Ryota du Mandala Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 07 October 2015

En 2006, les éditions du Seuil publient une anthologie en trois tomes du manga Ryôta du Mandala, une longue saga de bande dessinée au Japon. Arborant un style rétro, elle nous conte les péripéties de Ryôta, un lycéen qui aide sa mère à gérer les bains qu’elle possède. Ryôta est aussi et surtout un petit pervers, comme tous les personnages masculins de la série, et les scènes à tendance érotique ne manquent pas.

C’est d’ailleurs le principal problème du manga : le ton général de la série est très limite et beaucoup trop laxiste vis-à-vis de ce qui s’apparente à du sexe forcé. Des séries à tendances érotico-comiques, il en existe d’autres : Stairway to Heaven par exemple. Cette dernière est très fantaisiste et on retiendra plus son aspect comique qu’érotique. Mais dans cette catégorie, on ne peut être que circonspect en lisant Ryôta du Mandala.

Dans ce premier volume, les histoires choisies résident toutes dans le même principe : opposer le rapport des femmes à la sexualité avec le caractère irrécupérable des hommes en la matière. Les femmes sont plutôt des victimes : l’une se prostitue pour aider son mari criblé de dettes, d’autres sont violées, une autre encore est tout simplement une allumeuse… Les hommes ont quant à eux une fâcheuse tendance à attoucher (Ryôta, le héros, compris), lorsqu’ils ne vont pas plus loin. Prenons le cas du chapitre « 4 touristes », où 4 étudiants se rendent dans le petit patelin de Ryôta. Ils passent la nuit dans une auberge et demandent expressément à ce que la fille du patron descende, avec le but de la violer. En réalité, c’est le patron lui-même qui descend et après une succession de gags dus à la situation, le chapitre se clôt de manière comique avec leur punition.

Même si il y a du charme dans les dessins et l’atmosphère humoristique du manga, ce genre de situation est à la limite du supportable, et laisse à penser qu’elles sont banales. Même si le manga ne date pas d’hier, il n’y a pas vraiment d’excuse à produire des histoires pareilles. Il est vrai que les personnages masculins sont finalement les plus montrés du doigt dans ce manga, mais on sent vraiment que l’auteur conclut sa morale ainsi : « les hommes sont pervers, mais bon, ce n’est pas si grave, la vie est belle ». Ce genre de propos pourrait passer si le viol n’était pas constamment évoqué de manière si explicite, et si l’auteur se contentait d’évoquer le goût des hommes pour le sexe de manière plus modérée.

D’un point de vue graphique, la censure est passée par là : les sexes des personnages sont masqués, mais les ébats sont bel et bien montrés. Le trait est finalement assez similaire aux mangas alternatifs de l’époque : des personnages arrondis, des décors fournis. On est pleinement immergés dans l’ambiance des onsen de l’époque.

Au final, Ryôta du Mandala est un manga difficile à lire, qui flirte trop souvent avec l’intolérable pour qu’on puisse se laisser aller à apprécier les personnages.  On pourrait se dire que le personnage principal, Ryôta, n’est pas le pire, il aide même parfois des femmes en difficulté. Mais il est à l’image de l’auteur, trop complaisant et optimiste face à ce qu’il voit. Dans l’un des derniers chapitres du tome un, un de ses deux meilleurs amis a une attitude très discutable vis-à-vis de la gent féminine, et le fait qu’il côtoie autant de personnages comme ça ne permet pas de le trouver sympathique.

L’édition du Seuil, bien que coûteuse par rapport à son petit format (13€50), arbore une bonne qualité d’impression et un format original, comme les autres mangas de l’éditeur (couverture sobre, coins de pages arrondis)… La traduction est par contre un peu laconique et beaucoup de coquilles se sont glissées dans les bulles. Un avant-propos ou une postface documentaire sur cette série aurait été utile.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Raimaru

7 20
Note de la rédaction






MN Actus
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