Lyla et la bête qui voulait mourir Vol.2 - Actualité manga

Lyla et la bête qui voulait mourir Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 15 Mai 2018

Critique 2 :

Traqué par la mafia du sombre Warg, le duo mal assorti composé de Aron, la chimère "tueuse innocente", et de Lyla, la jeune file qui s'est promis de lui porter le coup fatal quand il le faudra pour venger ses parents, poursuit sa quête d'indices concernant Eric Lionni l'auteur du livre fétiche de la bête. Fuyant sur les routes sans vraiment avoir le temps de souffler, ils arrivent tout de même dans une nouvelle ville où Gia, patronne d'un petit magasin, leur offre l'hospitalité sans les juger. Hélas, leur répit est de courte durée: ils deviennent vite la cible de Luka, jeune nouveau parrain mafieux qui prétend posséder un livre de Lionni pour les attirer chez lui. Accompagné de son bras droit Oleg, ce jeune garçon compte profiter de son nouveau statut de parrain pour mettre des bâtons dans les roues de Warg, et pour cela il veut s'emparer d'Aron...

Dans un monde qui reste sans foi ni loi et particulièrement rude, Lyla et Aron continent d'être les victimes toutes désignées des querelles mafieuses qui souhaitent les exploiter, et cette fois-ci leurs pas les amènent face à deux nouveaux adversaires, pour un confrontation occupant tout le volume. Dans les faits, il n'y a quasiment rien d'original ou même d'inattendu, tant on devine très vite la tournure des événements concernant ces deux nouveaux "ennemis". Et si l'on met "ennemis" entre guillemets, ce n'est pas pour rien, car on comprend vite, via des bribes de flashback assez bien disséminées, que ces deux garçons ne sont pas méchants de façon gratuite: chacun des deux a connu jusqu'à présent une vie marqué par la rudesse de ce monde, entre Luka qui n'a toujours été qu'un pion entre les mains de ses proches mafieux qui ne l'ont jamais aimé, et Oleg qui a connu dans ses premières années la misère des ruelles. Que ce soit l'un ou l'autre, ils ont été marqués par des choses dures qui les ont conditionnés: la perte et, surtout, la solitude. Dès lors, difficile de ne pas voir en eux un miroir de nos deux héros. Encore plus quand les finissent enfin par comprendre l'attachement qu'ils ont l'un pour l'autre depuis des années, preuve qu'ils n'étaient plus si seuls... A leur image, Lyla pourra-t-elle briser a solitude qui est en Aron et qui est sans nul doute infiniment plus profonde ? Et en a-t-elle seulement envie, elle qui s'est jurée de le tuer de ses propres mains ? En filigranes, on voit quand même bien une certaine évolution se peaufiner chez nos deux héros, Aron ne tuant plus systématiquement quand Lyla l'arrête, et la jeune fille semblant réellement s'inquiéter pour la bête mais si elle se cache toujours derrière son désir de le tuer elle-même.

Bien que classique et prévisible, le résultat demeure alors prenant, et même assez touchant par moments... mais il révèle aussi des limites, autour du sentiment que tout n'est pas exploité à fond. Même si on les comprend, Luka et Oleg ne restent traités qu'en surface, sans beaucoup de profondeur et on se dit que quitte à leur offrir tant d'importance pendant tout un volume, il aurait été mieux d'approfondir les choses différemment que dans ces brèves bribes de flashback. D'autant plus que pendant ce temps, Lyla et Aron restent en réalité en retrait, et que leur quête autour d'Eric Lionni ne connaît qu'une très lente évolution (ils trouvent un autre bouquin de lui, et basta). Un petit regret vient aussi du statut d'hybride d'Oleg: c'est évoqué vite fait sur une page, pour finalement ne rien apporter du tout. Dommage de ne pas avoir approfondi ça !

Quelque chose de prometteur mais de pas totalement approfondi, c'est aussi ce qui ressort des visuels d'Eziwa Saita. Bien souvent, on a de belles envolées côté mise en scène, des planches qui ne manquent pas de verve, des découpages très dynamiques, et des focus qui savent faire ressortir le ressenti des personnages, notamment de Lyla qui conserve son regard à la fois fort et écorché vif. Et pourtant, difficile de ne pas remarquer toutes les limites des dessins: designs parfois très irréguliers (y compris sur les deux héros), pauvreté sur les cases plus petites, décors régulièrement simplistes ou inexistants, trames souvent très grossières... C'est un peu dommage, même si le rythme réussi fait qu'on passe facilement outre.

Au final, l'ensemble de ce tome laisse alors l'impression d'être un "aparté", un passage dont le scénario aurait facilement pu se passer puisque concrètement les avancées sont succinctes, autant dans la quête autour de Lionni que dans l'évolution des deux héros, dans l'exploitation en surface des nouvelles têtes (même si elles sont quand même assez intéressantes) et dans le contexte mafieux. Mais il reste ce souffle continu, cet aspect dramatique et rude assez poignant, cet attachement à la déterminée Lyla et à l'"innocent tueur" Aron, qui nous gardent scotchés. La série ne fait pas semblant, son univers est bel et bien impitoyable, elle nous le prouve très brutalement dans une fin de tome qui est ce qu'il y a de plus inattendu dans ces 190 pages, et on reste très confiant pour la suite.


Critique 1 :

Lyla et Aron continuent leur route pour obtenir des indices sur le livre de contes de la bête, en cherchent notamment son auteur. Arrivés dans une nouvelle ville, l'hospitalité leur est offerte par Gina, dynamique patronne d'une petite boutique. Mais pour contrebalancer cette belle rencontre, un autre chef de clan cherche à mettre la main sur Aron. Peu scrupuleux, le jeune Luka, qui vient de prendre la tête de la Famille suite au décès de ses parents, cherche à mettre des bâtons dans les roues au clan Warg...

Pour ce second tome de la série d'Asato Konami et Eziwa Saita, une seule grande histoire nous est offerte, centrée sur la traque de Luka, jeune chef de clan impitoyable, du pauvre Aron qui ne demandait pas tant de criminels à ses trousses. En surface, c'est un volume au contenu assez simple que nous proposent les mangaka, le lecteur voyant assez vite venir la confrontation qui se profile entre Aron et Luka. Ce qui ne veut pas dire que le tome se révèle inintéressant, loin de là même puisque l'histoire proposée est assez chargée en émotion, surtout sur son dénouement. Le scénario d'Asato Konami explore un peu plus le thème de la perte et de la solitude, cette fois-ci avec les personnages de Luka et Oleg qui ont droit à un bon développement dans ce volume, en plus de bien refléter tout l'univers mafieux assez rude qui règne au sein de la série.

Dans leur construction, les deux personnages sont assez simples, mais permettent d'instaurer une situation pleine de tension, où le danger de mort est clairement palpable. C'est même en ce sens que le récit surprend vers sa conclusion, ne s'achevant pas tout à faire de la manière la plus prévisible, sur un ton doux-amer réussi et une note poignante fortement appréciable, confirmant que Lyla et la bête qui voulait mourir sera un titre émouvant sur toute sa longueur.

Une qualité qui peut aussi constituer le défaut de ce tome puisque, clairement, Lyla et Aron sont éclipsés par Luka et Oleg, antagonistes ordinaires qui vont se montrer de plus en plus fouillés et touchants. Si le premier tome s'intéressait évidemment aux deux protagonistes, en traitant la perte de la demoiselle et la solitude de la bête, ce second opus fait office de miroir pour créer un lien percutant entre les deux mafiosi. Si on peut être déçu d'un manque de développement de Lyla et Aron au cœur du volume, la fin a un impact sur les deux personnages, impact qui sera peut-être davantage visible dans la suite du récit.

Et outre une péripétie avec deux nouveaux personnages, ce tome deux montre une certaine utilité scénaristique pour les quelques avancées de la quête des deux héros, en quête de l'auteur du livre fétiche d'Aron. Aussi, même si les protagonistes n'évoluent pas de manière excessive, leur relation se confirme dans cette suite, par exemple par la bienveillance dont Lyla fait preuve envers la bête qui rêve de mourir, si bien qu'elle plaint son bourreau plus qu'elle souhaite sa mort, désormais. Un sentiment de l'héroïne qui contraste de belle manière avec l'univers cruel de la série.

En résulte un bon tome qui, passé l'effet de surprise du premier opus lié à la découverte de cette histoire et des deux principaux personnages, nous fait découvrir des personnages finalement touchants et propose son lot de moments forts. Le vrai bémol sera alors graphique, les cases intermédiaires, de petites tailles très souvent, d'Eziwa Saita étant très maladroite dans le trait, créant un certain contraste avec les autres segments des planches, beaucoup plus réussis et immersifs.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction






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