March comes in like a lion Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 16 October 2020

Après avoir accompli sa tâche côté shôgi, Rei s'est précipité jusqu'au lycée Komahashi pour assister aux derniers moments de sa dernière fête scolaire en tant que lycéen, et surtout pour rejoindre Hinata, absolument adorable dans sa tenue de démon-chat. Après un bref moment en salle, il ne leur reste plus qu'à profiter du feu de camp de la soirée de clôture, un moment bien trop beau pour que Rei ne réaffirme pas une chose qu'il avait déjà maladroitement dite il y a quelque temps, dans un contexte bien différent...

La rythme de parution japonais de March comes in like a lion étant désormais rattrapé, les volumes se font forcément plus rares aussi en France, et voici donc déjà un peu plus d'un an que l'on attendait le nouvel opus de la série. Et pour ce retour longtemps attendu, Chica Umino frappe fort dès les 30 premières pages, au travers d'une fin de fête lycéenne marquée par un moment aussi fort que joli et intense, tant la narration de l'autrice, toujours aussi fine, toujours aussi subtile dans son imagerie, sait toucher là où il faut. Bien sûr, on s'amusera ou on s'attendrira des réaction de l'entourage de Rei et Hina tandis que ces deux-là semblent presque dans leur cocon, mais on retiendra plus encore la beauté de cette scène brève ainsi que ce qu'elle véhicule, autant sur ce que Hina a voulu apporter à Rei quand il a commencé à venir à la maison, que sur ce que l'on comprend encore de l'évolution traversée par le jeune garçon aux côtés des accueillantes et chaleureuses soeurs Kawamoto. Un moment riche de sens et magique, comme sait si bien les conter l'autrice.

Et quand le shôgi reprend ses droits dans toute la suite du volume, c'est, bien souvent, encore pour cristalliser l'évolution de notre héros au fil du temps, le shôgi étant bien souvent un vrai moyen de faire ressentir les avancées du jeune garçon... et pas uniquement de lui. Ainsi, à l'heure où arrivent la demi-finale et la finale du groupe 4 du tournoi Shishiô, Umino s'applique à croquer deux adversaires intéressants en Azusa Nobidome puis Taichirô Tanaka. Le premier amuse de temps à autre avec sa manière de réfléchir longuement à nombre de choses, mais il finit également par véhiculer des sujets très humains autour des efforts et de leur éventuelle vanité, quand on s'applique à donner le meilleur de soi et à travailler à fond sans garantie de résultat, avec le risque d'être finalement renversé comme un rien. Quant au deuxième, vétéran surnommé la "grosse machinerie lourde de Sendagaya" (quand même, la traduction française est un peu aux fraises parfois, et pas uniquement là-dessus, certaines tournures de phrases étant plus lourdes que poétiques, mais passons), il est intéressant pour les interrogations qu'il fait naître en Rei: comment cet homme posé et très apprécié a-t-il pu se renforcer ces dernières années ? Mais c'est bien Rei lui-même qui reste toujours abordé de façon plus ou moins directe au fil des matchs, chaque nouveau duel le confrontant à de nouvelles évolutions intérieures importantes. En offrant d'efficaces métaphores comme la pièce obscure, Umino présente un héros cherchant de mieux en mieux à avancer en prenant ses propres décisions. Et en dehors de matchs en eux-mêmes, Tanaka est l'occasion d'éclairer un peu plus de choses sur le père de notre héros, non sans éveiller une forme de nostalgie. Tandis qu'en fin de volume, c'est auprès du professeur Hayashida que l'évolution du jeune garçon est encore mieux cristallisée. Car si Rei se donnait tant dans le shôgi pour peut-être trouver un endroit où il aurait le droit de vivre, il ne fait désormais aucun doute que cet endroit, il l'a trouvé chez les Kawamoto, ce qui fait bien écho à ce que pensait Hina au début du tome.

"Ce que j'ai acquis, ce que je vais perdre dans le futur, et aussi ce que je ne veux pas perdre. En transportant tout cela, le grand fleuve coule inlassablement en reflétant la Lune."

L'évolution de Rei est bien là, les nombreux personnages autour de lui ne sont jamais négligés, l'écriture de Chica Umino reste magnifique, fine et sincère, le tout est sublimé par un dessin toujours aussi doux et chaleureux... Pour clore à merveille tout ceci, il ne manquait alors plus qu'une postface particulièrement touchante, voire à même de faire couler quelques larmes, où, le temps de 3 pages, Umino évoque le décès de son père, puis celui de la principale mascotte féline de son oeuvre (au point qu'elle lui avait dédié des goodies dans certaines éditions collector), son chat adoré Bun. Tout en offrant un hommage aussi concis que sincère, la mangaka évoque également brièvement tous les efforts qu'elle a dû faire en cette période harassante, et il ne fait aucun doute que cette notion d'effort a influé sur son oeuvre, tant elle est importante dans le présent volume.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

18 20
Note de la rédaction






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