Perfect World Vol.9

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 16 July 2019

Chronique 2
  
L'état de santé du père de Kawana s'est fortement dégradé, au moment où sa relation avec Ayukawa commençait à battre de nouveau des ailes. Faible, le père de la jeune femme n'approuve toujours pas le couple formé par sa fille et l'homme en fauteuil roulant. Ayukawa ne peut rester sans rien faire, et décide de parler avec le père de sa bien-aimée, en espérant faire changer son avis et son regard sur sa condition.

Avec ce neuvième tome, Perfect World atteint une véritable fin d'arc. Une avancée capitale dans la série, qui correspond d'ailleurs à la venue de Rie Aruga en France à Japan Expo. La symbolique est assez forte, et magnifiquement soulevée par la couverture sur laquelle Kawana peut enlacer Ayukawa sereinement.

L'enjeu du tome repose essentiellement sur le dilemme du père de Kawana. Présenté, entre autre, comme un vieux con au début de la série, celui-ci gagne énormément en épaisseur dans ces pages, Rie Aruga n'hésitant pas à décortiquer le personnage pour étoffer sa pensée. La prouesse d'écriture de l'autrice ici, c'est de parvenir à rendre le personnage gris de manière passionnante. Le discours de fond reste les discriminations que l'on peut avoir à l'égard des personnes handicapées (ce qui aboutira d'ailleurs à une tirade forte de la part d'Itsuki), mais la thématique se veut plus intimiste à l'échelle des personnages. Le père de Kawana ne voue pas un mépris aux personnes handicapées physiquement, et tout ce rapport père-fille aura de quoi émouvoir, sans pour autant convaincre le lecteur que le père de famille est dans le vraie. Parvenir à un tel discours qui ne tombe pas dans le cliché n'était pas chose aisée, aussi Rie Aruga traite parfaitement ce dilemme.

Par tous ces enjeux, il en résulte un neuvième tome qui se lit avec passion du début à la fin... bien que la seconde partie de cet opus serve surtout à apporter une conclusion à l'arc en cours. Et à ce titre, c'est peut-être un peu rapide. L'autrice a à cœur d'amener à terme la symbolique de l'union entre nos deux protagonistes, ce qui fait aller la mangaka un peu vite en besogne. Etant donné le rythme habituel de la série, on aurait pensé qu'elle aurait davantage pris son temps pour marquer le tournant majeur dans la vie des deux personnages.
Reste que toute cette séquence se révèle très jolie, et surtout touchante quand on sait ce que l'événement représente aux yeux du père de Kawana. En réalité, la série pourrait même se conclure dignement avec cette scène. Les grands enjeux de Perfect World sont bouclé, l'avenir de Tsugumi et Itsuki est radieux, et le sort de quelques personnages secondaires est correctement fixé. On sent néanmoins qu'il reste des choses à raconter pour Rie Aruga, aussi cette fin d'arc n'est peut-être que la ligne de départ d'un renouveau qu'on attend avec curiosité.

Alors, ce rythme accéléré en fin de tome ne gâche jamais le plaisir de la lecture, et ce neuvième tome de Perfect World, chargé en émotion, propose un bien beau moment de lecture, du début à la fin. Jamais totalement optimiste ni entièrement pessimiste, le titre continue de briller par ses idées parfaitement associées à des personnages en permanente évolution.

On notera, en fin de tome, un focus intéressant de la mangaka, expliquant bon nombre d'éléments sur la création de sa série. L'authenticité de Perfect World est appréciable, et on comprend aussi que l'autrice s'est heurté à bon nombre de difficultés. En ce sens, ce bonus confirme toute la réussite qu'est le manga.
  
  
Chronique 1
  
Les récents événements ont conforté le choix de Kawana et d'Itsuki: ils sont désormais certains que rien ne peut ou ne doit les séparer, car ils désirent plus que tout passer leur vie ensemble, malgré les épreuves qu'imposera forcément l'état de l'architecte. Les deux amoureux veulent désormais regarder ensemble vers l'avenir... mais il reste toujours une ombre au tableau: le père de Kawana. Malade, alité puis hospitalisé, l'homme affaibli n'en démord pas: il ne peut imaginer sa fille heureuse avec un homme handicapé, chose qui le frappe encore plus maintenant qu'il est lui-même en fauteuil roulant. Et malgré les tentatives d'Itsuki d'aller lui parler jour après jour dans sa chambre d'hôpital, rien n'y fait... Quel sera le déclic pour le faire changer d'avis ? Y en aura-t-il d'ailleurs seulement un ?

Maintenant que nos deux héros ont affirmé leur relation et qu'ils n'envisagent plus du tout de ne pas être ensemble, le père de la jeune femme reste bel et bien le dernier obstacle à leur amour, mais un obstacle qui n'incarne aucunement une image négative, car derrière cet homme plus obstiné, on devine bien tous les doutes, ceux d'un père adorant plus que tout sa fille, ne souhaitant que son bonheur, mais ayant des tourments et des doutes vis-à-vis d'Itsuki dont il comprend mal la situation. Pendant toute une partie du volume, via quelques nouveaux événements à la portée dramatique certaine mais évitant de tomber dans le pathos, Rie Aruga parvient subtilement et magnifiquement à mettre en lumière ce père, qui commence Nagasawa ou d'autres personnages apparaît tout simplement humain dans ses doutes et défauts, mais jamais mauvaise. Dans une ambiance proche de la mélancolie et de la nostalgie, la mangaka dépeint avec beauté des bribes de souvenirs du vieil homme avec sa fille quand elle était enfant, évoque de plus belle ses doutes concernant le futur, et évidemment la santé vacillante de ce père ne peut que faire écho aux problèmes qu'Itsuki et Kawana rencontreront sûrement à l'avenir... Mais avant l'avenir, il y a le présent, et malgré les tourments futurs nos deux héros sont bien décidés à en profiter, ensemble.

Aruga parvient alors à évoquer beaucoup de choses et d'émotions crédibles dans tout ce passage, y compris autour du thème de la famille à travers une relation père-fille qu'il faut chérir, et au fil de laquelle des êtres qui s'aiment apprennent à se retrouver. Alors, ce père finalement très touchant finira-t-il par accepter la relation de sa fille avec cet architecte que, dans le fond, il admire et respecte ? On vous laisse le soin de le découvrir, mais une chose est sûre: après ce beau début de tome, la suite ne retombe aucunement, très loin delà ! Tout en annonçant et préparant l'arrivée d'un véritable cap dans la vie de nos deux héros, Aruga parvient à émouvoir sans trop en faire quand on pense à tout ce qu'ils ont vécu avant d'en arriver là, une nouvelle fois l'autrice brille dans sa touche de nostalgie (les tableaux, les souvenirs du lycée...), et surtout elle n'oublie jamais ses autres personnages. Comme Keigo et Kaede qui ont encore beaucoup de choses à apporter et sont peut-être un bel exemple à suivre dans leur façon d'aborder l'avenir. Ou, bien sûr, les deux amoureux déçus Kore-eda et Nagasawa, qui ne sont aucunement négligés et qui, de leur côté, tout doucement, continuent d'avancer.

Alors, dans le fond, ce volume aborde peut-être un peu moins la place du handicap en société, mais en revanche il est tour à tour lumineux, poignant et intelligent dans ses différentes étapes et dans son atmosphère, et il marque un tournant absolument essentiel dans la vie de ses personnages. Il s'agit d'un tome charnière, qui arrive à un événement quid ans d'autres séries aurait souvent fait office de conclusion, et on ne peut donc que saluer la mangaka en voyant son désir de poursuivre le développement de son récit.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

18 20
Note de la rédaction






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