur américain. Le tout porté par un dessin qui ne cesse de s’améliorer, alors que déjà très bon, en sus de seoir particulièrement à l’œuvre.

Après les incandescents réacteurs du rutilant avion de chasse de ce bon vieux Deneil, et pour suite aux poétiques émanations hivernales d’une Russie endormie, Chûya Koyama invite son lectorat à une étonnante plongée intimiste parmi les abysses. Métaphore initiatique de ces personnages devant puiser au fonds d’eux-mêmes les clefs d’une évolution personnelle et incertaine. Evoluer afin de repousser ses limites. Changer pour, qui sait, un jour peut-être, pourfendre les cieux, par-delà les nuages, vers la Lune. Rien n’est laissé au hasard : encore… Chûya Koyama surprend par la complète maîtrise de son récit.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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