Sans Expérience Vol.1 - Actualité manga

Sans Expérience Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 19 Febuary 2021

Le mois de février est un peu fou et difficile à suivre (surtout financièrement) aux éditions Delcourt/Tonkam, l'éditeur sortant pas moins de six tomes 1 un peu dans différents registres: de l'historique avec L'homme qui tua Nobunaga, du Tezuka et de l'adaptation de Tezuka avec Dororo, Search and Destroy et Ayako l'enfant de la nuit, de la collection Moonlight avec De l'autre côté de l'horizon... et, pour finir, un titre plus axé romance et tranche de vie avec Sans expérience.

Derrière ce nom se trouve Itonami itonamezu, l'une des dernières séries en date de Mayu Minase, mangaka que l'on avait découverte en France il y a quelques années aux éditions Doki-Doki avec la très sympathique comédie romantique Coeurs à coeurs. L'oeuvre est en cours au Japon depuis 2018 au sein du magazine Manga Action des éditions Futabasha, et a été auréolée en 2020 du Grand Prix de la meilleure comédie romantique numérique au E-Comic Book Award.

Comme le dirait son ami et collègue Kurosaka, Kiyoshi Sumioka est un vrai "puceau candide". D'un naturel naïf et timide, ce jeune homme bossant dans une société d'habitat n'a jamais été très entreprenant envers la gente féminine: n'ayant aucune confiance en son grand gabarit et en ses allures de nounours, il stresse et est incapable de discuter sereinement à chaque fois qu'il se retrouve face à une fille. Tant et si bien qu'il est désormais certain d'une chose: à moins d'un événement théâtral ou d'un accident de parcours, il est selon lui très probable qu'il ne tombe jamais amoureux, et que personne ne tombe jamais amoureux de lui... mais il ne savait pas encore que son fameux incident de parcours arriverait réellement le jour où, dans le petit magasin de bentôs où il passe tous les jours au point d'avoir lié sympathie avec les gérants, une nouvelle employée du nom de Sumi Asuma est embauchée à temps partiel. Très vite, en observant ses gestes et sa maladresse, Kiyoshi se met à avoir, face à cette jeune fille, la même gêne et le même stress que d'habitude... et pourtant, quelque chose semble différent, quelque chose que Kurosaka est le premier à comprendre: Kiyoshi a eu le premier coup de foudre de sa vie. Pour un garçon aussi candide, cette vérité est on ne peut plus difficile à vivre, au point que pendant quelques jours il n'est même plus capable de se rendre au magasin de bentôs, alors même que la jeune fille semble guetter jour après jour son arrivée... Et quand, après s'être blessé à la main en secourant une dame âgée devant le magasin, Kiyoshi voit Sumi se précipiter pour le soigner avec une infinie gentillesse, il craque... mais brûle les étapes en lui demande, au lieu de sortir avec lui, de carrément l'épouser. A sa grande surprise, Sumi accepte... mais il faudra attendre encore un an et demi plus tard puisque, chose qu'il ne savait pas, la jeune fille est encore au lycée, en deuxième année. Continuant de se voir en toute chasteté pendant tout ce temps, tous deux finissent bel et bien par se marier, elle à 18 ans et lui à 26 ans, sans même s'être embrassés une seule fois... alors les autres étapes d'une relation de couple, vous n'y pensez pas.

Un mariage qui semble proposé bien facilement. Une relation de couple avec un fort d'écart d'âge où c'est une nouvelle fois la fille qui est bien plus jeune. Un début de vie de couple où Sumi devient une femme au foyer aimante et attendant le retour de son mari du travail. Les préjugés pourraient, dès lors, être extrêmement nombreux à l'égard de de ce début de série, mais ce serait très ma juger Sans expérience, car Mayu Minase fait du joli avec ces écueils qui auraient pu être franchement casse-gueule. Et les qualités de ce début de récit découlent avant tout de la personnalité de ses deux personnages principaux qui, comme le laisse comprendre le titre, n'ont aucune expérience amoureuse et ne savent alors pas toujours comment réagir, plus encore quand finissent par s'en mêler des considérations propres à toute vie de couple mais face auxquelles aucun des deux ne s'y connaît. On suit alors avec amusement certaines situations où il y a de la gêne entre eux, voire du stress en particulier chez Kiyoshi qui a encore du mal à outrepasser ses anciens démons. Mais au-delà de l'humour, ce qui brille surtout est une véritable tendresse qui se dégage tout au long de la lecture.

Cette tendresse, on la ressent déjà via les différents comportements des deux personnages, que ce soit avant leur mariage, pendant ou après. Tous deux sont si prudes et inexpérimentés qu'ils n'arrivent même pas à s'embrasser sur la bouche pendant la cérémonie par exemple, ce à quoi Sumi trouvera une parade mignonne à souhait. Mais c'est aussi via l'entourage qu'on ressent bien cela, entre les grands-parents de Sumi qui veillent bien à ce que Kiyoshi ne soit pas un pervers au début, les amies de la jeune fille qui viennent s'assurer qu'elle est heureuse, les employés du magasin de bentôs ainsi que Kurosaka qui sont attendris et veulent aussi veiller sur eux (même si c'est d'une façon plus particulière pour Kurosaka)... Il y a beaucoup de bienveillance à la lecture, et rien de pervers malgré certaines pensées venant naturellement à l'esprit des personnages, qui restent des humains normaux malgré tout.

Enfin, à la question de ce mariage précipité, Mayu Minase apporte des considérations assez jolies. Même si au départ Sumi semble accepter la demande en mariage pour une raison autre que l'amour, elle en fait part d'emblée à Kiyoshi. Quand Kiyoshi apprend qu'il vient de demander en mariage une lycéenne, il est le premier à paniquer et à s'en excuser. Dans les premiers pas de leur vie de couple, on voit bien que derrière les maladresses il y a un vrai bonheur quoi qu'on pourrait en penser. Et bien sûr, on finit par comprendre assez vite qu'aucun d'eux deux n'aurait épouse n'importe qui, y compris Sumi qui a déjà un souvenir marquant avec Kiyoshi sans que celui-ci le sache... Etait-ce alors le destin qu'ils se retrouvent ainsi ?

Visuellement, si Mayu Minase livre un découpage et des décors somme toutes classiques (mais soignés et toujours fluides), elle brille plus dans les designs de ses deux personnages principaux, qui sont à croquer. La mangaka leur offre nombre d'expressions faciales tantôt amusante tantôt touchantes à souhait, et confirme le charme de sa patte depuis Coeurs à coeurs.

Derrière un pitch de base un peu bizarre voir potentiellement douteux, Sans expérience marque en réalité le début d'une histoire d'amour et de vie de couple mignonne tout plein et tendre à souhait, mais qui pourrait évidemment bien vite évoluer au fur et à mesure que nos deux attachants personnages principaux apprendront à faire leur vie ensemble. D'autant que ce premier tome se referme déjà sur un événement potentiellement important... Dans tous les cas, c'est avec plaisir et intérêt que l'on lira la suite de cette romance, qui a déjà un charme bien à elle.

Cette chronique ayant été faite à partir d'une épreuve numérique fournie par l'éditeur, pas d'avis sur l'édition.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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