Mes tendres années - Actualité manga

Mes tendres années

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 19 July 2019

Les éditions Black Box se font l'un des étendards principaux des séries nostalgiques en France, même si elles se sont dernièrement davantage réorientées vers une volonté de faire découvrir de nouveaux auteurs, plus confidentiels. Cobra, Goldorak, les œuvres de Leiji Matsumoto, Kimengumi... tant de séries que beaucoup ont connu pour leurs versions animées dans les années 80-90. Aujourd'hui, un autre titre les rejoint : Mes Tendres Années, ou The Kabocha Wine pour ceux qui préfèreraient le titre original.

Malheureusement, ce n'est pas la série principale de 18 tomes que nous propose l'éditeur. Bien que le one-shot s'intitule sobrement « Mes Tendres Années », il s'agit d'une compilation des deux tomes qui composent le dérivé The Kabocha Wine : Bangai Hen, en incluant le chapitre pilote de la saga. Une démarque finalement peu gênante puisque le pitch de la série tient sur un post-it. Ce qui n'est d'ailleurs pas péjoratif, car un récit peut parfaitement avoir un scénario très simple et constituer une lecture efficace, et ce one-shot en est la preuve.

L'histoire, c'est celle du quotidien de Shunsuke Aoba (ou Sonny dans le dessin-animé en vf) et de Natsumi Asaoka (Lydia). Le premier est petit mais a un caractère teigneux, tandis que la jeune fille est particulièrement grande de taille, ce qui lui vaut le surnom de « L ». Tous deux forment un couple particulièrement original, aussi bien sur le fond sur sur la forme. Car si L est douce et n'hésite pas à montrer son amour, Shunsuke est beaucoup moins démonstratif. Tous deux vivent dans le même pensionnat et fréquentent le même lycée, amenant un quotidien plus que mouvementé.

La formule du one-shot est simple, puisque chaque chapitre nous raconte une histoire centrée sur le couple étonnant. Une recette très classique qui dépend alors du talent de Mitsuru Miura à conter ses péripéties, chose qu'il fait de manière totalement efficace. Outre le fait que chaque histoire parvienne à se renouveler sans mal, on apprécie chez l'auteur son sens du rythme, les rebondissements qu'il peut apporter à l'histoire, et ce côté très frais (même actuellement) dans la recette du couple. Chaque caractère des deux personnages est présenté dans un excès volontairement, créant un second degré à tous les instants, et permettant de bien profiter des déboires rencontrés par Shunsuke et Natsumi. Difficile alors de ne pas s'attacher au couple, quand bien même le protagoniste mériterait parfois quelques claques : leur quotidien est toujours montré sous un angle optimiste, renforçant le côté feel good de cette comédie sentimentale qui, bien que fortement impregnée de nostalgie, n'a finalement pas mal vieilli du tout.

Ce qui témoigne de l'âge du récit, c'est surtout le trait d'époque de Mitsuru Miura, très marqué par les codes des shônen romantiques des années 80. Les formes y sont souvent arrondies et les courbes totalement différentes. Y voir des personnages féminins avec des morphologies plus crédibles, qui ne se fait finalement rarement aujourd'hui, est un style très marqué par l'époque, et devient alors paradoxalement rafraichissant aujourd'hui par le réalisme apporté. Et puisqu'on parle du dessin, la présence du pilote initial de la série, en toute fin de tome, vient attester l'évolution du style du mangaka. Son trait s'est énormément affiné et ses designs ont, par conséquent, changé. Inclure ce chapitre dans le tome est alors une excellente idée, observer l'évolution d'un auteur étant toujours particulièrement plaisant.

En résulte un one-shot efficace dans sa formule, et une lecture nostalgique qui plaira sans aucun mal à ceux qui ont connu la série animée lors de sa diffusion en France, ou tout simplement aux amoureux de styles vintage, bien en décalage avec ce qui nous est proposé de nos jours. On ne peut qu'espérer que le one-shot trouvera, à terme, son petit succès, afin d'ouvrir la voie à une édition complète de la série d'origine. Il se peut alors que le succès de Mister Ajikko / Le petit chef, autre gros titre nostalgique à paraître chez Black Box, soit déterminant à ce sujet.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction






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