Liens du sang (les) Vol.4 - Actualité manga

Liens du sang (les) Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 17 October 2019

Dans un nouvel accès de son insondable folie, Seiko a purement et simplement resserré ses mains autour du coup de son fils, en étant non loin de le tuer, avant de reprendre un comportement tout à fait normalement peu de temps après. Comme le montrent les très fortes premières pages (ces mains sortant de l'ombre, ces regards de Seiko, ces ténèbres...), Seiichi en fait forcément des cauchemars. Même un mois plus tard. Lui qui avait déjà, depuis quelque temps, des problèmes d'élocution face au comportement de sa mère, le voici qui ne parvient tout simplement plus à parler, y compris en cours. Comme si, symboliquement, l'étranglement de sa mère avait définitivement anéanti toute possibilité pour lui de cracher ce qu'il ressent et d'exprimer son être face à l'étouffement maternel. La situation, forcément difficile à vivre pour l'adolescent qui ne sait absolument pas quoi faire, est d'autant plus dure que son mutisme lui vaut bientôt les moqueries de ses "amis", et que les adultes du corps enseignant ne cherchent pas forcément à chercher plus loin. Il ne peut s'appuyer réellement sur personne. Personne, hormis une certaine jeune fille pour qui il en pince, et qui lui montre toujours autant d'intérêt...

Après le nouveau traumatisme vécu par Seiichi, une lueur positive apparaît enfin pleinement auprès de lui en la personne de Yuiko, la si mignonne adolescente ne le lâchant pas des yeux et s'inquiétant pour lui. C'est à ses côtés, en faisant évoluer sa relation avec elle le pus naturellement du monde, que le jeune garçon peut enfin entrevoir de meilleures choses, des accalmies. Et c'est aussi à son contact que, surpassant son traumatisme, il parvient à nouveau à donner de la voix. Yuiko devient ici un personnage essentiel, aussi bien pour Seiichi que pour le récit dans sa globalité, si bien que l'heure est même venue d'entrevoir plus de choses sur le propre contexte familial de la jeune fille, lui aussi peu idéal, et qui pourrait expliquer pourquoi elle se sent si proche de Seiichi.

Entre escapades près l'école jusqu'à tard le soir, petits conversations innocentes pour apprendre à se découvrir et tout connaître l'un de l'autre, voire corps qui se rapprochent, Seiichi semble enfin entamer ici une véritable émancipation, de celles que peuvent connaître les adolescents de son âge. Mais la figure étouffante de sa mère n'est jamais bien loin, et de ce côté-là le mangaka joue à merveille sur l'alternance entre les instants passés avec Yuiko et les moments à la maison. Quand il se sent bien avec Yuiko, loin de la maison qu'il fuit, dès qu'il retourne chez lui l'adolescent retrouve cette atmosphère toxique, où sa mère lui dit sans cesse de ne pas rentrer trop tard, où elle va jusqu'à lui décortiquer son poisson comme s'il ne savait pas le faire lui-même... Entre l'inquiétude naturelle d'une mère pour son enfant et un véritable étouffement empreint de folie, Oshimi entretient toujours aussi efficacement le flou, l'ambiguïté autour de cette mère et du problème qui peut bien résider en elle. Certains instants, comme celui où elle vient s'excuser auprès de son fils en pleine nuit, montrent bien une conscience du mal qu'elle peut faire et de sa détresse, avant que, bien souvent, les faces les plus inquiétantes ne reprennent le dessus...

Portées par la patte visuelle toujours aussi captivante de l'auteur, cette alternance de bonheur (avec Yuiko) et d'angoisse (avec Seiko) ainsi que cette ambiguïté de la mère portent un volume à nouveau fascinant et inquiétant, jusque dans ses dernières dizaines de pages marquant un nouveau moment d'intensité, une nouvelle confrontation... et, peut-être bien, une nouvelle décision pleine d'impact dans les toutes dernières pages.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News