Miss Kobayashi's Dragon Maid Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 24 June 2021

Popularisé en hiver 2017 à l'international via sa très chouette saison 1 animée qui fut diffusée en France sur les plateformes Wakanim et Crunchyroll, Miss Kobayashi's Dragon Maid débarque enfin en France sous son format manga d'origine, grâce aux jeunes éditions Noeve Grafx qui sont décidément en train de se construire un début de catalogue très sympathique. Plus encore si l'on tient compte de la sortie, également en cette fin de mois de juin, de Welcome to the Ballroom, manga de danse qui fut beaucoup trop longtemps attendu dans nos contrées. L'arrivée des aventures de la dragonne Thor, de Kobayashi et de toute leur clique en ce tout début d'été semble, par ailleurs, ne rien avoir d'anodin, puisque la saison 2 de son adaptation animée débutera précisément dans quelques jours, en juillet, au Japon bien sûr, mais aussi en France toujours via Crunchyroll et Wakanim.

De son nom original Kobayashi-san Chi no Maid Dragon (dont le titre anglais/international est une traduction littérale), Miss Kobayashi's Dragon Maid est un manga qui a vu le jour en 2013 dans les pages du magazine Gekkan Action des éditions Futabasha, où il est toujours en cours à l'heure actuelle avec 11 volumes parus.
Forte de son succès, l'oeuvre connaît aussi dans son pays d'origine plusieurs spin-off manga, qui sont tous toujours en cours actuellement : "Kanna no Nichijou" (lancé en 2016, et centré sur le personnage de Kanna), "Elma OL Nikki" (débuté en 2017, et consacré à Elma), "Lucoa wa Boku no xx Desu" (démarré en 2019, et dédié à Shôta et Lucoa), "Okomorigurashi no Fafnir" (proposé depuis 2020, et se focalisant sur Fafnir), sans oublier une anthologie collective suivant son cours depuis 2017.
A l'origine de ce succès, un nom: l'auteur original, Coolkyousinnjya (ou Cool Kyoushinja), jusqu'à présent inédit en France, mais dont la carrière est déjà riche de nombreux projets depuis ses débuts professionnels en 2008. Ce spécialiste de la comédie a, d'ailleurs, une certaine hype en ce moment, puisque deux autres de ses mangas, Peach Boys Riverside (où il est uniquement scénariste) et The Idaten Deities Know Only Peace (où il est uniquement dessinateur), vont aussi connaître cet été des adaptation animées dont la diffusion française est d'ores et déjà prévue sur Crunchyroll.

Miss Kobayashi's Dragon Maid démarre sans détours puisque, dès les premières pages, on découvre que la dénommée Kobayashi, une salariée on ne peut plus banale, a depuis peu, en guise de domestique, une bien étonnante jeune fille: Thor... qui est en réalité une dragonne ayant pris forme humaine (même si elle garde toujours sa queue draconique), qui vient d'ailleurs, et qui a trouvé refuge chez elle pour se mettre à son service. D'où vient cette surprenante créature ? Pourquoi a-t-elle emménagé chez Kobayashi ? Pourquoi semble-t-elle s'être littéralement prise de béguin pour sa maîtresse ? Tout ça, on le découvrira bien assez vite, au détour de certains chapitres (un indice: l'alcool peut parfois vous faire prendre de drôles de décisions). Mais une chose est sûre: au jour le jour, Thor est bien décidée à servir comme il se doit sa maîtresse humaine tant aimée... même si sa présence, son passé de dragonne, sa méconnaissance de la société humaine et son entourage draconique menacent régulièrement de provoquer des catastrophes.

La formule de ce premier tome de 140 pages est assez simple: au fil de dix premiers chapitres assez courts (généralement 10-15 pages chacun), l'auteur pose les fondements de ce que devrait être sa pétillante tranche de vie humoristique et fantastique.

Dans un premier temps, tout découle bien sûr du duo assez étonnant que forment la taciturne humaine Kobayashi et l'adorable dragonne Thor, et plus particulièrement du comportement de la domestique vis-à-vis de sa maîtresse et de la société humaine. On entrevoit avec amusement, entre autres, une Thor bel et bien gaga de "sa" Kobayashi... et quand on dit "sa", ce n'est pas pour rien: gare à celles et ceux qui essaieraient d'approcher la jeune femme de trop près, car Thor a tendance à être très facilement jalouse !

Et tandis que les sous-entendus yuri fonctionnent très bien par le prisme d'un ton léger et rigolo, on suit avec le même intérêt et amusement les premiers contacts de la dragonne avec la société humaine: comment faire la lessive (car attention, au départ, la façon de faire de la dragonne est vraiment particulière), comment faire les courses, comment se comporter avec les gens à l'extérieur, sans oublier des fêtes comme Noël et la Saint-Valentin... Thor a beaucoup de choses à appréhender pour s'adapter à sa nouvelle vie, et cela passe en premier lieu par l'acquisition de choses qui, de notre point de vue humain, appartiennent au sens commun. Enfin, il y a le rapport passé de la dragonne avec l'humanité: elle affirme à quelques reprises qu'elle déteste les humains, et sa puissance est telle qu'elle pourrait visiblement détruire notre monde avec facilité (ce qui se confirme sans souci quand elle reprend sa forme draconique)... Mais qu'en sera-t-il exactement ? Sous les yeux de Kobayashi, on voit plusieurs fois une Thor joviale et très communicative avec d'autres humains qu'elle, signe qu'elle s'adapte peut-être facilement et que les humains de notre monde sont possiblement différents de ceux de son monde d'origine.

Enfin, Kobayashi et Thor sont loin d'être les seules héroïnes de l'oeuvre, puisque dès ce premier volume plusieurs autres visages viennent se greffer: l'humain Makoto Takiya qui est un collègue de travail, d'otakisme et de beuverie de Kobayashi, mais surtout les autres dragons avec qui Thor a gardé contact, à savoir Fafnir, Quetzalcoatl et Kanna Kamui (on notera les noms qui font référence à des dragons mythiques de différentes civilisations). Et si les deux premiers n'ont droit pour l'instant qu'à de brèves apparitions, Kanna, elle, s'installe déjà comme un personnage durable, qui a tout pour nous faire craquer avec sa mignonnerie bien dosée.

Terminons par un petit mot sur les dessins du mangaka, qui sont tout à fait adaptés à la légèreté du récit. Il ne faut pas s'attendre à des planches ultra précises/détaillées, mais plutôt à un rendu clair, qui bénéficie de quelques décors agréablement dessinés à la main la plupart du temps, et qui jouit surtout de designs efficaces. Chaque personnage a une allure bien à lui qui le rend immédiatement identifiable et unique, le trait assez simple permet des visages très expressifs et bien varié d'un personnage à l'autre, un bon équilibre est trouvé pour offrir aux dragons une allure humaine tout en rappelant bien leur origines draconiques (par leur queue, leurs cornes...), et les designs purement draconiques sont assez soignés.

En somme, c'est un début prometteur que s'offre le manga à l'origine de l'anime à succès. On y retrouve la même fraîcheur, le même humour léger bien équilibré (avec peut-être, même, un peu moins de fan-service que dans l'anime), le même attachement pour une petite palette de personnages déjà colorée et qui s'enrichira encore par la suite... Autant dire que Miss Kobayashi's Dragon Maid est une tranche de vie humoristique que l'on devrait suivre avec beaucoup de plaisir !

Du côté de l'édition française, c'est une habitude: Noeve aime se distinguer par des jaquettes à la conception aussi originale que soignée, et celle de Miss Kobayashi's Dragon Maid ne fait pas exception avec un rendu écailleux et perlé bien travaillé, rappelant évidemment la nature draconique des personnages. A l'intérieur, le papier, à la fois souple et dépourvu de transparence, permet une bonne qualité d'impression. La traduction de Rodolphe Gicquel est limpide et animée, et le travail d'adaptation graphique et de lettrage est tout à fait convaincant.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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