Mob Psycho 100 Vol.9

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 21 Febuary 2019

Chronique 2
  
Plongé dans la rêverie orchestrée par Akira Mogami, Shigeo y a déjà pris conscience de certaines choses sur sa façon d'être en société, et c'est en extériorisant toutes ses émotions positives qu'il atteint à nouveau les 100% de ce qu'il peut contenir et qu'il finit par exploser, en pensant alors avoir enfin battu définitivement l'esprit maléfique... Mais est-ce vraiment le cas ? Après une fin de 8e tome qui faisait bien monter l'intensité en laissant sur un bon climax, l'affaire Mogami se conclut ici dans les premières dizaines de pages de façon satisfaisante. Au-delà de son trait toujours aussi particulier, faussement maladroit, qui pourrait encore et toujours rebuter certain(e)s, ONE offre plusieurs cases dotées d'une excellente mise en scène. Mais surtout, il parvient à faire de l'issue de cet affrontement quelque chose qui fait réellement évoluer Mob, mais pas seulement lui. Ainsi, Asagiri, la jeune fille qui était possédée, finit-elle par prendre conscience de ce qu'elle a pu faire. Quant à notre héros, il fait une constatation importante: les gens peuvent changer. Y compris lui. Tout comme cette aventure a permis à Asagiri de changer, lui-même a pu évoluer au fil de ce combat, et c'est alors un "nouveau" Mob qui commence à se dessiner dans la suite du tome. Un Mob décidé à ne plus rester effacé, à ne plus être seul, à lier de vraies relations avec les autres... Mob se prend en main, mais est-ce que ça plaira à tous ?

En effet, il y en a un qui pourrait bien avoir du mal à voir notre héros changer et s'affirmer, et il s'agit de son "maître", Reigen. En l'appelant pour la "mission de trop" alors qu'il était avec ses amis, et en le voyant se "rebeller" et décider de s'absenter du bureau pour quelque temps, le medium-arnaqueur risque de voir quelque chose se briser entre son "disciple" et lui. Mais qu'y aurait-il de plus logique ? Après tout, Reigen a toujours plus ou moins profité des pouvoirs et de la crédulité de Mob, et a pu paraître plus d'une fois comme unv rai arnaqueur auprès du collégien, même si au fil de la série il a également montré à plus d'une reprise une certaine inquiétude pour lui. Mais dans ce tome, c'est plus que jamais un Reigen seul que l'on découvre. Un Reigen qui, pendant que Mob est parti profiter de ses relations d'amitié, passe le temps en solitaire, constate qu'il n'a pas d'amis, mais tente encore de se convaincre que tout va bien, qu'il est devenu "quelqu'un" et que Mob est sûrement en train de regretter de s'être éloigné de lui sans vouloir l'avouer. Tout en jouant sur quelques éléments très justes comme la solitude face aux réseaux sociaux, ONE dépeint un Reigen plus pathétique que jamais, en contradiction avec Mob qui se sociabilise mieux et qui se prend en main. Mais pour le chef du bureau des esprits et autres trucs, le pire reste peut-être à venir avec le désir de revanche de Jôdô, l'un des mediums de la précédente affaire, qui monte un plan sournois pour démasquer celui qu'il a pris en grippe... En jouant assez efficacement sur la pression dévastatrice que peuvent exercer la télévision, les médias et les réseaux, le mangaka dépeint alors un Reigen complètement emmêlé dans ses propres mensonges, dans ses arnaques, comme un retour de bâton. Pour lui, l'heure est peut-être alors venue de prendre conscience de certaines choses, de la manière dont sa vie lui a un peu échappé tant il s'est perdu dans son désir de "devenir quelqu'un". Et tout comme on découvre avec intérêt les origines de sa rencontre avec Mob, on suit avec intérêt la réaction du collégien en voyant son maître dans une telle situation. Ainsi, Reigen semble beaucoup s'approfondir dans ce volume, même s'il y a quand même une petite pointe de frustration dans la manière dont tous ses problèmes suite à son passage téléviser semble s'effacer un peu facilement.

Quoi qu'il en soit, au bout de ce volume on sent que Shigeo autant que Reigen continuent d'évoluer doucement, d'avancer, et ça se confirme d'autant plus au vu du nouvel objectif que se fixe notre héros en fin de tome concernant sa vie au collège.
  
  
Chronique 1
  
Mob affronte le puissant esprit qui logeait en Mogami. Au cours d'un intense combat, il pense l'avoir anéanti... mais l'esprit ennemi se déchaîne avec une puissance inouïe.
Suite à cette affaire, Shigeo retrouve son quotidien paisible. Mieux encore : il s'ouvre au monde et à son entourage, et noue de vraie interactions sociales ! Pourtant, Reigen n'y croit pas un mot car, pour lui, l'essentiel est que Mob reste à ses côtés. Hélas, pour l'escroc, l'apprenti n'est plus l'enfant naïf d'autrefois...

C'est par la fin d'un combat intense, peut-être l'un des plus ancrés dans une surenchère, que s'ouvre ce neuvième tome ! Le coup de crayon de ONE a beau être ce qu'il est, il prend toujours énormément d'ampleur sur ce genre de séquences, aussi majestueuses que spectaculaires. Le mangaka ne se prive pas de démesure, et nous offre alors un affrontement qui part dans tous les sens, vire parfois à l'improbable... mais se révèle jouissif.

Et les férus des scènes d'action du manga seront peut-être déçus en observant que cette séquence de combat est bien la seule de tout le volume. Car ce neuvième tome se tourne, une fois de plus, vers ses personnages, en particulier Mob et Reigen. Depuis quelques tomes déjà, ONE cherche à faire aller son protagoniste de l'avant. Shigeo mérite de moins en moins son surnom puisqu'il progresse vers de véritables interactions sociales, s’épanouit dans sa vie lycéenne, et n'est plus un simple figurant aux yeux de son entourage. Une évolution bien menée et qui rend le héros toujours plus attachant. Un peu comme un parent, on s'émeut de sa progression, Shigeo bénéficiant enfin de la reconnaissance qu'il mérite.

Néanmoins, son développement constitue une assez maigre partie du tome part rapport à la mise en avant de Reigen, qui marque une série de péripéties inédite pour le roi des escroc ! Cela devait arriver un jour ou l'autre, ses magouilles se retrouvent sous le feu des projecteurs, et notre filou préféré se retrouve dans une situation inédite, sans aucun appui. Il se dégage alors une étrange intensité dans toute cette séquence. Car si Reigen ne fait que récolter ce qu'il a semé, difficile de lui souhaiter le plus grand malheur possible. On se prend alors à frissonner en attendant de voir de quelle manière l'arnaqueur se sortira de l'embarras, la finalité proposée n'étant alors pas forcément celle que le lecteur attendait. Néanmoins, la symbolique proposée est totalement en phase avec ce que l'auteur nous propose depuis quelques volumes : Il ne s'agit plus seulement de créer de l'absurde dans Mob Psycho 100, mais bien de faire progresser de manière logique et touchante des personnages auxquels on s'est bien attachés.

En résulte un neuvième tome plus calme mais intense à sa manière, et surtout particulièrement émouvant dans son développement des personnages. Une douce transition a lieu pour Shigeo et Reigen, aussi il y a de quoi être très curieux de voir ce que les prochains volumes nous réservent.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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