Pygmalion Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 30 October 2017

Accompagné par Sayo qui est elle aussi désireuse d’en apprendre plus sur le rôle de sa mère dans le chaos ambiant, par le policier Ryu, et par son amie d’enfance Ako qui vient de voir son père se sacrifier pour elle, Keigo poursuit ses avancées vers la vérité concernant le projet Pygmalion et la naissance de toutes ces mascottes meurtrières. Il sait désormais que Yugo, son père disparu il y a plusieurs années, a été directement impliqué dans ce projet, et qu’il doit lever tous les mystères s’il veut pouvoir retrouver et sauver son petit frère Makoto, mal en point, enlevé et voué à jouer un rôle important dans le projet. Mais en arrivant à l’hôpital désaffecté où son père menait autrefois ses expérimentations, le jeune garçon va devoir faire face à une surprise de taille : celui qui semble être l’instigateur de ce projet meurtrier, Shingo, lui ressemble comme deux gouttes d’eau ! Quelle vérité se cache derrière tout ceci ?


L’heure est venue de tout apprendre du projet Pygmalion. D’un côté, Ryu et Ako se voient surtout cantonnés à un rôle d’action, où ils sont chargés de faire diversion à l’extérieur pour attirer les mascottes meurtrières. Même si leur lutte reste un peu trop au second plan, heureusement qu’elle est là malgré tout pour entretenir le parfum de danger permanent et de chaos dû aux mascottes, car sans eux ce dernier tome ne proposerait que peu d’action.


Car l’essentiel est évidemment à chercher du côté des deux autres héros, Keigo et Sayo, qui pénètrent dans l’hôpital pour espérer sauver Makoto et mettre fin au projet… mais n’est-il pas déjà trop tard ? De ce côté-là, Chihiro Watanabe répond à toutes les attentes. Le parfum de désespoir et de cruauté est bel et bien là à plusieurs reprises, tant il semble déjà trop tard pour sauver Makoto, et cette ambiance dure ne fait que se renforcer via certaines des révélations, à commencer par la nature tout à fait particulière de Makoto, ou par le triste passé de Shingo, à qui on a tout volé. La recette, dans le fond, n’est pas forcément très originale en jouant sur quelques ficelles assez typiques du genre,  mais on sent Watanabe parfaitement impliqué. Les origines du projet, l’identité de Shingo, le rôle du père de Keigo et de la mère de Sayo, les liens bâtis entre Shingo et Yugo, le rôle de Makoto… Absolument rien n’est oublié, et le récit a même le mérite de parvenir à offrir de grosses nuances à certains personnages, en tête desquels Shingo qui n’est lui-même qu’une victime avant d’être un méchant. Et finalement, dans toutes les vérités et les rôles qui se dévoilent, la seule pointe de déception vient du personnage de Marie, qui certes campe plutôt bien son rôle de tarée manipulatrice, mais qui en dehors de ça n’est aucunement développée.


Dans cette intrigue menée sans temps mort, Watanabe n’oublie pas ses principaux thèmes, en filigranes. Celui de la coexistence entre humains et mascottes apparaît et est intéressant, bien qu’il reste peu approfondi et serve surtout le récit. Par contre, le thème des mensonges et des masques, évoqué dans le tome 1, revient bien sur le devant, tant ici certains personnages ont été conditionnés, voire manipulés par les mensonges qu’ils ont pu subir. Des mensonges cruels, comme ceux de Marie, mais aussi des mensonges qui se voulaient plus bénéfiques, comme ceux de Yugo envers Shingo qu’il considérait comme un fils. Mais dans ce final, l’heure est venue pour tous les masques de tomber.


Rien à redire concernant la patte graphique de Watanabe, qui offre jusqu’au bout quelque chose de dense, avec des visages pleins d’impact, des décors bien utilisés, des designs de mascottes capables de faire froid dans le dos, et quelques scènes brutales et sanglantes du plus bel effet. 


Avec tout ça, on referme ce dernier volume avec, dans l’ensemble, la satisfaction d’avoir suivi un bon divertissement, qui a le mérite d’avoir une vraie conclusion. Celle-ci est tout compte fait assez convenue, au vu de certains développements et de certaines scènes dures on pouvait espérait un peu plus de prises de risque, mais au moins, en se servant de tout son dernier chapitre comme d’un épilogue, l’auteur prend soin de boucler les choses.


Au final, Pygmalion se présente comme un bon récit de genre, mené sans faillir par Chihiro Watanabe. Même si on aurait aimé que l’auteur prenne parfois un tout petit peu plus son temps (ne serait-ce qu’avec 2 ou 3 chapitres de plus) pour certains développements et certains moments d’action flippante,  on sent qu’il savait où il allait, et il a répondu à toutes les interrogations avec réussite.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News