Liens du sang (les) Vol.10 - Actualité manga

Liens du sang (les) Vol.10

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 09 December 2021

"Maman... dis, maman, pourquoi... tu m'as mis au monde ?"

Seiko a fini par avouer la vérité sur Shigeru, mais avec un détachement déstabilisant, comme si ça ne la concernait pas. La mère de Seiichi a, alors, fini par être arrêtée, en laissant derrière elle un adolescent plus tourmenté que jamais et en qui les interrogations douloureuses fusent. Quelle est la raison de son existence ? Sa mère voulait-elle une poupée à moduler comme souhaité pour l'écouter se plaindre ? Est-ce que Seiko a-t-elle seulement déjà aimé sincèrement son enfant pour ce qu'il est ? Ou bien n'était-il à ses yeux, comme tout le reste, qu'un vulgaire déchet ? Le trouble est d'autant plus présent chez le collégien qu'à la maison, son père, avec qui il vit désormais seul, ne parvient pas à apaiser son fils et est forcément lui aussi désemparé, et qu'au collège les moqueries/brimades prennent une nouvelle ampleur envers celui qui est vu comme un sinistre fils de criminelle.

La situation est donc terrible pour Seiichi, est c'est une chose que Shuzô Oshimi rend véritablement bien, que ce soit à travers sa narration introspective où chaque mot semble bien pesé pour dépeindre la tourmente de l'adolescent sans avoir besoin d'en faire trop, ou via le détachement que le jeune garçon montre face aux brimades. Oui, la situation est terrible... et pourtant, peut-être Seiishi trouvera-t-il une lumière inattendue en celle qu'il a auparavant lâchée pour suivre sa mère: Yuiko. La mignonne jeune fille n'est effectivement pas de celles qui vont se moquer de Seiichi: elle ressent sa détresse, le comprend, reste attirée par lui, d'autant plus que tous deux sont, en quelque sorte, liés par un même tourment familial, par un même désir de fuir leurs parents... quitte à fuir la ville. L'idée nous rappelle volontiers la fuite que Takao et Sawa avaient pu eux aussi tenter, par mal-être, d'effectuer dans Les Fleurs du Mal, l'une des autres excellentes séries d'Oshimi elle aussi parue en France chez Ki-oon. Mais le fond n'est pas tout à fait le même, et l'ambiance non plus. Peut-être y a-t-il quelque chose d'un peu plus pur et innocent dans l'idée de fuir de Seiichi et Seiko, qui se disent qu'ils n'ont besoin de rien d'autre que de rester ensemble pour toujours. Mais cela pourra-t-il avoir lieu ?

Arrive, alors, toute la deuxième moitié de cet épais volume de 240 pages, où, par une nuit où il semble se réveiller, appelé par Shigeru, Seiichi va devoir finir par se confronter directement à sa nemesis: sa mère qui fut si possessive et toxique... Directement, vraiment ? En réalité, Oshimi nous immisce dans un long passage à l'onirisme noir, où il brouille d'abord légèrement la frontière entre rêve et réalité pour mieux nous plonger dans l'esprit tourmenté de l'adolescent, jusqu'à ensuite nous offrir des planches assez symboliques et à l'atmosphère forte. Ces dessins toujours plus hachurés pour accentuer l'ambiance malaisante, ces images géantes d'une mère nue comme si elle exerçait encore sa domination sur son enfant, ces traits noirs et cette position quasiment foetale de l'enfant face à une mère quasiment immaculée, ces paroles où le jeune garçon semble extérioriser, cracher tout ce qu'il ressent pour, peut-être, réussir à passer le cap dans sa vie adolescente...

Jusqu'à sa dernière page, ce 10e volume des Liens du Sang captive et déstabilise donc, une nouvelle fois. Toujours maître de son scénario, des ses visuels, de son atmosphère, Shuzo Oshimi ne nous lâche à aucun moment.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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