Mob Psycho 100 Vol.1 - Actualité manga

Mob Psycho 100 Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 13 June 2017

Critique 2


Après le succès retentissant de One-Punch Man, meilleur démarrage de tous les temps pour un manga en France en 2016, les éditions Kurokawa ont décidé de s'offrir une petite prise de risque en amenant dans notre pays l'autre succès de One : Mob Psycho 100. 


Publiant depuis 2009 sa version web (dessinée par ses soins) de One-Punch Man qui a connu un grand succès sur le net, One, comme vous le savez sans doute déjà, a ensuite laissé la place au dessinateur Yûsuke Murata (Eyeshield 21) pour la publication en magazine de son oeuvre phare chez Shûeisha à partir de 2012. Hé bien, c'est en cette même année 2012 que l'auteur a lancé dans le magazine Ura Sunday de Shôgakukan le manga Mob Psycho 100, où il assure à la fois scénario et dessin. Elle aussi forte d'un certain succès, la série a vu sa popularité décoller à l'international en été 2016 avec la diffusion de son excellente adaptation animée (en France, elle fut proposée sur Crunchyroll, et fut l'un des beaux succès de la plateforme l'année passée).


Mob Psycho 100 nous plonge dans la ville de l'assaisonnement, et plus précisément dans le collège du sel (des noms qui donnent déjà une idée du ton décalé de l'oeuvre). Et Mob, c'est le surnom de Shigeo Kageyama, un collégien qui, bien que souhaitant avoir une adolescence sans histoire, possède depuis l'enfance des pouvoirs psychiques qui lui permettent de faire des choses incroyables : plier une cuillère par la force de la pensée, faire volet des objets, etc., et évidemment, ses facultés, même s'il essaie plus ou moins de les cacher, attirent facilement les convoitises. Seulement, Mob est un garçon très effacé, qui ne veut jamais faire de vagues et qui contient tout en lui. En quelque sorte, il réfrène toujours ses émotions et ses sentiments, alors quand il est en contact avec d'autres personnes, ça commence à bouillir à l'intérieur de lui, et quand sa jauge atteint 100%, Mob voit quelque chose se produire en lui. En somme, il lui faut contrôler ses pouvoirs pour qu'il ne s'emballe pas au point d'exploser.


Un collégien effacé qui possède des pouvoirs et qui attise l'intérêt de pas mal de personnes : la base de l'oeuvre, à l'instar d'un One-Punch Man, est on ne peut plus simple. Et à l'instar de OPM, c'est l'utilisation décalée et parodique que One va en faire qui fait tout le sel de l'oeuvre (dans le collège du sel, c'est pratique).


Ainsi, les personnes venant graviter autour de Shigeo sont rarement (jamais, en fait) des cadors, à commencer par Arataka Reigen, un medium employant notre héros après les cours, qui se révèle être en réalité un charlatan de premier ordre. Tenant ce qu'il appelle le "bureau des esprits et autres trucs" (le nom est assez évocateur quant à son sérieux dans son travail), il affirme voir des esprits et malédictions partout, se plante sans cesse, et dévoile des techniques spéciales complètement pourries (comme l'utilisation de photoshop pour faire disparaître un monstre). Sur ce dernier point, impossible de ne pas déceler une amusante parodie des habituelles techniques secrètes des héros dans les shônen nekketsu.


S'en suivront pas mal d'autres cas, qui vont crescendo : le club de télépathie de Tomé Kurata qui aimerait enrôler Mob simplement pour avoir assez de membres afin de pouvoir continuer à glander, Ichi Mezato du club de journalisme qui lui tourne autour pour un article, ou encore Smile, leader de la secte du smiley qui se verrait bien conquérir le monde grâce au rire. Généralement, les motivations des gens qui s'intéressent à Mob sont soient excessivement classiques (la journaliste), soit désespérément idiotes (Tomé), soit vénales (Arakata), soit peu amicales (Smile)... mais dans tous les cas, c'est le rire qui l'emporte, car me^me dans les cas les plus dangereux, les ennemis ne sont franchement pas imposants. Qui plus est, dans tout ça, les ennemis de la veille semblent pouvoir devenir des alliés (même si leurs motivations secrètes restent mauvaises), et en cela One se réapproprie à sa sauce un autre bon gros poncif de shônen nekketsu.


Mais l'intérêt principal reste évidemment Shigeo lui-même, celui-ci étant loin d'être un héros comme on l'entend. Au fil de ce premier tome et des premières "épreuves" qui se mettent sur son chemin, l'occasion nous est donnée de cerner petit à petit un adolescent tout simplement à côté de la plaque, tellement naïf qu'il semble capable de se faire manipuler par tout le monde. Affichant constamment un air blasé depuis l'enfance (en cela, il rappelle un peu Saitama), il semble se ficher de tout ou presque, n'a aucun esprit d'initiative, n'affiche aucun but sauf plaire à la jolie Tsubomi (qui doit être celle qui l'ignore le plus), gobe très facilement ce qu'on lui dit, n'a pas d'empathie et aucun bon sens, est incapable de suivre le mouvement, n'a aucune expérience de la vie en groupe... Tout cela, on le cerne peu à peu, en cela le récit de One est malin, car chaque nouvelle épine dans le quotidien de Mob amène quelques informations supplémentaires sur lui (par exemple, le passage avec Smile permet de revenir sur son incapacité à sourire). Mais dans tout ça, on voit que le jeune garçon commence à se demander comment s'adapter en société, ce qui pourrait amener une suite encore plus intéressante.


Si les idées sont déjà là, promettent d'être inventives sur la longueur, et offrent peut-être déjà des possibilités plus variées que dans One-Punch Man, il faut tout de même bien se dire que ce premier tome n'est qu'une mise en place, une installation du concept, un jeté des premiers éléments avant une suite qui devrait se faire plus riche si l'on suit la même logique que dans l'adaptation animée. Et concrètement, il faudra donc accepter d'entrer dans un trip pas forcément facile d'accès au premier abord, car One n'offre pas vraiment de vraie intro, que ses personnages tous un peu désespérants pourraient irriter une tranche du lectorat si celle-ci n'est pas réceptive à l'humour particulier qu'ils dégagent... Ce sont toutefois bel et bien les dessins qui pourraient créer le plus gros frein. En effet, One est loin d'être un crac en la matière, et il s'en moque lui-même indirectement à quelques reprises dans le tome. Il ne faut pas s'attendre à un modèle de finesse, avec des trames assez grossières, des traits simples, aucune nuance dans les encrages, des décors qu'on dirait parfois dessinés par un enfant (comme les vues sur le collège, mais là c'est sans nul doute volontaire)... et pourtant, le tout sert bien l'humour, l'aspect décalé du machin, surtout grâce aux faciès des différents personnages. L'humour étant ce qui prime dans l'oeuvre, ce n'est sans doute pas plus mal.


Au final, Mob Psycho 100 s'offre une bonne entrée en matière, qui peut demander un petit effort pour entrer (ou pas) dans le délire), mais qui présente déjà de belles possibilités, pour une suite qui devrait ensuite monter en inventivité.


Au niveau de l'édition française, le graphiste de Kurokawa a effectué un fort joli travail sur le logo-titre, fidèle au japonais et conservant le même impact. A l'intérieur, papier et impression sont de très bonne facture. Le travail effectué sur les onomatopées est très convaincant, et à la traduction Frédéric Malet, qui officie déjà sur One-Punch Man, trouve toujours le bon ton, à la fois humoristique et limpide.


Critique 1


Le mangaka One est surtout connu pour One-Punch Man, un titre né de sa main puis graphiquement repris par Yusuke Murata bien que One soit toujours au scénario. Une œuvre qu’il n’est plus utile de présenter puisque sa notoriété a explosé depuis 2015, date de diffusion de la première saison de l’anime. Le titre a aussi connu un énorme succès en France, il fut notamment le meilleur démarrage de série pour l’année 2016, si bien que l’éditeur Kurokawa ne pouvait ne pas proposer l’autre titre de l’auteur, plus méconnu certes, mais qui méritait l’attention et qui a aussi bénéficié d’un anime en 2016 : Mob Psycho 100. Web-comic prépublié sur la plateforme Ura Sunday depuis 2012, Mob Psycho 100 connaît aussi une édition physique au Japon, avec quatorze tomes au compteur pour le moment. Difficile alors de ne pas se pencher sur ce cas très particulier, et ce premier tome confirme rapidement que le titre de One a beaucoup de personnalité.


Shigeo Kageyama, alias Mob, est un collégien plus qu’effacé : il n’a pas d’amis, pas de copine, pas de rêve ni de passe-temps… En somme, sa vie est monotone et inconsistante, mais l’ado a un atout pour lui : il détient des pouvoirs psychiques dont la puissance est enfouie en lui. Escroc se revendiquant médium, Arataka Reigen a bien compris la personnalité de Mob qu’il a pris comme… disciple. Ou plutôt, le jeune homme doit se charger de toutes les taches surnaturelles que le charlatan ne peut accomplir de lui-même. Une existence vide et une adolescence que Mob ne vit pas pleinement… Si le quotidien de l’ado est d’un ennui mortel, que se passerait-il si la puissance qu’il héberge explosait littéralement ?


Mob Psycho 100 a d’abord séduit le public de l’hexagone par son adaptation animée signée par le studio Bones, détonante par sa réalisation. Il était donc logique de nourrir certaines attentes quant à ce premier opus, un tome d’introduction qui plante bien l’univers de la série, son ton et ses personnages, mais qui ne permet pas encore d’apprécier le plein potentiel de l’œuvre de One.


Mob Psycho 100, c’est le quotidien de Shigeo Kageyama, un ado littéralement vide, dont l’existence semble aussi pénible qu’un filler de Naruto. La seule manière qu’a « Mob » de se distinguer, c’est sa possession de pouvoirs psychiques, seul élément lui permettant de sortir de la norme. Mais en dehors de ça, le héros reste un jeune homme qui a certaines envies, des désirs qu’il refoule tant sa personnalité marginale se confronte au monde qui l’entoure. C’est sur ce pitch qu’évolue ce premier tome qui, il faut le dire, ne lésine pas sur l’absurdité, les gags et les situations loufoques, point qui contribue grandement au charme de ce début de manga. Ce premier volume est façonné par de courtes histoires vouées à présenter les différents personnages tout en décortiquant la personnalité marquée du protagoniste. A la manière d’un Saitama, Mob amuse par son tempérament en décalage constant avec son entourage. Et si ces figures secondaires amusent par l’absurdité qu’ils symbolisent, Mob est un personnage plus subtil, drôle par sa casquette d’adolescent à la ramasse, mais touchant par l’idée qu’il symbolise : à savoir un jeune garçon perdu dans une société où la marginalité n’a pas sa place. On rit donc de bon cœur sur les différents gags proposés, les différentes idées de One pour exploiter son folklore surnaturel et psychique étant très inspirées, mais le second degré de lecture de ce premier opus permet de se rendre compte de la subtilité du titre qui, par ses différentes tonalités, a de quoi se développer sur bien des volumes encore.


Et si le décalage du titre, qu’il soit de nature comique ou résulte des thématiques de la série, réussit plutôt bien dans ce que One entreprend, c’est bien grâce à toute l’esthétique de l’œuvre. Il faut le reconnaître, One n’est pas un virtuose du dessin. Sur 95% des pages, son style est très simpliste et maladroit, voire enfantin, ce qu’on pourrait noter comme une lacune visuelle, mais qui contribue à rendre le tout encore plus décalé, et profite donc à l’ambiance globale de ce premier volume. Il convient toutefois de noter que le mangaka semble volontairement accentuer l’aspect grossier de son trait : sur certaines pages, le coup de crayon de One se veut plus dense, certains choix de mis en scène sont même audacieux et montrent que l’auteur sait penser une construction de planches. Un indice, et pas des moindres, la couverture aux décors précis et impactant, à l’opposé de ceux du manga qui sont eux aussi minimalistes. Que ce soit volontaire ou non de la part de l’auteur, force est de reconnaître que cette esthétique donne à Mob Psycho 100 un certain cachet.


Du côté de l’édition, Kurokawa offre un travail très efficace et un tome qui possède une belle aura. Le papier est de qualité, de même pour l’impression, et la couverture propose un verni sélectif du plus bel effet. Pas de problème non plus quant à la traduction de Frédéric Malet qui a très bien cerné le ton et les idées de l’œuvre.


Alors, ce premier tome de Mob Psycho 100 est un petit OVNI de très bonne facture, que ce soit par sa double lecture à base de gags absurdes et d’un discours plus amer sur la société et la jeunesse, ou sa patte graphique pour le moins… surprenante, mais qui confère un charme au tout. Gageons que ce premier volet introduit l’univers, ses personnages et ses concepts, aussi il y a de quoi rester attentif aux développements futurs de la série.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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