Secret de Madoka (le) - Actualité manga

Secret de Madoka (le)

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 18 June 2021

Les éditions Akata, depuis leur lancement, se sont toujours présentées comme l'éditeur de la diversité. Diversité en termes de mangas sentimentaux bien sûr, avec des récits qui, qu'ils soient adolescents ou plus adultes, offrent autant des amours hétéros que des amours homos. Mais aussi diversité de manière plus générale, via des titres explorant la tolérance, l'ouverture et la découverte de ce qui est possiblement différent de nous par de multiples prismes: religion avec le manga Les nuits d'Aksehir, penchants amoureux insolites via Freaks' Café, etc, etc... Dans cette optique, Akata continue donc de débroussailler et de mettre en valeur cette diversité faisant l'espèce humaine, en accueillant en ce mois de juin le one-shot d'environ 170 pages Le secret de Madoka. De son nom original Madoka no Himitsu (le titre français étant donc une traduction littérale), ce récit a vu le jour au Japon en 2019 sur l'application Manga Jam des éditions Shôdensha, et on le doit à Deme Kingyobachi, une mangaka qui se fait aussi appeler Deme ou Ichibiku parfois, et qui s'est d'abord fait connaître dans son pays à partir du milieu des années 2010 dans le domaine du boy's love. Le secret de Madoka fut d'ailleurs son premier manga professionnel non-BL, et l'autrice continue actuellement dans cette voie en ayant lancé au Japon l'année dernière une nouvelle série, la tranche de vie Kaiki Senban! Nekomachi Shoutengai, toujours sur l'application Manga Jam.

Elève de primaire en CM1, Madoka Yamada joue souvent à la poupée, s'endort avec ses peluches préférées dans les bras, porte les beaux habits féminins que sa grande soeur Haruka lui confectionne avec amour... Rien de bien exceptionnel, en somme. A ceci près que Madoka est un petit garçon.

Sur sa façon d'être, cet enfant ne s'est jamais posé de questions, et il a bien raison: simplement, il lui a toujours semblé normal de se comporter comme ça, non seulement parce que ça lui plaît, mais aussi car sa famille lui a toujours dit qu'il est adorable ainsi. Mais les gens et plus spécialement les enfants peuvent être bien cruels envers ce qui sort de la majorité, et Madoka en a déjà fait les frais par le passé... si bien que, quand il intègre une nouvelle classe suite à un déménagement, il décide d'essayer de se comporter un peu plus comme ce que la majorité préconise, s'est-à-dire "comme un garçon".

Ainsi, son intégration dans sa nouvelle école semble d'abord bien se passer, même si très vite Madoka attire l'attention d'Itsuki, une camarade de classe au fort caractère... et qui ne se sent aucunement à l'aise avec ce que l'on attend habituellement des petites filles, si bien qu'elle a les cheveux courts, porte des pantalons plutôt que des jupes, etc, etc. Jusqu'à présent, Itsuki a très bien vécu en se comportant ainsi, d'autant qu'à la maison elle peut compter sur ses deux grands frères jumeaux Haruto et Takato pour veiller sur elle, et qu'elle est du genre à rabattre le caquet de celles et ceux qui oseraient l'embêter. Et aux yeux de ses camarades de classe, Itsuki est, alors, surtout une fille qui dénote dans le bon sens car elle a la classe.

La relation entre Madoka et Itsuki commence de façon pour le moins tendue: Madoka dit d'abord à Itsuki qu'elle est "viril" en croyant qu'il s'agit d'un garçon, peu de temps après Itsuki lui dit qu'il la dégoûte en se fichant apparemment des autres à l'école (du moins, c'est comme ça qu'Itsuki a interprété la remarque de Madoka) alors que derrière il s'habille lui-même comme une fille, ce à quoi Madoka, blessé, répond par une gifle. Mais bien vite, les deux enfants, en plus de découvrir qu'ils sont désormais voisin(e)s, vont apprendre à passer outre la première impression pour mieux se découvrir, d'autant qu'ils sont liés par un même type de "problème"... Serait-ce, alors, le début d'une amitié ?

La réponse est évidemment oui: tout naturellement, sans que quoi que ce soit soit forcé, une relation de confiance se construit entre les deux enfants, relation bien aidée également par les familles respectives: la grande soeur de Madoka est enchantée par l'allure d'Itsuki tant elle sait bien s'habiller en suivant ce qui lui correspond, les deux grands frères d'Itsuki acceptent sans souci l'adorable Madoka. Et à l'école, notre héros peut aussi suivre l'exemple de sa nouvelle amie qui n'hésite jamais à s'affirmer, comme quand elle joue au foot en disant qu'on ne l'empêchera pas de jouer quels que soient les propos des autres.

"C'est pas une question de sexe, mais de ce dont on a envie. Je fais ce que je veux, point."

La lecture, bienveillante, véhicule alors des petites choses toute simples avec pas mal d'ouverture d'esprit, sur l'importance de se sentir simplement soi-même, bien comme on est. Bien sûr, tout n'est pas tout rose et quelques petites épreuves attendent le jeune duo. Il y a les petites moqueries enfantines de quelques camarades de classe, le comportement ambigu de la jeune Mai, sorte de fille à papa semblant avoir pris en grippe Madoka pour une mystérieuse raisons, ou encore la crainte qu'a notre héros d'avouer à Hiroto qu'il est un garçon alors que celui-ci le prend pour une fille depuis le début. Mais ces épreuves restent légères, et se décantent facilement sans que l'oeuvre ne devienne dure à aucun moment, ce qui la rend également bien adaptée à un jeune public qui pourrait avoir l'âge des protagonistes voire être confronté au même type de problématique que Madoka et Itsuki. Et à ce titre, il est appréciable de voir qu'Akata a fait le choix d'inclure le livre dans sa collection "S - Small" lisible dès le plus jeune âge, une collection très discrète chez l'éditeur puisque, jusqu'à présent, elle n'avait accueilli qu'une seule oeuvre, à savoir la comédie scolaire Séki, mon voisin de classe en 2015.

La principale limite pourra peut-être sembler venir de la rapidité de l'oeuvre et du choix de l'autrice de rester très légère, ce qui aux yeux de certains sera possiblement à double tranchant car les développements restent en surface. mais concrètement, c'est une bien jolie petite lecture que nous offre ici la mangaka.

Cette chronique ayant été faite à partir d'une épreuve numérique fournie par l'éditeur, pas d'avis sur l'édition.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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