Rinne Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 09 March 2012

Voyons voir... Un couple qui s'attire, se repousse et dont la relation souffre de quiproquos ; un ami accro à la fille (le terme "héroïne" portant considérablement à confusion en combo avec "accro") mais qui n'arrivera jamais à ses fins, maladroit et peu efficace en combat, qui subit souvent un contre-coup dans les mésaventures ; une fille un peu déjanté, à côté de la plaque et en dehors des réalités, et qui est amoureuse du héros mais avec lequel ça ne marchera jamais ; des parents à côté de leurs pompes, trop négligeant et flirtant entre la bonhomie et le sadisme... Sans oublier un point de départ original et des idées innovantes permettant de créer une parfaite balance entre action, humour et romance.
Tout cela est très bien, mais il manque ce petit truc pour renouer avec la gloire des anciennes séries... Mais oui, le sale gosse insupportable et arrogant mais mignon à la fois !

Ce tome est donc en partie consacré à l'introduction d'un nouveau personnage, qui nous reviendra sans doute régulièrement par la suite. Shôma, jeune élève shinigami en formation, est placé sous la tutelle de Rinne pour la durée d'un exercice pratique. Évidemment, rien n'est simple, sinon ce ne serait pas drôle. Le jeune garçon décide bien sûr de réussir son exercice en un seul coup, c'est-à-dire en éliminant un mauvais esprit. Parce que faire monter des esprits errants d'animaux pour accumuler petit à petit des points, ça ne fait pas classe et c'est ringard. Maintenant, difficile d'y parvenir quand on la concentration et l'arrogance d'un élève de primaire... Pour le plus grand plaisir des lecteurs.

En effet, le personnage du sale gosse permet de montrer sous un autre jour les personnages principaux, et la façon dont ils réagissent aux problèmes posés par leur cadet. Un mélange détonnant quand Ten était opposé à Ataru dans Urusei Yatsura, par exemple. Dans le cas de Rinne, on voit surtout à quel point le jeune homme reste quand même plus sérieux et sage dans ses réactions, démontrant la direction différente prise par rapport aux précédentes oeuvres de la mangaka. La force du personnage de Rinne, ce n'est pas son extravagance, c'est sa réaction de garçon "normal" face à une situation pas joyeuse, mais qu'il prend de la meilleure façon possible et avec autant de flegme que nécessaire. Bien qu'il arrive régulièrement que ses objectifs soient revus sous un jour différent par rapport à ce qu'ils devraient être, notamment lors de l'épisode de la cuisine, permettant de conserver un petit côté déjanté à ce personnage aux airs banals mais en réalité un peu loufoque et immensément sympathique.
Bref, c'est aussi ça le pouvoir du sale gosse, mettre en lumière les traits de caractère des aînés, ce qui est fait avec brio, humour et entrain. La conclusion des chapitres mettant en scène Shôma est d'ailleurs énorme et hilarante. Une seule chose est sûre, il l'a bien mérité !

Le reste des chapitres poursuit tranquillement ce que la série a mis en place depuis le début et a grandement monté d'un cran depuis le tome 3/4, c'est-à-dire des histoires débordants d'énergie et d'inventivité ainsi que des gadgets et des situations absurdes, pleines d'humour et sachant conserver une grande place pour les relations humaines. Bref, Rumiko Takahashi a son meilleur niveau.

En conclusion, Rinne confirme son statut de série forte en devenir au palmarès de la mangaka de Ranma 1/2 et Urusei Yatsura, et qui parvient toujours à faire mouche grâce au dynamisme et à la personnalité particulière des personnages créées par la mangaka. On en vient même à se dire qu'un tome passe trop vite, et on se réjouit déjà de lire le suivant... Indubitablement, Rinne trouvera sa place parmi les grands s'il persévère dans cette voie. Et c'est bien là tout le mal qu'on lui souhaite.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Sorrow

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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