Re:Load Vol.1 - Actualité manga

Re:Load Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 08 Febuary 2018

Dans un studio miteux, Shôkichi Inui, un homme à la mine hirsute, cuve, visiblement comme souvent. Mais ce jour-là, après des coups de feu dans l'appartement voisin, il se retrouve avec la fille des voisins, Makoto Hidaka, devant lui. Terrorisée, elle ne sait pas encore que ses parents viennent d'être tués, mais elle demande de l'aide à Inui, car elle est traquée par de redoutables tueurs : le clan mafieux Gomon, implacable, doit récupérer les clés USB compromettantes que le beau-père véreux de la petite lui a remises avant d'être tué. Embarqué dans l'affaire malgré lui, Inui décide de la protéger, car elle, lui rappelle certaines choses de son très douloureux passé. L'ancien inspecteur de police, autrefois surnommé le "chien enragé", voit ses vieux instincts se réveiller... d'autant qu'il a, lui aussi, un vieux compte à régler avec le clan Gomon.


Première nouveauté manga de 2018 des éditions Doki-Doki, Re:Load a vu le jour en 2016-2017 dans le magazine Manga Goraku de Nihon Bungeisha, et est terminée en 3 volumes. Il s'agit de la première série publiée en France de Takumaru Sasaki.


Au programme, un polar qui ne devrait pas traîner, comme en attestent son introduction très rapide et son rythme qui ne faiblit jamais. Il s'agit là de la première qualité du titre, qui avance vite et bien, quitte à parfois un peu trop accélérer certaines évolutions (on pense au lien qui se crée entre Inui et  Makoto), mais au moins l'auteur a le mérite de ne jamais traîner et d'offrir un divertissement tout de suite emballant et qui tient facilement en haleine.


D'autant plus emballant que le titre, comme promis par l'éditeur lors de son annonce, ne fait pas dans la dentelle et pose d'emblée un ton noir, dur et sans concession. L'une des principales réussites de cet aspect, c'est sûrement le personnage principal, qui s'inscrit dans la droite lignée des récits noirs dits "hard boiled" : agissant surtout à l'instinct (ce qui lui a valu son surnom de "chien enragé" ainsi que bien des problèmes), ayant vécu des événements douloureux qui l'ont terni, meurtri, devenu froid au fond du coeur, ayant sombré dans l'alcool, Inui promène sa mine hirsute et désabusée sans plus rien attendre de la vie... hormis, peut-être, une possibilité de vengeance. On tient un héros un peu à la Max Payne, pour prendre un exemple bien connu, un héros qui n'a plus rien à perdre puisqu'il a déjà tout perdu... du moins, jusqu'à ce que la petite Makoto débarque devant lui, en ravivant son douloureux passé et ses instincts. La recette est très classique, mais elle est relativement peu courante en manga, et pour un divertissement de trois tomes elle est exploitée ici d'excellente façon.


La construction est à la fois simple, est redoutablement addictive. Au fil de son désir de protéger Makoto qui redonne un sens à sa vie, Inui a l'occasion d'obtenir une vengeance sur le clan Gomon qui a brisé sa vie, et évolue donc dans cette double-voie où il se ré-humanise un peu grâce à la fillette tout en revenant le "chien enragé" d'autrefois. Sa route est déjà parsemée d'obstacles : yakuzas violents, tueurs un peu fêlés, flics corrompus... Inui ne peut pas accorder sa confiance à grand monde dans un univers qui lui confirme qu'il est noir et pourri.


Au fil des avancées, les rebondissements sont donc très présents, et passent surtout par d'assez nombreuses scènes d'action qui s'avèrent très prenantes. Le découpage se veut assez dynamique, les scènes de flingues sont musclées, l'auteur n'occulte pas certaines scènes-choc, il y a des gueules sales ou inquiétantes (comme Shin et son regard qui fait froid dans le dos)... Il n'y a pas grand-chose à redire.


Sans avoir la prétention d'apporter quoi que ce soit neuf, Re:Load, sur son premier tome, accomplit impeccablement son rôle, celui d'un divertissement assez noir et musclé, servi par un rythme non-stop et des dessins qui font très bien le job. On n'en demande pas plus d'un tel titre, et on espère que la suite sera tout aussi prenante !


Côté édition, c'est très soigné, avec un papier bien souple, bien qu'un peu fin, un bon travail de lettrage, et une traduction bien vivante d'Aurélien Estager qui s'adapte parfaitement au style du récit.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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