Petite faiseuse de livres (la) Vol.2 - Actualité manga

Petite faiseuse de livres (la) Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 28 Febuary 2020

Tout en s'habituant petit à petit à ses différentes découvertes du monde médiéval et illettré dans lequel elle s'est retrouvée, Maïn, du haut de son corps de fillette de 5 ans à la santé fragile, s'est mise en tête de concevoir du papyrus... car pour une passionnée de livres comme elle, il est inconcevable de ne pas pouvoir toucher de papier et de livres, ces choses étant si rares qu'elles sont réservées aux plus riches ! Déterminée, la petite fille entreprend donc de tresser les fibres obtenues à partir des tiges rigides qu'elle a récupérées, mais le résultat sera-t-il à la hauteur ? Au pire, si cela ne marche pas, elle pourra toujours essayer une autre méthodes, celle des tablettes d'argile...

Après un premier volume vraiment plaisant, efficace et immersif dans l'installation de l'univers, on attaque donc un peu plus les choses sérieuses dans ce tome 2, où Maïn, malgré sa santé fragile, est bien décidée à tout faire pour obtenir ce qu'elle veut: des substituts de livres, du papier, des supports permettant l'écriture et la lecture. Et dans cette optique, voici notre petite héroïne partie dans la confection de papyrus tels qu'on en faisait dans l'Egypte antique, puis dans l'élaboration de tablettes d'argile comme elles étaient utilisée au temps de la Mésopotamie. Et sans rentrer dans de trop nombreux détails, le récit expose vraiment bien les méthodes de fabrication tentées par Maïn, entre du papyrus dont il faut tresser trèèèès patiemment les fibres, et des tablettes d'argile sur lesquelles il faudra écrire avant de la sécher par la cuisson. Découvrir ou redécouvrir ces techniques anciennes s'avère passionnant, autant pour les détails que pour la passion qu'y met Maïn... ou pour les limites auxquelles la fillette ne peut que se confronter, sans pour autant perdre espoir ! Car même s'il y a des obstacles comme sa santé ou des désillusions, cela est évoqué tantôt avec une petite pointe comique, tantôt d'une façon à toujours plus faire ressortir la volonté de la petite fille, qui, même si elle avance de 3 pas pour reculer de 2 dans son entreprise, ne baisse pas les bras.

Suivre Maïn dans ses entreprises passionnées et volontaires pour confectionner ses substitut de livres est donc très prenant, mais l'intérêt de l'oeuvre est loin de se limiter à cela, car la fillette continue également d'apprendre pas mal d'autres choses, tout comme elle apprend des choses à son entourage en exploitant ses connaissances issues de sa précédente vie. En découvrant le si surprenant fruit hivernal qu'est le parou, elle a l'idée de concevoir des pancakes (ou, plutôt, des paroucakes) inconnus dans ce monde, pour le plus grand plaisir des papilles de Lutz entre autres. En voyant la jolie tenue cousue par sa mère Eva pour Tuuli en vue de son baptême, elle se met en tête de rendre sa grande soeur encore plus mignonne en brodant des dentelles, initiant alors sa maman à cette pratique qu'elle ne connaissait guère. Et en commençant à apprendre l'alphabet typique de ce monde auprès d'Otto, elle pourrait bien finir par surprendre ce dernier via ses capacités d'apprentissage, les conseils qu'elle lui donne pour que les autres enfants retiennent ses leçons, ou ses techniques de calcul pour tenir les comptes.

Si bien qu'en somme, les tentatives de conceptions de supports littéraires par Maïn sont loin d'être les seules choses prenantes et immersives à la lecture: tout en essayant tant bien que mal de braver son très jeune âge et sa santé fragile, notre héroïne apprendre autant qu'elle apprend aux autres, le concept isekai est alors ici très bien exploité et n'est pas qu'un prétexte, et en plus cela permet de voir la jeune fille s'intégrer petit à petit tout en nouant des liens avec son entourage, que ce soit son père dont la jalousie envers Otto est rigolote, l'adorable soeur Tuuli qui veille sur elle, Lutz qui devient un précieux ami, Otto en tant que professeur...

Et dans son adaptation, la mangaka Suzuka met toujours aussi bien en images tout ceci. En plus de toujours autant soigner ses décors de la ville et de ses alentours (comme la forêt, le village du tout début...), la dessinatrice sait très bien faire ressortir la saison hivernale s'abattant avec sa neige ou l'obscurité qu'elle inflige aux maisons de roturiers, et elle s'applique beaucoup dans nombre de détails comme les broderies, le tissage, le rendu des tablettes... On a une adaptation véritablement très appliquée.

Cette adaptation manga confirme donc pleinement tout son charme et son soin avec ce deuxième volume, à tel point que l'on regrette déjà que la série ne fasse que 7 tomes... Néanmoins, il y a de quoi se réjouir en découvrant que, depuis 2018, une suite en manga est en cours, et que celle-ci, sobrement nommée "Honzuki no Gekokujou Part 2", est toujours dessinée par Suzuka. On n'y est pas encore, mais on ne peut déjà qu'espérer que cette suite sortira elle aussi en France après la fin de cette première série !
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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