Pinsaro Sniper Vol.1 - Actualité manga

Pinsaro Sniper Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 05 August 2020

Kingdom a marqué un réel décollage pour les éditions Meian, affiliées au groupe IDP. Depuis l'été 2018, plusieurs autres titres ont été proposés, et il semble que le catalogue trouve son public. Alors, il n'est pas très étonnant de voir chez l'éditeur une tentative de se diversifier, et c'est ainsi qu'une nouvelle collection a été annoncée en juin dernier : Daitan. Censé accueillir des titres plus adultes et moins ancrés dans les simples cases shônen, shôjo et seinen, le label est inauguré avec un titre des plus explicites : Pinsaro Sniper.

Manga en trois volumes, celui-ci fut publié entre 2017 et 2018 dans les pages du magazines Manga Goraku de l'éditeur Nihon Bungeisha. A la direction du titre, Koji Tabe, un artiste spécialisé dans les œuvres érotiques et pornographiques, réalisant presque un rêve avec Pinsaro Sniper puisqu'il considère le Manga Goraku comme un équivalent seinen du Jump. En France, c'est la seconde fois que nous pouvons lire l'auteur. En effet, nous avons eu un aperçu de son trait avec Le Masque des Tentations, un hentai en un unique volume paru chez Hot Manga.

Dans la métropole japonaise, Yuki Kaidô est une jeune femme qui porte plusieurs masques. En journée, elle est une simple employée d'entreprise, aussi joviale que discrète. Mais dès que la nuit tombe, son activité devient beaucoup plus atypique. Hôtesse du salon Paradise Eve, elle satisfait les désirs sensuels et sexuels de sa clientèle, et il lui arrive de devoir s'occuper de cas plus particuliers. A une certaine table, les clients sont là pour exposer leurs tracas, et donner une « cible » à abattre. Dès lors, Yuki devient une Pinsaro Sniper, une tueuse à gages de la nuit maniant le fusil comme personne, exécutant ses victimes avec un unique but : Faire régner la paix, et redonner le sourire aux personnes dans le besoin.

Dès sa couverture, Pinsaro Sniper a des airs qu'on connait bien. Avec une jolie fille aux formes développées et en tenue de cuire, des explosions en arrière plan et un côté noir dans l'atmosphère visuelle, on rapproche aisément l'oeuvre de Koji Tabe à certains pans de la littérature graphique pour adulte, voire aux fameux romans que chacun a au moins vu passer dans une gare, à défaut d'en avoir tenu un en mains. Un a priori justifié ? En partie oui, puisque ce premier volume montre une série misant sur son ambiance de film noir et sa patte érotique extrêmement prononcée.

Le pitch est des plus simples, et c'est un grand talent de l'auteur : On comprend rapidement où on va, Koji Tabe ne laissant pas trainer le mystère et montrant en un premier chapitre très dynamique la formule de sa série. Après un focus présentant l'héroïne dans son travail de jour, on la retrouve sous des allures plus sulfureuses à satisfaire les désirs de ses clients du soir, avant de la voir sur le terrain pour éliminer ses cibles en tant que Pinsaro Sniper. C'est très direct et donc efficace, un schéma qui se retrouve ensuite sur chacun des autres chapitres de ce premier opus. Et c'est peut-être là la principale faiblesse du titre pour le moment : Si le mangaka manie très bien sa formule, il ne prend pas de grands risques dans son exécution. Au troisième épisode, on est déjà en terrain connu, et on devine le cheminement de la nouvelle aventure de Yuki. Il faut donc accepter ce contrat (au moins pour le moment) : La série ne se lit pas pour être surpris, mais parce qu'on adhère à la recette de l'auteur, entre action et érotisme.

Certains pourrons d'ailleurs reprocher à Pinsaro Sniper de ne pas être très subtil dans cette orientation pornographique. En effet, on trouve à chaque chapitre Yuki dans quelques situations sauvages, ancrées dans son travail d’hôtesse dans le club de charme Paradise Eve. On sent bien dans cette phase que Koji Tabe est un auteur hentai de base, aussi ce sont les adeptes de ce type d’œuvres qui se retrouveront sans doute le plus dans cette orientation où la sueur et et les fluides corporels se mêlent dans une exagération parfois volontaire, l'auteur faisant de son mieux pour renouveler les situations.

Mais à côté, on apprécie avoir affaire à une héroïne charmante. Physiquement d'abord, l'auteur dépeignant volontairement une jolie fille à forte poitrine pour séduire le lectorat, mais surtout au niveau du caractère. Yuki est une femme ambiguë, impitoyable d'une part mais surtout une altruiste au grand cœur. Son humanité contraste souvent avec la noirceur de l'univers de la série et les séquences violentes et explosives dans lesquelles elle exécute ses cibles. De ce côté, c'est une balance bien gérée par le mangaka, et le simple personnage principal donnera sans mal l'envie de la retrouver dans ses missions pour deux volumes supplémentaires.

Et du côté des espoir, on aimerait évidemment une suite qui densifie davantage toutes les mécaniques de la série. La fameuse agence où travaille Yuki, notamment, mériterait bien d'être développée, de même pour des personnages secondaires dont on attend peut-être plus de présence par la suite, tandis qu'on croise les doigts pour des missions plus corsées, qui imposeraient plus de difficultés à la protagoniste, et qui pourraient ainsi casser la linéarité du titre.

Il en résulte alors un premier volume qui nécessite de savoir à quoi on s'attend, pour apprécier davantage la lecture. Koji Tabe propose un début d’œuvre aussi aguicheur qu'explosive, simple et efficace dans son format un peu trop routinier, et qui ne cherche pas à faire dans la dentelle pour séduire un lectorat adepte de mangas très érotiques, pour ne pas dire pornographiques. Ceci accepté, alors ce premier tome est particulièrement efficace dans son genre.

Concernant l'édition, Meian conserve ses spécificités pour sa gamme Daitan, ce qui inclus de jolies couvertures au papier couché mat qui bénéficient d'un vernis sélectif sur quelques éléments, ainsi qu'un papier épais plutôt agréable. Côté traduction, Vincent Marcantognini propose un texte vivant et en adéquation avec l'atmosphère du titre, jouant bien sur le côté série B de la série. Du très bon boulot, donc.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

12.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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