Pavillon des hommes (le) Vol.15 - Actualité manga

Pavillon des hommes (le) Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 14 April 2020

La rôju Masahiro Abe n'est plus, mais la 13e shôgun Iesada peut toujours compter sur la présence et le soutien de Taneatsu, son troisième époux. Tous deux s'aiment sincèrement, au point que Taneatsu n'a pas donné suite aux demandes de son père adoptif, Shimazu Nariakira du fief de Shimazu, qui l'avait initialement envoyé au pavillon pour qu'il plaide la cause de Yoshinobu de la branche Mito à la succession shogunale. Iesada, elle, était d'abord suspicieuse envers Taneatsu, suite à tout les complots qu'elle a déjà dû encaisser par le passé, mais ses sentiments ont fini par l'emporter, et elle sait qu'elle peut lui faire confiance. C'est ainsi que, pour la première fois depuis très longtemps, une shogun est tombée enceinte de son mari, et non d'un amant ! Mais out ce passera-t-il bien pour les futurs parents ? Iesada le sait bien: les empoisonnements successifs qu'elle a autrefois connus de la part de conspirateurs l'ont rendue fragile, si bien qu'il n'est pas sûr qu'elle puisse mettre convenablement au monde un enfant sans y laisser la vie. Qui plus est, le choix de Tomiko en tant qu'héritière du trône shogunal ravive de plus belle les velléités de la branche Mito qui est partisane de l'expulsion des étrangers, et Tokugawa Nariaki, le gouverneur du fief de Mito et père de Yoshinobu, ne peut supporter les agissements de son rival Ii Naosuke, qui est dans les petits papiers du shôgun et qui effectue un violent forcing pour ouvrir le pays sur l'étranger. Et puis, Ii Naosuke lui-même ne voit pas forcément d'un bon oeil la tendance d'Iesada à vouloir participer à la vie politique...

Le moins que l'on puisse dire est que Fumi Yoshinaga, une nouvelle fois parvient souvent à bluffer par la richesse de son propos: tout en nus plongeant avec son habituelle efficacité dans un beau redu de la vie quotidienne du palais et du pavillon de l'époque à travers pas mal de petites choses (ne serait que niveau cuisine), elle parvient vite et bien, dans la première parte du tome, à mettre à nouveau en avant la relation d'amour et de confiance entre Iesada et Taneatsu, ainsi que les différents doutes de la shôgun, qui sait très bien qu'elle reste perpétuellement en danger, et qu'il est difficile de prédire d'où ce danger peut venir, entre la branche Mito menaçant de se révolter, les desseins de leurs alliés de Satsuma, les ambitions d'Ii Naosuke... On redoute forcément le pire pour le couple auquel on a appris à s'attacher, mais on 'en dira pas plus pour ne pas spoiler, même si quiconque connaît assez bien les grandes lignes de l'Histoire de l'époque se doute forcément de comment les choses vont tourner, puisque la mangaka reste encore très fidèle aux grands faits historiques.

Et historiquement, justement, l'autrice dépeint ici une période charnière qu'est celle de l'ouverture ou non du pays aux étrangers, possibilité sur laquelle tout le monde est loin d'être d'accord. Tout en expliquant très bien les pensées qui pouvaient être celles de l'époque (ne serait-ce que l'importance que Ii Naosuke accorde au possible traité avec les Etats-Unis, traité qui empêcherait des pays colonialistes comme l'Angleterre ou la France d'envahir plus tard le Japon, comme cela a été fait par les Anglais en Chine lors de la Guerre de l'opium), Yoshinaga cristallise bien, à travers la politique d'ouverture très virulente du tairô Ii, les tensions qui se sont décuplées à l'époque: accords avec l'étranger passés sans l'aval de l'Empereur Kômei et marquant dès lors une fissure plus forte que jamais entre ce dernier et le bakufu, purges brutales et extrêmes orchestrées par Ii (comme celle d'Ansei)...

Bien sûr, le temps continue également de faire son oeuvre sur les personnages: certains nouveaux apparaissent, d'autres disparaissent de façon parfois fort triste (en tête, celle arrivant un peu avant la centaine de pages, bien sûr), mas dans sa rigueur Yoshinaga n'en fait jamais trop sur le plan émotionnel, elle n'exagère pas le trait, et touche surtout grâce à tout ce qu'elle est parvenue à construire auparavant sur ses personnages.

La lecture reste alors excellente, e ton ne peut qu'être intrigué par la nouvelle tournure que prennent les choses dans la toute dernière partie du volume.
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction






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