Shindo L’s Cultural Anthropology - Actualité manga

Shindo L’s Cultural Anthropology

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 13 August 2020

Le paysage du manga X français semble s'ouvrir de plus en plus à des choses plus originale, surprenantes et inventives, et on ne va clairement pas s'en plaindre ! Ainsi, du côté des éditions NihoNiba, voici que l'on lance cet été une toute nouvelle collection: OHNI. Un nom apparaissant bien malin sur plusieurs points, en reprenant les 4 lettres du "Niho" de "NihoNiba", en se rapprochant du mot "OVNI" pour signifier "Objet Hentai Non Identifié" (ce qui colle aussi au logo de cette collection), voire peut-être en pouvant faire penser aux "ôni", créatures du folklore nippon qui pourraient facilement trouver un jour leur place dans cette collection. Car le crédo d'OHNI, ce sera donc d'explorer tout un pan du hentai trop longtemps "boudé" en France, à savoir des récits plus fantaisistes et imaginaires à bases par exemple de créatures fantastiques (monster girls, succubes, zombies...), de tentacules, de futanari... Et pour inaugurer cette collection, quoi de mieux que le retour de Shindo L, auteur qui a marqué nombre d'esprits avec son manga culte Métamorphose ?

Epais ouvrage de plus de 270 pages et troisième volume papier de la carrière de son auteur, Shindo L’s Cultural Anthropology (Shindol no Bunka Jinruigaki en vo) nous narre les aventures tout à fait particulières de Naomi Miyashita. Etudiante en anthropologie culturelle avec sa camarade Sakura, elle a pour missions de terrain d'aller à la découverte de croyances étonnantes, de rites ancestraux et de civilisations oubliés, afin d'aider son professeur dans ses recherches. mais le professeur en question, petit garçon surdoué, envoie souvent les deux demoiselles dans des travaux de terrain souvent... hem, surprenants et (très) érotiques, où il n'y a qu'un pas entre ce qui semble sortir de croyances imaginaires et la réalité.

Le schéma de départ apparaît assez simple: à chaque nouvelle mission de terrain, Naomi et parfois Sakura (sans oublier une troisième miss apparaissant plus tard) se retrouvent dans des situations délicates, parfois de leur propre faute en prenant de mauvaises initiatives, parfois de la faute de leur cher prof qui les laisse "profiter" pour mieux servir ses recherches, les deux filles lui pardonnant facilement (d'autant que Sakura a le béguin pour lui). Néanmoins, toute la dernière partie du volume tant tout de même à apporter quelques problèmes plus consistants, jusqu'à une conclusion assez satisfaisante.

Mais avant d'en arriver là, bien sûr, c'est tout le parcours de nos personnages qui nous intéresse, et en particulier celui de Naomi qui est toujours celle qui "morfle" le plus. Participer au rite ancestral d'un village reculé jusqu'à être possédée par un esprit lubrique rendant les deux étudiantes dans un état proche de la nymphomanie. Se retrouver captive d'un mythique kraken aux nombreuses tentacules lubriques et aux insatiables désirs de reproduction. Partir à la rencontre d'une tribu méconnue de Nouvelle-Guinée aux rites très particuliers voire humiliants envers les femmes, et dont on dit que ses membres sont cannibales. Tester involontairement une pilule étrange transformant en zombie lubrique.... Telles sont quelques-unes des expérimentations farfelues que nous offrent Naomi, ses amies et Shindo L, pour un résultat ayant certes quelques moments moins inventifs (la pilule zombifiante et le rite au village du tout début aboutissent sur des situations un peu similaires de sexe en groupe pour Naomi) et que l'on aurait facilement imaginé voir se prolonger encore, mais au fil du quel l'auteur a quand même l'occasion d'explorer des délires érotiques assez variés... D'autant que, quand on connait Shindo L, on sait bien qu'ils n'hésitera pas à aller assez loin ! Ne vous étonnez donc pas, par exemple, de voir Naomi enceinte accoucher de petites pieuvres. Pas forcément le genre de scène où le lecteur laissera balader sa main ailleurs que sur le bouquin, mais plutôt le genre de chose entretenant un imaginaire érotique fun. Assez trash parfois, mais fun, oui, d'autant que régulièrement le mangaka distille une certaine part d'humour dans ses trips. Qui plus est, difficile de ne pas adhérer à la manière dont l'auteur imagine son oeuvre comme un vrai récit anthropologique, en s'appuyant notamment sur différents rites et croyances réels qu'il explique ensuite un petit peu plus, comme le vaudou, la poudre de zombie, le mythe de la pieuvre érotique que l'on retrouvait déjà sur une célèbre estampe, l'oracle de Delphes, la fonction déicide de l'obsidienne dans la culture aztèque...

Pour accompagner ce bon délire, on retrouve évidemment la patte typique et tout de suite reconnaissable de Shindo L. Une patte un brin éloignée des carcan de beauté dans le manga X, mais ayant un charme bien à elle, avec notamment des héroïnes charmante sans être exceptionnellement belles. Ainsi, sous la jaquette, Naomi est même qualifiée de "pas jolie" par Alice, alors qu'elle dévoile un charme bien à elle dans le récit. A côté de cette héroïne, on a une demoiselle aux formes plus généreuses mais à l'esprit plutôt décalé en Sakura, une jolie black toute plate en Mashu... bref, c'est bien varié. Et c'est aussi le cas pour les différents personnages masculins ou pour les différentes créatures, du kraken jusqu'au zombie. Les décors, eux, ne sont pas la priorité du manga, mais sont assez présents quand il le faut pour poser un cadre ou une ambiance. Quant aux scènes de sexe, Shindo L oblige, elles sont assez rentre-dedans et on quelques choses d'assez viscéral, avec des corps parfois quelque peu malmenés mais aussi des sensations de plaisir bien rendue par des expressions faciales marquées allant parfois jusqu'à l'ahegao.

Au bout du compte, la collection OHNI ne pouvait être mieux lancée qu'avec cet ouvrage, lui aussi devenu un incontournable dans son genre au Japon. A la fois assez trash parfois (l'auteur n'étant pas du genre à se limiter) mais fun, Shindo L’s Cultural Anthropology est surtout un régal d'imaginaire érotique délirant, explorant pas mal de choses.

Côté édition, signalons que l'éditeur a retiré 14 pages de l'édition française (dans l'avant-dernier chapitre), un choix forcément dommage mais qui est on ne peut plus logique au vu du contenu de la scène en question, impliquant un très jeune garçon violé par deux femmes. En tout cas, rien d'embêtant pour la compréhension du récit. A part ça, l'édition est très qualitative avec 4 premières pages en couleurs sur papier glacé, une impression et un papier de bonne qualité, et une traduction efficace du studio Charon qui sait être dynamique et rentre-dedans quand il le faut.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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