Maître des livres (le) Vol.11

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 13 Février 2018

Lieu de rencontres par excellence, la bibliothèque pour enfants de la Rose trémière est le centre de bien des choses. Tout en conseillant des livres à leurs clients réguliers ou passagers, les employés (et Miyamoto, qui squatte toujours) voient certains d'entre eux évoluer. Ainsi, la famille du petit Léo s'agrandit, tandis que celle de Yôhei connaît une petite crise. Quant à Shôta, inévitablement, il grandit, et doit s'interroger sur ses lectures...


Dans ce volume, on peut noter trois cas différents, qu'Umiharu Shinohara explore très clairement et souvent avec intelligence. Le cas du père de Yôhei, qui ouvre le tome et qui comporte quelques légères longueurs, est peut-être le moins intéressant du lot ainsi que le plus classique, mais il reste intelligent dans la mesure où il montre bien, une nouvelle fois, que la littérature jeunesse ne se limite clairement pas aux enfants et peut avoir aussi un impact fort sur les adultes. Pour ça, l'auteur aborde de façon très intéressante les oeuvres de Seton et plus particulièrement du loup Lobo. La question du destinataire adulte ou enfant reste ensuite au centre du récit via le cas de Shôta qui, en continuant de grandir, au contact d'un ami qui a déjà des lectures un petit peu plus adultes que lui (des romans policiers, entre autres), doit se questionner sur ses types de lecture. Doit-il tout bonnement arrêter de lire des livres pour enfants ? En commençant à lire des "livres pour adultes pouvant être lus par des enfants", n'aura-t-il pas l'impression de "trahir" la Rose trémière ? Shinohara met en valeur avec beaucoup de réussite une chose : grandir avec les livres, se détourner de certains types pour en découvrir d'autres. Et ici, il y a fort à parier que de nombreux amoureux des livres se retrouveront un peu en Shôta à l'époque où ils avaient le même âge que lui. Pour aborder ce sujet assez délicat, le mangaka fait preuve d'une grande intelligence en exploitant l'ambiguïté des Aventures de Huckleberry Finn, roman pour enfants que Mark Twain a écrit pour les adultes (à moins que ce soit l'inverse ?), et l'avant-propos que Twain a écrit pour ce roman résume sans doute bien des ressentis. Mais au-delà de ça, le cas de Shôta, le plus long du tome, est aussi l'occasion pour l'auteur d'aborder un tout petit peu plus les fonctions de professeur-documentaliste et de bibliothécaire scolaire. Enfin, le dernier récit du volume, qui ne dure qu'un chapitre, revient sur Léo et sur les doutes que sa mère a en le voyant si gentil... Ne prendrait-il pas trop sur lui depuis que sa petite soeur est née ? La réponse se dessine à nouveau à travers la littérature jeunesse, et plus spécifiquement L'Oiseau Bleu de Maeterlinck.


Avec ce tome, la série reste fidèle à ses qualités habituelles : présentation de certains livres et de leurs richesses, mise en valeur intelligente de la littérature jeunesse qui peut décidément apporter beaucoup et ne se limite pas aux enfants, et mise en avant de la bibliothèque et des livres en tant que facteur de rencontres, d'échanges et d'évolutions.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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