Mangaka & editor in love Vol.1 - Actualité manga

Mangaka & editor in love Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 20 November 2014

Ibuki Toono, mangaka à succès, a pour particularité d’être jeune, séduisant et surtout solitaire, à tel point qu’il n’a jamais connu l’amour et ne se doute pas des sensations qu’un tel sentiment peut procurer. C’est lorsqu’il décide d’enfin le caresser qu’il choisit comme nouveau responsable éditorial Nanoha Kirishima, âgée de 23 ans seulement et peu douée à la tâche. Ne passant pas par quatre chemins, Ibuki impose un marché particulier à sa responsable : que celle-ci soit son premier amour pour qu’ils poursuivent leurs relations professionnelles. De son côté, Nanoha est face au mur, car si elle perd un nouvel auteur, son renvoi sera indiscutable…


Proposant régulier de nouveaux shojo afin d’élargir son catalogue, Soleil se penche cette fois sur un titre de Mio Nanao, une auteure qui a directement empruntée le chemin de la romance depuis ses débuts en 2009, mais qui signe avec Mangaka & Editor in Love sa première série en plusieurs volumes. Petite série de 5 tomes sans grande prétention, ce premier opus, s’il ne se révèle pas bien surprenant, aboutit toutefois à une lecture agréable.


D’une manière simple, nous avons affaire à un titre dans la droite lignée de « Ma copine est une fan de yaoi », dans les faits du moins. Soleil reste ainsi fidèle à sa ligne éditoriale en nous proposant une nouvelle fois un titre plutôt court narrant une amourette sur fond de thématique propre à l’univers du manga. Mais pour l’heure, plus question de fujoshi, mais bien d’une responsable éditoriale gaffeuse et maladroite, tant dans la vie de tous les jours que dans son boulot, à qui il revient la tâche de s’occuper d’un mangaka de talent, ce dernier imposant à sa responsable une idylle afin de découvrir les joies de l’amour. Et quel hasard, Ibuki est un beau-gosse taciturne ! D’emblée, le manga annonce qu’il ne rompra pas totalement avec certains clichés du genre, mais là n’est pas son objectif. Ce premier tome part sur des bases très classiques, entre le héros jeune et séduisant et sa muse jolie, mais gaffeuse.


Nous n’avons pas affaire à une simple romance puisqu’il n’y a pas vraiment de sentiments amoureux pour l’instant. Ibuki cherche à découvrir ce qu’est l’amour, mais ne l’a jamais ressenti, tandis que Nanoha voit dans cette relation une contrainte et tout ce qui intéresse la demoiselle est de pouvoir vaincre ses défauts et donner lieu à de bons manga. Tout le burlesque du titre est porté par cette relation peu banale qui fait sourire à plusieurs reprises. L’atout de Moi Nanao est alors de se démarquer de la love story de base par l’interaction entre les deux personnages qui, bien que leur construction soit classique, brillent par le statut qu’ils occupent et la relation à la fois intime et professionnelle qu’ils partagent.


Ce qui fait la plus-value de ce premier tome, à simple lecture du titre, c’est l’idée d’un shojo dans un contexte éditorial de manga, un thème peut-être poussé par la notoriété de Bakuman. Mais ici, l’approche est complètement différente et elle n’a pas la même importance selon les chapitres. Si souvent on s’intéresse surtout au développement de la relation entre Nanoha et Ibuki, il arrive que le travail de responsable éditoriale, plus que celui de mangaka, soit mis sur les devants de scène. On a là un bon moyen pour mettre en avant le moral d’acier de l’héroïne tout en générant de l’humour par quelques clichés du mangaka otaku, quand il ne s’agit pas de mettre en avant un syndrome que des responsables éditoriales de sexe féminin ont peut-être connu, à savoir le harcèlement de la part des auteurs dont elles s’occupent. Le sujet est traité de manière assez superflue, car le titre cherche, au possible, à ne pas trop se démarquer de ses ambitions comiques. Mais il arrive que l’auteure cherche à avancer des sujets bien plus matures, citons aussi l’exemple de la conception d’un manga qui doit correspondre à un idéal commercial avant d’être un espace de libre création artistique. C’est là aussi très léger puisque seulement évoqué dans deux cases de narration, mais le fait que la mangaka cherche à développement des sujets plus ambitieux ne fait aucun doute. Peut-être le fera-t-elle dans les futurs opus de sa série ?


Vers la fin du tome, il semble qu’un récit plus ambitieux concernant le passé de Nanoha se mette en place. On se doute déjà des révélations qui seront opérées et si nos craintes sont avérées, alors la déception sera là. En effet, alors que le titre brille, pour l’instant, d’un sujet intéressant et d’une interaction entre les deux protagonistes efficace, il serait dommage de tout gâcher par l’introduction d’un triangle amoureux. Pour l’heure, il n’y a pas vraiment de sentiment même si des développements ont lieu, et il serait plus appréciable de laisser les deux tourtereaux factices évoluer à leur manière, sans partir dans des caricatures du genre. Espérons que nos doutes soient démentis par le futur volume 2.


Graphiquement, Mio Nanao s’en tire bien. Le trait de l’auteure, évidemment très féminin de par les héroïnes aux grandes mirettes et les jeunes hommes androgynes et élancés, a le mérite de s’appuyer tant que possible sur les différents facies, là où la mangaka met tout l’accent de son trait. Il est dommage, en revanche, que les arrière-plans en souffrent tant ceux-ci sont généralement très vides. Le style graphique est pour le moment bien classique, mais gageons que l’auteure semble avoir une certaine marge de progression.


Quant à l’édition, Soleil nous livre une très bonne copie grâce à un livre faisant office de bel objet grâce à son papier mât, ou encore la traduction du titre qui est sans bavure.


A première vue, le premier tome de Mangaka & Editor in Love ne surprend pas par son originalité. En revanche, le thème assez rare abordé et les interactions réussies entre les deux protagonistes font de ce volet d’introduction une agréable lecture qui ravira sans aucun doute les férues de romances à forte dominante humoristique. Le prochain tome devra confirmer la tournure de l’œuvre tant celle-ci peut garder cette qualité ou, au contraire, puiser un peu trop dans les éléments classiques du manga sentimental.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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